Syrie

Une dizaine de cas de suffocation dans la Ghouta orientale

De nouvelles accusations d’attaque chimique ont été lancées par un groupe rebelle qui a pointé du doigt le régime, mais Moscou a réfuté ces allégations

Malgré la trêve humanitaire, des cas de suffocation ont été déclarés dimanche après un bombardement du régime syrien sur la Ghouta orientale, fief rebelle aux portes de Damas visé par une offensive meurtrière. «Après un tir de roquette mené par un avion, quatorze cas de suffocation ont été rapportés dans la région de Chifouniyé, entraînant la mort d’un enfant. Une femme se trouve dans un état critique», a indiqué le directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane.

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Yaacoub, un médecin ayant soigné les patients, a évoqué des «soupçons d’utilisation d’armes chimiques, probablement une attaque au gaz de chlore». «Un des patients âgé de 3 ans est décédé d’asphyxie, précise le médecin qui les a soignés. La plupart des patients portent une odeur de chlore sur leurs vêtements et leur peau. Beaucoup ont des difficultés respiratoires et des irritations aux yeux et à la peau.»

Le régime syrien, qui a plusieurs fois démenti utiliser des armes chimiques, a été pointé du doigt ces dernières semaines pour des attaques présumées au gaz de chlore. Il mène depuis le 18 février dans la Ghouta orientale des raids aériens d’une intensité sans précédent, qui ont tué plus de 500 personnes.

Moscou accuse les insurgés

Un responsable du puissant groupe rebelle Jaich al-Islam, Mohamed Allouche, a accusé sur son compte Twitter le régime d’avoir utilisé du «gaz de chlore».

Mais Moscou, allié indéfectible de Damas, a, lui, pointé les insurgés. Ils «préparent une provocation, prévoyant un recours à des substances toxiques afin d’accuser les forces gouvernementales d’utiliser des armes chimiques contre la population civile», selon un communiqué dimanche du Ministère de la défense russe.

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Ces cas de suffocation interviennent alors que le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté samedi une résolution réclamant une trêve humanitaire d’un mois «sans délai» dans toute la Syrie. Le pays est ravagé depuis 2011 par une guerre qui a fait plus de 340 000 morts.

Washington appelle Moscou à faire respecter le cessez-le-feu

«Le régime syrien et ses soutiens russe et iranien continuent d’attaquer la Ghouta orientale, une banlieue densément habitée de Damas, malgré le cessez-le-feu demandé par le Conseil de sécurité de l’ONU», a dénoncé la porte-parole du Département d’Etat américain, Heather Nauert, mardi dans une série de tweets. «La Russie a l’influence nécessaire pour mettre un terme à ces opérations si elle décide de respecter ses obligations envers le cessez-le-feu de l’ONU», a-t-elle martelé.

«Les Etats-Unis appellent à l’arrêt immédiat des opérations offensives et à ouvrir d’urgence l’accès aux travailleurs humanitaires pour qu’ils soignent les blessés et livrent une aide humanitaire absolument nécessaire», a enfin exhorté Heather Nauert.

La Russie a ordonné l’instauration d’une «trêve humanitaire» quotidienne dans la Ghouta orientale, «à partir du 27 février de 9 heures à 14 heures», avait indiqué plus tôt lundi le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou, cité par les agences russes.

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