Royaume-Uni

Une femme élue à la tête des nationalistes anti-Europe de Ukip

Diane James est bien moins connue que son prédécesseur Nigel Farage, qui a démissionné après le vote sur le Brexit. Mais elle partage les mêmes obsessions anti-immigration

La nouvelle chef de l'Ukip, Diane James, 56 ans, n'a pas la gouaille de son prédécesseur Nigel Farage mais en partage les idées fixes, notamment sur la nécessité de mettre fin à l'immigration européenne.

Députée européenne, porte-parole de ce parti pour les questions de politique intérieure avant de devenir vendredi la première femme à le diriger, elle a bien failli, en 2013, être la première députée Ukip au parlement britannique, ayant été devancée de peu par le candidat Libéral-démocrate à une élection anticipée.

Celle qui a travaillé pendant 30 ans dans le secteur de la santé s'est engagée à faire de sa formation politique fondée en 1993 le «parti officiel de l'opposition» à la place du Labour après les prochaines législatives de 2020.

Auparavant, elle va devoir unir son parti empêtré dans les dissensions après le départ de son charismatique prédécesseur Nigel Farage qui a démissionné début juillet, estimant avoir «accompli sa mission» de faire sortir le Royaume-Uni de l'Union européenne.

«Je ne suis pas Nigel Farage ni un de ses clones mais je ferai tout pour transformer son succès politique», a-t-elle déclaré vendredi.

Trois priorités: l'immigration, l'immigration, l'immigration

Peu connue du grand public, Diane James n'a pas manqué d'alimenter les polémiques notamment concernant le thème favori du parti : l'immigration.

Elle a ainsi dû présenter ses excuses après avoir mis en garde contre «la délinquance associée aux Roumains» pendant sa campagne électorale de 2013 et a suscité la stupéfaction lorsqu'elle a encensé le président russe Vladimir Poutine.

«Je l'admire pour sa manière de défendre son pays», a-t-elle dit dans une interview en avril 2015. «Il est très nationaliste. Je l'admire vraiment. C'est un leader fort».

A Bruxelles, elle est membre de la commission des affaires constitutionnelles et membre suppléant de plusieurs commissions en particulier sur les affaires économiques, la santé, les libertés civiles, les relations avec la Chine et celles avec les pays d'Asie du Sud.

Douée et polyglotte

Diane James est née à Bedford, dans le centre de l'Angleterre, le 20 novembre 1959 d'un père ingénieur et d'une mère au foyer.

Elle a été éduquée dans une grammar school, ces écoles publiques qui sélectionnent à l'entrée les meilleurs élèves et que la Première ministre conservatrice Theresa May veut de nouveau développer. Une idée combattue par le Labour et une partie des Conservateurs mais que l'Ukip défend de longue date.

Elle a ensuite étudié le commerce, le tourisme et les langues à l'université Thames Valley et parle couramment français et allemand.

Ambitieuse, motivée, et déçue par les Tories

Ses compétences linguistiques l'ont aidée à décrocher un emploi pour une compagnie pharmaceutique allemande avant de rejoindre le secteur de la santé dans les années 80.

Elle a ensuite monté son propre cabinet de conseil pour aider les entreprises à commercialiser leurs produits dans les systèmes de santé internationaux.

Pendant longtemps, elle a soutenu le parti conservateur avant de se dire «complètement désillusionnée» dans les années 2000. 

Cette brune aux cheveux courts a fait ses premiers pas en politique en devenant en 2007 élue locale indépendante pour la circonscription de Waverley Borough, dans le sud de l'Angleterre. Elle a occupé ces fonctions jusqu'à mai 2015, date à laquelle elle a perdu son siège au profit d'un élu conservateur après avoir adhéré à l'Ukip en 2011.

Ces derniers mois, elle n'a pas caché sa volonté d'attirer l'électorat du Labour ayant voté en faveur du Brexit.

Elle a également pris position contre un accès au marché unique européen une fois que le Royaume-Uni aura quitté l'UE. «Nous voulons reprendre le contrôle», a-t-elle martelé vendredi, disant refuser un «Brexit light».

«L'Ukip a besoin d'un leader transparent, ambitieux et motivé (...), un qui puisse faire du parti une formidable machine à gagner», avait-elle écrit cet été dans un article du Financial Times pour présenter ses arguments, affirmant : «Je suis cette femme».

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