Une différence théologique fondamentale

Pour les sunnites , il n’y a pas d’intermédiaire entre le croyant et Dieu. L’imam est un pasteur désigné par les oulémas, le comité des sages, ou parfois même imposé. Son rôle est de lire et de commenter les sourates du Coran.

Les chiites duodécimains , eux, vénèrent les 12 imams successifs liés par le sang au Prophète, hormis Ali, le premier d’entre eux, qui était son gendre. Ils sont infaillibles et ont pour mission l’interprétation du Coran. Aujourd’hui, en Iran, les imams n’ont plus les mêmes prérogatives, mais continuent à «guider» la communauté. A la mort de l’imam Khomeiny, Ali Khamenei est devenu le «guide suprême».

En conséquence, il n’y a pas de clergé chez les sunnites, pas de hiérarchie religieuse. Au Caire, l’Université al-Azhar, considérée comme faisant autorité, n’est jamais que le siège des docteurs de l’islam. Au contraire, en Iran, une sorte de clergé structuré, ayatollahs et mollahs, entoure le guide.

Autre conséquence: pour les sunnites, le chef politique peut aussi être le chef religieux, car la fonction n’est pas sacrée. Alors que, chez les chiites, la fonction politique est dissociée de la fonction spirituelle. Ainsi, en Iran, Hassan Rohani a été élu à la présidence de la République. Mais l’imam Khamenei a la charge des affaires religieuses et de la justice, une fonction qu’il occupe à vie.