France

Une femme tuée lors d'une attaque dans une maison de retraite en France

Un homme armé a tué une employée d’une maison de retraite pour religieux du sud de la France, avant de s’enfuir. La police a identifié le suspect, elle est toujours à sa recherche. Selon le procureur, il n'y a pas de lien avec le terrorisme islamiste

Un important dispositif de recherche est déployé dans le sud de la France pour retrouver un homme soupçonné d’avoir tué une employée d’une maison de retraite pour religieux.

Cette nuit, un hélicoptère survolait la zone en éclairant le sol pour traquer cet homme qui a fait irruption, cagoulé et armé, jeudi soir dans la maison de retraite «Les Chênes verts», un établissement pour religieux et religieuses appartenant à la Société des Missions africaines (SMA), situé à Montferrier-sur-Lez, près de Montpellier. Les enquêteurs ont identifié le suspect.

«La piste locale est privilégiée»

Outre le fait que le lieu visé dans la nuit hier est une institution qui abritait de nombreux religieux catholiques, la localisation des faits interpelle. La localité de Montferrier-sur-Lez se trouve à une trentaine de kilomètres de Lunel, d'où sont partis plusieurs djihadistes, tués ensuite au Moyen-Orient.

Ces derniers jours, sept personnes ont été arrêtées à Strasbourg et à Marseille pour avoir préparé des projets d'attentats visant semble-t-il le marché de Noël des Champs Elysées à Paris, ouvert la semaine dernière. La France est frappée depuis janvier 2015 par une vague d'attentats terroristes sans précédent. Ces attaques ont fait 238 morts, dont un prêtre tué en pleine messe fin juillet à Saint-Etienne-du-Rouvray, près de Rouen.

Mais à ce stade, l'hypothèse terroriste n'est pas privilégiée, a indiqué une source proche de l'enquête à l'AFP. «On ne peut pas à cet instant être précis sur les motivations de l'auteur. La piste locale, c'est-à-dire dans l'entourage de la maison de retraite, est privilégiée. Aucun élément ne permet pour l'instant de rattacher les faits à du terrorisme islamiste», a déclaré à la presse le procureur de la République de Montpellier Christophe Barret. 

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Selon les premiers éléments, peu avant 21H00 GMT jeudi, «un individu seul, encagoulé et armé d’un couteau et d’un fusil à canon scié, a fait irruption dans la maison de retraite», ont affirmé des sources proches de l’enquête, précisant que ses motivations étaient pour l’heure «inconnues». Le profil de l’homme n’était pas connu dans l’immédiat.

Une employée retrouvée morte

«Vers 22H00 (21H00 GMT), une femme travaillant dans cette maison de retraite a appelé les gendarmes, en disant avoir été attaquée par un homme», a relaté Christophe Barret. Cette employée de l’établissement, ligotée et bâillonnée mais qui a réussi à se libérer pour donner l’alerte, selon une source proche du dossier – a été retrouvée par les gendarmes «saine et sauve, mais très choquée», a ajouté le magistrat.

En revanche, une autre femme a été retrouvée morte par les gendarmes à leur arrivée, a ajouté le procureur, sans dire comment elle avait été tuée. Une source proche de l’enquête a précisé qu’après l’avoir ligotée, l’homme a tué à l’arme blanche cette autre employée.

L’unité spéciale de la gendarmerie déployée sur place a fouillé le bâtiment jusqu’à 23H30 GMT. Un dispositif de recherches a été mis en place par les gendarmes pour retrouver l’assaillant en fuite.

Les résidents en sécurité

Auparavant, cinquante-neuf résidents de l’établissement avaient été mis en sécurité. «Les gendarmes ont veillé à l’intégrité physique et à la présence de tous les pensionnaires», a déclaré Christophe Barret: «aucun d’entre eux n’a été blessé ou malmené, […] tous les pensionnaires sont indemnes».

Un vaste périmètre de sécurité était déployé autour de l’établissement, s’étendant à plusieurs centaines de mètres, notamment jusqu’à une petite zone artisanale en bordure de la route menant à Montpellier. Des unités d’élite de la police et de la gendarmerie étaient également sur place.

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