Sa nomination, conforme à la constitution, est intervenue après le décès du chef de l’Etat Omar Bongo Ondimba, qui sera inhumé le 18 juin.

«Je le jure!», a-t-elle affirmé solennellement, main droite levée, main gauche sur la Loi suprême, devant un parterre composé des députés et sénateurs, des membres du gouvernement et des représentants de tous les corps de l’Etat, dont l’armée.

«Je jure de consacrer toutes mes forces au bien du peuple gabonais, en vue d’assurer son bien-être et de le préserver de tout dommage, de respecter et de défendre la Constitution et l’Etat de droit, de remplir consciencieusement les devoirs de ma charge et d’être juste envers tous», a déclaré Mme Rogombé.

Des applaudissements nourris ont salué l’investiture dans une salle où le défunt président Bongo, réélu pour sept ans en novembre 2005, avait été investi le 19 janvier 2006. Une minute de silence a été observée pendant la cérémonie. Le décès d’Omar Bongo Ondimba, 73 ans dont 41 au pouvoir, a été annoncé lundi à Barcelone où il était hospitalisé depuis début mai.

Selon le programme officiel des obsèques, son corps doit arriver jeudi après-midi à Libreville. Il sera transféré au Palais présidentiel où sa dépouille sera exposée.

Le public pourra lui rendre hommage de jeudi à samedi. Dimanche, ce sera aux administrations, partis politiques et au secteur privé de venir s’incliner devant le corps du défunt, avant les institutions et responsables officiels lundi prochain.

Les délégations étrangères sont attendues mardi 16 juin pour un culte œcuménique et des oraisons funèbres. L’inhumation aura lieu le jeudi 18 à Franceville, dans la région natale du défunt chef de l’Etat du Haut-Ogooué, à l’est du pays.

Réputation de rigueur

La nouvelle présidente n’a pas prononcé de discours. Après avoir reçu d’innombrables félicitations dans un salon privé, Mme Rogombé, 67 ans, s’est symboliquement rendue au Palais présidentiel, sur le Bord de mer, où elle aura désormais ses quartiers.

Elle aura tous les pouvoirs d’un président de la République élu à quelques exceptions près: elle ne peut organiser de référendum, ne peut dissoudre l’Assemblée et ne peut demander une révision de la Constitution, selon la Cour constitutionnelle.

La présidente gabonaise par intérim est une magistrate réputée rigoureuse. Ancienne procureure et vice-présidente de la Cour criminelle spéciale, elle était surnommée la «dame de fer», selon la télévision publique gabonaise.

Secrétaire d’Etat à la Promotion de la femme et des Droits humains dans des gouvernements dirigés par Léon Mebiame (1975-1990), juriste de formation et membre du Parti démocratique gabonais (PDG, fondé par M. Bongo), Rose Francine Rogombé avait été élue le 16 février présidente du Sénat pour six ans, devenant la première femme à diriger une institution parlementaire au Gabon.