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Une Guinéenne, mère célibataire sans histoire

La victime présumée de l’affaire DSK niera avoir eu une relation sexuelle consentie avec le patron du FMI

Nafissatou Diallo, 32 ans, niera avoir eu avec Dominique Strauss-Kahn une relation sexuelle consentie. Mercredi, l’avocat de la femme de chambre de l’hôtel Sofitel de Times Square à New York, Jeff Shapiro, a coupé court aux rumeurs qu’ont laissé courir les avocats du directeur général du FMI. Il se battra pour faire reconnaître une tentative de viol contre sa cliente.

Détentrice d’une carte verte, cette jeune Guinéenne de la région de Labé vit aux Etats-Unis depuis 1998, quand son mari commerçant s’y installa. Francophone, de grande taille (1,80 m), elle vivait jusqu’à samedi dernier dans un trois-pièces du Bronx, dans une maison de brique rouge. Désormais, elle est gardée dans un lieu tenu secret sous la protection du FBI et de la police new-yorkaise. Depuis son divorce, elle élève seule sa fille, Dana, une adolescente.

«Elle pleure beaucoup»

Employée de l’hôtel Sofitel depuis trois ans, bosseuse et sérieuse, louée aussi bien par son employeur que par ses collègues de travail, elle était l’un des rares membres du personnel à avoir accès au 28e étage de l’établissement, celui des chambres et suites de luxe. Elle menait une vie sans histoire. Aucun casier judiciaire, aucun problème psychologique. Son frère, Blake Diallo, interviewé par Le Parisien, possède un restaurant de cuisine africaine sur la 8e Avenue de Manhattan. Il décrit Nafissatou Diallo: «Ma sœur est toujours en état de choc. C’est avant tout une victime effrayée et dévastée par le comportement d’un homme qu’elle ne connaissait pas et qui a cherché à abuser d’elle.» Et son frère d’ajouter: «Elle pleure beaucoup, […], elle pleure toujours.» Selon Blake Diallo, sa sœur est une musulmane pratiquante «qui porte un fichu traditionnel sur la tête». Personne simple, qui travaille beaucoup, la victime présumée ne manifeste aucun intérêt pour la politique. Son frère avance même qu’elle ne connaît pas le nom de l’actuel maire de New York. Quand elle rentre dans son appartement du Bronx, elle a pour habitude de regarder le soir des séries télévisées africaines. La victime présumée a également une sœur qui vit à Harlem.

Pour démentir l’hypothèse d’un coup monté, Blake Diallo affirme que c’est lui qui a appris l’identité de l’agresseur présumé de sa sœur, Dominique Strauss-Kahn, en regardant une télévision locale. Les enquêteurs estiment en tout cas que Nafissatou Diallo est un «témoin très fiable». Elle appartient à l’ethnie peule, qui représente 40% de la population de la Guinée.

Jugée belle par les uns ou «très peu séduisante» par les indélicats avocats de Dominique Strauss-Kahn, Nafissatou Diallo s’est dite prête à coopérer pleinement à l’enquête et à la préparation d’un éventuel procès. «Elle n’a rien derrière la tête, relève son avocat Jeff Shapiro. Elle fait ça parce qu’elle pense qu’il faut le faire et elle va le faire.»

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