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Une marche en soutien à l'assaillant de la préfecture de Paris est interdite

Un activiste qui dit représenter les banlieues voulait organiser un rassemblement en l’honneur de l’attaquant de jeudi dernier, arguant qu’il n’est «pas un extrémiste». La démarche ulcère la classe politique, toujours plus divisée

Un rassemblement en soutien à l'auteur de l'attentat à la préfecture de police de Paris, prévu jeudi en banlieue parisienne, va être interdit, a annoncé mercredi le ministre français de l'Intérieur Christophe Castaner. Celui-ci dénonce une «infamie».

«La manifestation prévue à Gonesse en soutien à l'assassin de la préfecture de police est une infamie et une insulte à la mémoire de nos policiers. Je me suis entretenu avec le préfet du Val-d'Oise: le rassemblement va être interdit», a indiqué le ministre de l'Intérieur sur Twitter. Christophe Castaner a également annoncé son intention d'alerter la justice à la suite de propos tenus par l'organisateur de l'événement.

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«Pas un extrémiste»

Dans un message posté sur Facebook, Hadama Traoré, un activiste politique, représentant autoproclamé des banlieues, assure que l'agent qui a poignardé quatre fonctionnaires à la préfecture de police, Mickaël H., «n'est pas un extrémiste religieux», et appelle à un rassemblement jeudi après-midi devant la mairie de Gonesse, la ville où vivait l'assaillant. «Les faits donnés pour justifier son côté extrémiste auraient pu concerner les 10 millions de Français de confession musulmane», selon lui.

Mickaël H., converti à l'islam, fréquentant des membres de la mouvance salafiste, s'était notamment réjoui après l'attentat en janvier 2015 contre l'hebdomadaire Charlie Hebdo (12 morts). Il refusait de serrer la main des femmes.

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«L'abject et le cynisme»

De nombreuses voix politiques, à droite, à l'extrême droite, mais aussi à gauche, avaient réclamé l'interdiction de cette manifestation. «On est vraiment parfois au bout de l'abject et du cynisme», a déploré le patron du parti écologiste EELV, Yannick Jadot.

«Comment croire que (le président français) Emmanuel Macron pourrait lutter contre 'l'hydre islamiste' alors qu'il n'arrive même pas à faire interdire une manifestation de soutien à l'assassin de quatre policiers organisée par un ver de terre?», a demandé Marine Le Pen, la présidente du Rassemblement national.

Emmanuel Macron avait appelé mardi à «un combat sans relâche» contre «l'hydre islamiste», lors d'un hommage aux quatre fonctionnaires de la préfecture de police de Paris, appelant les Français à «faire bloc» après cet attentat sans précédent, perpétré au cœur même d'une administration censée être l'un des fers de lance de la sécurité de l'Etat.

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