La tempête qui a balayé ces derniers jours l’ouest de l’Europe est née d’un «conflit» entre air polaire et air tropical du côté de l’île de Madère, dans l’Atlantique subtropical, soit beaucoup plus au sud que d’habitude. Ce brassage a projeté plusieurs tempêtes vers la Méditerranée au cours du mois de février. Le 25, un très fort vent d’altitude a renforcé l’une d’entre elles, qui a connu un «développement explosif» et s’est convertie en «dépression de type bombe» dans le langage des météorologues.

Cette tempête, Xynthia, a pris une trajectoire inattendue pour longer la façade atlantique du Vieux Continent, du Portugal à la Scandinavie. Une trajectoire du sud-ouest au nord-est différente de la plupart des dépressions, qui frappent d’habitude ces régions selon un axe ouest-est.

La tempête a fait de gros dégâts et quelques victimes dans plusieurs pays en faisant chuter des objets lourds, des arbres notamment. Mais rien de comparable à ce qu’a vécu la France. Là, Xynthia a été beaucoup plus meurtrière du fait d’une malheureuse coïncidence: son arrivée a correspondu à un coefficient de marée élevé. Bombée par l’attraction des astres, surélevée par la dépression, puis rabattue vers le rivage par de violentes rafales de vent, l’eau a débordé sur le continent pour y multiplier les inondations… et les morts.

Effets en Suisse

Bien que situé à l’écart de la tempête, la Suisse en a subi des effets. La dépression qui est passée sur la France a fait appel d’air au nord des Alpes, ce qui a attiré dans la région de forts vents en provenance d’Italie.