Il pourra donc défendre son bilan. Mais il devra surtout convaincre de sa capacité à écouter les Français, avec pour objectif de démontrer que Marine Le Pen n’est pas la candidate populaire qu’elle prétend être. Emmanuel Macron n’a pas craqué. Avec 28,4% des suffrages, cinq points devant la candidate du Rassemblement national, le président sortant réussit la moitié de son pari. Il finit en tête, ce qui était essentiel pour lui. Il distance son adversaire, ce qui était indispensable. Mais la France «en marche» qui a résisté n’est pas encore synonyme de victoire. Il faudra au chef de l’Etat plus qu’une nouvelle campagne. Il lui faudra rallier tous ceux, au-delà de ses sympathisants, qui le croient capable d’être encore le président de tous les Français. Et surtout, un dirigeant capable d’incarner un avenir qui ne soit pas seulement celui des «riches» et des «lobbies», ce reproche qui lui a si souvent été fait.