A quelques jours de l’élection présidentielle, la saison des rumeurs bat son plein. Et il en est une qui se fait toujours un peu plus insistante: et si Donald Trump démissionnait, en cas de défaite, avant la fin de son mandat pour obtenir le pardon présidentiel de Mike Pence et échapper à d’éventuelles poursuites judiciaires? Le président apparaît pour l’instant plutôt comme celui qui n’acceptera pas la défaite s’il perd les élections, avec le risque de faire sombrer le pays dans une grave crise institutionnelle. Mais à y regarder de plus près, le scénario n’est pas totalement farfelu.

Le précédent Nixon

Souvenez-vous de l’affaire Nixon. Le 8 août 1974, en plein scandale du Watergate et alors qu’il est menacé de destitution, le président Nixon annonce sa démission. Il quitte la Maison-Blanche dès le lendemain, après un bref discours. Son vice-président, Gerald Ford, lui succède immédiatement. Un mois plus tard, le 8 septembre, il lui accorde le pardon présidentiel, complet et inconditionnel, pour tous les actes illicites qu’il a pu commettre comme président. Il avait hésité, mais a fini par trancher, conscient qu’une procédure judiciaire contre son prédécesseur serait longue et pénible, parasiterait son mandat et ne ferait que «prolonger le cauchemar du Watergate».