Etats-Unis

Une deuxième journée de manifestations anti-Trump

De grandes villes américaines ont de nouveau été le théâtre de manifestations, principalement composées et/ou organisées par des étudiants, et rassemblant moins de monde. Leur slogan: «Je n’ai pas élu la haine à la présidence». A Portland, dans l’Oregon, la manifestation a dégénéré

Des milliers de personnes, dont de nombreux étudiants, ont de nouveau manifesté jeudi dans plusieurs villes à travers les Etats-Unis pour exprimer leur colère face à l’élection du républicain Donald Trump à la présidence.

Quelque 300 personnes ont battu le pavé à Baltimore, sur la côte Est, scandant «Pas mon président!» et brandissant des pancartes avec le slogan «Je n’ai pas élu la haine à la présidence». «Nous voulons simplement montrer que c’est ainsi que seront les quatre prochaines années, ce seront quatre années de résistance», a déclaré Kaila Philo, une étudiante de 21 ans, au «Baltimore Sun».

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Des rassemblements étaient également signalés à Chicago, à Denver, à Dallas et ailleurs.

A Portland, dans l’Oregon, la manifestation a dégénéré en fin de soirée lorsque des jeunes ont jeté des projectiles sur les policiers, brisé des vitrines et endommagé des voitures et du mobilier public. La police, qui a qualifié la manifestation d'«émeute», a riposté en tirant des grenades lacrymogènes.

Des actes de vandalisme ont aussi été rapportés à Oakland, une des villes de Californie où se tenaient des rassemblements, avec Los Angeles et San Francisco.

Une «marche contre la haine» a eu lieu à Denver, dans le Colorado, en écho aux manifestations dans l’ensemble pacifiques et disciplinées qui s’étaient déroulées plus tôt dans la journée sur la côte Est, à New York, à Philadelphie, à Baltimore et à Washington.

A San Francisco, quelque 1000 jeunes, surtout des lycéens, ont défilé, marchant du quartier financier vers la mairie. «Nous manifestons parce que nous voulons défendre nos droits et méritons d’être entendus» a déclaré Pamela Campos, 18 ans, au quotidien San Francisco Chronicle. «Donald Trump n’est qu’un raciste. Il attaque tous les immigrants, tous les musulmans. J’ai vu tous mes camarades de classe pleurer hier», a-t-elle ajouté.

UCLA, le premier campus à dénoncer l’élection

A Los Angeles, des centaines d’étudiants ont défilé sur le campus de l’université UCLA en brandissant des pancartes où on lisait «Dump Trump» («Lâchez Trump») et «L’amour écrase la haine».

«Au début, j’ai accepté son élection, mais quand j’ai vu (mercredi) le discours où Hillary (Clinton) reconnaît sa défaite, je ne pouvais pas m’arrêter de pleurer», a dit à l’AFP Daisy Rivera, 24 ans. «Je n’arrive pas à croire que nous avons élu président ce raciste, xénophobe et misogyne».

Dès l’annonce de la victoire du milliardaire mardi, c’est sur ce campus qu’ont eu lieu certains des premiers rassemblements.

Des milliers d’étudiants ont également exprimé leur mécontentement dans plusieurs autres villes du nord de la Californie, y compris Napa et Hayward.

Le maire de Los Angeles, Eric Garcetti, a salué ces rassemblements, tout en appelant les manifestants à ne rien vandaliser et à ne pas s’aventurer sur les autoroutes. «Ce fut une élection traumatisante», a-t-il dit. «Il y a beaucoup de divisions, beaucoup d’accusations des deux côtés, mais certaines choses qui ont été dites n’étaient pas partisanes, sur les femmes, sur nos frères et sœurs musulmans, sur les immigrants.»

De nouveaux rassemblements prévus ce week-end

A New York, quelque 200 manifestants anti-Trump se sont réunis sur Washington Square dans Greenwich Village. Les médias américains ont également signalé des manifestations étudiantes au Texas, tout au sud du pays, entre autres.

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Mercredi, des dizaines de milliers de personnes étaient déjà descendues dans les rues après l’annonce de la victoire du républicain. D’autres manifestations sont prévues pour ce week-end. Les rassemblements ont été pacifiques pour le moment, malgré quelques arrestations et la présence de policiers en tenues anti-émeutes.

Dans plusieurs universités du pays, des enseignants ont annulé leurs cours ou reporté des examens mercredi pour permettre aux étudiants de «surmonter» le résultat de l’élection présidentielle.

Pendant une campagne présidentielle particulièrement acrimonieuse, beaucoup d’Américains se sont indignés des propos du magnat de l’immobilier sur les femmes, les immigrés, en particulier hispaniques, les musulmans ou encore les réfugiés, et craignent désormais qu’il ne mette ses promesses en œuvre lorsqu’il prendra ses fonctions le 20 janvier.

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