«Ma famille, flamande francophone, vient de Gand, mais je suis moi-même originaire de Linkebeek, l’une des communes proches de Bruxelles, revendiquées par la Flandre. Mes enfants ne pouvaient déjà pas aller dans une école francophone.

La racine du problème est lointaine, il faut remonter à 1815 puis à la Révolution belge de 1830 et ses suites. Les grandes puissances se sont fabriqué un no man’s land sans consulter la population, à l’image de la Tchécoslovaquie ou de la Yougoslavie. La situation s’est envenimée dès 1963, lorsque l’on a établi une frontière linguistique contre l’avis des gens. A présent, tout nouveau gouvernement doit obtenir la confiance du parlement. Or, la Chambre base est élue au scrutin proportionnel, comme le Conseil national. Les nationalistes flamands sont donc en train d’obtenir, sous nos yeux, la disparition progressive de la Belgique.

La Flandre peut se déclarer indépendante sans grande difficulté: elle aurait davantage d’habitants (6 millions) que le Danemark ou la Finlande, elle est bien intégrée à l’Europe, n’aurait pas besoin d’armée… Le rattachement de la Wallonie à la France me paraît impossible, dans la situation actuelle. Plus tard, lorsque l’Europe des régions sera réalité, peut-être… Il faut donc que les Wallons se retroussent les manches s’ils veulent éviter une crise majeure. Et il reste le problème de Bruxelles. Ou l’UE conduit une initiative politique en disant son besoin d’un district européen, comme Washington DC; ou la Flandre la revendique. Ce qui ne manquera pas d’arriver si l’option européenne est écartée.»