L’augmentation des prix du carburant a de multiples répercussions. Une grève des transporteurs de céréales et d’oléagineux en Argentine, lancée il y a quatre jours pour dénoncer cette hausse et réclamer une hausse des tarifs de fret, paralyse les exportations agricoles. «L’économie argentine ne peut pas se permettre ce luxe», a déploré jeudi dans un communiqué Gustavo Idigoras, président de la Chambre de l’industrie des oléagineux et du Centre d’exportations des céréales (Ciara-CEC).

Des milliers de camions sont à l’arrêt en Argentine, plus grand exportateur mondial de farine et d’huile de soja, et parmi les plus gros exportateurs pour le blé, le soja et le maïs. Ces exportations ont représenté 35 milliards de dollars (32,4 milliards d’euros) en 2021, selon des chiffres officiels.

La grève des transporteurs intervient en pleine récolte 2021-2022 pour l’agronégoce, alors que les prix du carburant sont au plus haut sur le marché international en raison de la guerre en Ukraine.

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Une reconnaissance du prix réel du gasoil demandée par les transporteurs

La Fetra, qui a lancé l’appel à la grève pour réclamer une hausse des tarifs pour les services de fret, déplore que les «entités de l’agronégoce ne reconnaissent pas le prix réel du gasoil que doivent payer les transporteurs».

«Avec ce coût, nous sommes obligés d’être à l’arrêt car nous ne pouvons plus travailler», a déclaré à l’AFP Ariel Juarez, l’un des représentants de la Fédération des transporteurs argentins (Fetra), sur une route près de la ville de Victoria, à 300 km au nord de Buenos Aires.

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Le prix officiel du diesel dans les stations-service est de 110 pesos (0,93 dollar) par litre, mais la Fetra affirme que les camionneurs doivent payer 191 pesos (1,60 dollar) en raison de pénuries. Une réunion de dialogue mercredi à l’initiative du gouvernement entre les parties a tourné court.

«La grève entraîne une perte d’environ 100 millions de dollars par jour, soit 200 tonnes qui ne sont pas déchargées dans les terminaux portuaires. Nous avons 50 cargos qui attendent», a indiqué Gustavo Idigoras. Entre 3000 et 4000 camions se rendent dans les terminaux quotidiennement en temps normal, contre une dizaine actuellement, a-t-il souligné.