«Des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité ont été commis. Le procureur a le devoir d’enquêter et la CPI doit agir», a déclaré Ugur Sevgili, un des avocats des victimes turques, devant les journalistes. «Nous voulons mettre fin à l’impunité», a ajouté M. Sevgili, assurant vouloir que justice soit rendue.

Le 31 mai, Israël avait abordé une flottille de six navires humanitaires se dirigeant vers Gaza, entraînant la mort de neuf activistes turques.

Devant la CPI, une dizaine de manifestants brandissaient des pancartes proclamant les mots «humanité» et «civilisation» sur lesquels étaient dessinés des impacts de balles. «Mon fils est mort, les auteurs du crime doivent être poursuivis», a lancé Ahmet Dogan, le père de Furkan Dogan, 19 ans, tué lors de l’abordage. Statut pas ratifié

La CPI est le seul tribunal international indépendant compétent pour juger les génocides, crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

Ni Israël ni la Turquie n’ont ratifié le Statut de Rome, texte fondateur de la CPI. Mais M. Sevgili soutient que la Cour est compétente pour juger cette affaire: «la compétence est le crime de guerre. S’il y a crime de guerre, il y a compétence».

Le dossier déposé jeudi «contient des preuves: rapports de l’ONU, avis légaux de professeurs, photos, vidéos et rapports d’autopsie», a expliqué l’avocat.

Le bureau du procureur, qui s’est refusé à tout commentaire, devra maintenant faire une analyse préliminaire pour déterminer si une enquête doit être ouverte. «Cela pourra prendre plus d’un an», selon M. Sevgili