En Syrie, les enfants ont cessé de jouer et d’aller à l’école. A la place des fleurs, des maisons et des soleils, ils dessinent des chars, des mortiers et des cadavres. Trois enfants sur quatre ont perdu un membre de leur famille dans le conflit en Syrie. Un tiers d’entre eux racontent qu’ils ont été molestés ou visés par des tirs, selon un rapport de l’ONG Save the Children publié mercredi qui décrit les conditions de vie des enfants, témoignages à l’appui. Derrière ces chiffres, des vies humaines sont en jeu; une génération entière. Des enfants de 8 ans ont été utilisés comme boucliers humains par les forces armées. D’autres sont recrutés pour combattre aux côtés des adultes.

Le risque est omniprésent. Il commence dès la naissance, puisque les femmes qui accouchent évitent les hôpitaux, devenus la cible d’attaques par les forces armées. Depuis deux ans, la plupart des enfants naissent dans la précarité la plus totale. Deux millions de personnes ont été poussées sur les routes du pays. Parmi elles, 80 000 sont sans abri aujourd’hui. Le danger ne disparaît pas pour ceux qui ont trouvé un refuge. Des fillettes et des garçons sont victimes d’abus sexuels et de tortures. Les mariages précoces augmentent. Ils servent souvent à couvrir l’exploitation sexuelle de jeunes filles qui sont ensuite répudiées et renvoyées dans leurs familles. Dans son rapport en forme de cri d’alarme, Save the Children appelle le Conseil de sécurité de l’ONU à dépasser ses divisions et à trouver une solution pour mettre fin au conflit.