Le bilan est lourd et le choc important après une fusillade dans une école située dans le centre de la Russie, à Ijevsk. «Selon des données préliminaires, treize personnes, dont six adultes et sept mineurs, ont été victimes du crime, précise le Comité d’enquête de Russie. Quatorze enfants et sept adultes ont été blessés.» Le suspect portait un pull «noir à la symbolique nazie et une cagoule», poursuit-il. Son identité «est en train d’être établie».

Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, a déclaré que le président Vladimir Poutine «pleure profondément la mort de personnes et d'enfants dans cette école où un attentat terroriste a été perpétré».

«Les policiers ont retrouvé le corps de l’homme qui a ouvert le feu. Selon nos informations, il s’est suicidé», ajoutent les enquêteurs qui ont également publié une vidéo montrant le corps d’un individu allongé sur le sol, du sang autour du crâne – vêtu d’un pull noir sur lequel figurait une croix gammée rouge.

Dans un climat tendu

Un peu plus tôt, le ministère russe de l’Intérieur avait évoqué six victimes et 20 blessés. Le gouverneur de la région, Alexandre Bretchalov, a de son côté déclaré qu'«il y a des victimes parmi les enfants et des blessés», visiblement ému, dans une vidéo publiée sur Telegram. Il s’exprimait devant l’école n°88 d’Ijevsk. Derrière lui, on pouvait voir du personnel médical entrer dans le bâtiment au pas de course, certains transportant un brancard.

Le site de l’établissement scolaire indique qu'il compte près de mille élèves et 80 enseignants.

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Selon Alexandre Bretchalov, «une personne non identifiée est entrée dans l’école» avant de «tuer le garde» et d’ouvrir le feu à l’intérieur de l’établissement. «L’évacuation est terminée» et «l’ensemble du périmètre est bouclé», avait-il assuré dans sa vidéo, précisant que la Garde nationale russe, les services de sécurité du FSB et «les autorités en charge de l’enquête» étaient déjà sur place.

Selon le ministère de la Santé, «quatorze équipes d’ambulanciers» sont aussi sur le site et «un groupe de médecins» doit se rendre prochainement à Ijevsk «pour aider les victimes». Une enquête pour «meurtre» et «port illégal d’armes» a été rapidement ouverte et transférée au Comité d’enquête de Russie, le principal organe d’investigation du pays.

La fusillade de ce lundi 26 septembre intervient dans un climat tendu dans de nombreuses régions de Russie, sur fond de mobilisation militaire de centaines de milliers de réservistes. Aujourd’hui également, un homme a ouvert le feu dans un centre de recrutement de l’armée russe en Sibérie, blessant grièvement un militaire qui y travaillait.

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Autrefois rarissimes, les fusillades mortelles, notamment dans des écoles, ont tendance à devenir plus nombreuses en Russie depuis quelques années, au point que le président Vladimir Poutine s’en est alarmé, y voyant un phénomène importé des Etats-Unis et un effet pervers de la mondialisation, ce qui l’a conduit à durcir la législation sur le port d’armes.

En avril dernier, un homme avait ouvert le feu dans une école maternelle et tué deux enfants ainsi qu’une institutrice, avant de se suicider, dans la région d’Oulianovsk. La fusillade la plus meurtrière remonte à octobre 2018, quand un lycéen avait tué 19 personnes avant de se donner la mort dans un lycée de Kertch.

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Ijevsk, ville de près de 650 000 habitants, est la capitale de la république d’Oudmourtie dans le centre du pays. C’est dans cette ville industrielle et longtemps fermée aux étrangers sous l’ère communiste que Mikhaïl Kalachnikov a mis au point en 1947 son premier «AK-47», devenu depuis mondialement célèbre. Cette ville est située juste à l’ouest du massif de l’Oural, la chaîne montagneuse qui sépare la Russie européenne et asiatique. Elle abrite les usines fabriquant les fusils d’assaut Kalachnikov.