Le rapport du Contrôleur de l'Etat, Eliezer Goldberg, accuse cinq partis politiques d'avoir violé à des degrés divers la loi sur le financement des partis politiques durant la campagne électorale de 1999, mais la Liste Numéro Un (front électoral parti travailliste – formation de David Lévy) s'est livrée en particulier à des pratiques illicites. L'Etat se veut le principal bailleur de fonds des partis en campagne électorale afin que l'argent ne vienne pas fausser les consultations électorales. Mais cela n'a pas dissuadé les travaillistes de créer 10 associations à but non lucratif pour se procurer des moyens financiers supplémentaires.

Derrière le paravent de ces associations, 5 millions de shekels (2 millions de francs) sont venus alimenter les caisses occultes du parti travailliste. Ils ont été utilisés durant la campagne électorale d'Ehud Barak. Le rapport du Contrôleur de l'Etat est très éloquent à ce sujet. Eliezer Goldberg a condamné les travaillistes à payer une amende de plus de 13 millions de shekels, puis il a transmis son rapport au procureur de l'Etat pour une poursuite judiciaire. Et celui-ci s'est empressé d'ouvrir une enquête criminelle contre toutes les formations politiques soupçonnées d'avoir violé la loi sur le financement de la campagne électorale, dont le Likoud. Mais le parti travailliste est le plus impliqué. Son chef, le premier ministre Ehud Barak, pourrait être entendu prochainement par les inspecteurs de la brigade criminelle.

Dans une conférence de presse, Ehud Barak prétend n'avoir pas eu connaissance de ces pratiques, comme il dément les avoir couvertes. «Chaque jour, j'étais amené à assister à des meetings dans tout le pays, à m'entretenir avec des centaines de personnes, alors comment aurais-je pu être au courant de tout ce qui se faisait en mon nom?» a demandé Ehud Barak. Le contrôleur de l'Etat a immédiatement rejeté en public les démentis du premier ministre.