C’est le Financial Times qui révèle ce vendredi les principales nouvelles mesures que le gouvernement grec s’est résigné à prendre pour obtenir la confiance de l’eurozone notamment, soucieuse de récupérer à terme l’argent qu’elle va prêter à Athènes. Certaines de ces coupes avaient été refusées tout net par le passé, ce qui montre que le gouvernement n’a aujourd’hui plus le choix. Alors que plusieurs grosses manifestations et journées de grève ont eu lieu ces dernières semaines, les syndicats des secteurs privé et public ont appelé à une journée nationale de protestation le 5 mai. Les observateurs regarderont déjà de près les défilés du 1er mai demain, qui pourraient être très tendus, les syndicats de fonctionnaires n’acceptant pas certains projets très durs du gouvernement. Il faut dire que la fonction publique, pléthorique en Grèce, car souvent liée aux partis politiques, paie un prix élevé.

Le gouvernement grec devrait annoncer lundi précisément ses projets, certains détails devant encore être négociés ce week-end. Voici ce qui ressort des discussions qui se tiennent en ce moment à Athènes entre le gouvernement et les représentants de la Banque centrale européenne, de la Commission européenne et du FMI.

– Augmentation de la TVA de 2 à 3% (deuxième hausse de l’année)

– Gel des embauches et des salaires dans la fonction publique pour au moins deux ans, non-reconduction des contrats à durée déterminée

– Suppression des 13e et 14e mois de salaire dans la fonction publique

– Réduction des primes dans le secteur public d’au moins 5%

– Suppression de certains organismes publics trop anciens et non indispensables

– Diminution des taux de pensions, et augmentation de l’âge de la retraite à 67 ans dans le secteur public (la Grèce dispose de l’âge de départ à la retraite le plus bas d’Europe, avec une moyenne de 57 ans)

– Programme de privatisations

– Suppression des professions protégées, avec numerus clausus

L’ensemble de ces mesures vise à faire économiser 24 milliards d’euros à la Grèce en deux ans (36 milliards de francs). La Grèce est actuellement confrontée à une dette publique d’environ 300 milliards d’euros, et son déficit budgétaire a représenté l’an dernier 13,6% du PIB.