De retour de Syrie et en route pour la Russie, des navires russes étaient surveillés mercredi dans la Manche par les militaires britanniques, a annoncé le ministère de la Défense britannique, qualifiant le porte-avions russe de «navire de la honte».

La flotte comprend l'unique porte-avions russe en service, l'Amiral Kouznetsov, qui avait déjà été observé fin octobre en mer du Nord par une frégate britannique, alors qu'il s'acheminait vers les côtes syriennes.

Elle inclut également le croiseur à propulsion nucléaire Piotr Veliki (Pierre le Grand) et un remorqueur, selon le ministère de la Défense britannique.

La flotte russe a été placée sous la surveillance du navire britannique HMS St Albans et de plusieurs chasseurs de la Royal Air Force (RAF). «Nous allons surveiller de près l'Amiral Kouznetsov sur sa route vers la Russie; navire de la honte qui n'a servi qu'à exacerber la souffrance du peuple syrien», a déclaré le ministre britannique de la Défense, Michael Fallon, dans un communiqué.

Une escorte peu appréciée par la Russie

Le ministère russe de la Défense a réagi dans la soirée, par la voix du porte-parole Igor Konachenkov.

«Le but de telles déclarations et d'un tel show mettant en scène une escorte accompagnant nos navires est de distraire l'attention des contribuables britanniques de l'état réel de la Royal Navy», a déclaré le général Konachenkov, faisant écho à de récentes affirmations de la presse britannique sur l'échec du test d'un missile tiré depuis un sous-marin. «Les navires de guerre russe n'ont pas besoin de services d'escorte, ils connaissent le chenal et le cap à tenir», a-t-il ajouté.

Le passage de la flotte russe au large des côtes britanniques intervient après que la Russie, alliée du régime du président syrien Bachar al-Assad, a indiqué fin décembre que la présence militaire russe en Syrie serait «réduite».

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Engagée militairement depuis septembre 2015 en Syrie, Moscou a changé la donne dans le conflit en volant au secours de l'armée syrienne qui était alors en difficulté face aux rebelles appuyés par des pays du Golfe et occidentaux.

La Russie, la Turquie et l'Iran ont trouvé mardi un accord pour consolider le cessez-le-feu en Syrie mais peu de progrès ont été réalisés en vue d'avancer vers un règlement du conflit au terme des négociations d'Astana entre rebelles et émissaires du régime. Depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, le 30 décembre, les violences dans ce pays ont diminué mais n'ont pas complètement cessé.

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