Barack Obama, qui s’est pompeusement présenté en «premier président américain du Pacifique» pour sa tournée Japon-Chine, n’a pas tardé à préciser ce qu’il fallait comprendre par là: le voici déjà courbé devant le banquier auquel son pays a emprunté quelque 800 milliards de dollars – c’est-à-dire Pékin.

Le Tibet? Pas un mot sur le sujet qui fâcherait ses hôtes.

Le Japon? Obama a formulé de vagues promesses sur des bases militaires mais a fait peu d’efforts pour soigner ce lien historique et ambigu.

Le climat? Les Chinois ne veulent pas freiner leur élan industriel, les Etats-Unis peinent à réduire leur gloutonnerie d’énergies fossiles. Il y avait donc là une alliance évidente, parfaitement cynique à sceller pour se donner de la marge dans d’autres dossiers plus sensibles – le rapport dollar-yuan par exemple, ou les reproches de protectionnisme brandis par les Chinois contre les Américains.

De la «realpolitik» pure et dure. Le président américain doit juste savoir qu’en procédant de la sorte, il insulte l’Europe et, de manière générale, tous ceux qui pensent que l’idéal – en matière de climat, ou de droits de l’homme – se juge dans les faits, pas dans les discours.