Des dizaines de milliers de personnes défilaient samedi en France, dont près de 50 000 à Paris, pour dire «stop» aux violences sexistes et sexuelles envers les femmes et aux féminicides. Le nombre de cas (au moins 116 depuis le début de l'année) suscite une vague d'indignation sans précédent dans le pays.

A Paris, derrière la banderole de tête tenue par l'Union nationale des familles de féminicide (UNFF), plusieurs personnes portaient des pancartes affichant la photo de leur proche assassinée. Une trentaine de marches étaient également annoncées dans le reste de la France.

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«On pense que ça va être une marche historique», a déclaré avant la manifestation parisienne l'une des organisatrices, Caroline De Haas, convaincue que «le niveau de conscience (...) est en train de bouger de manière assez radicale».

 

«Nous n'arrivons plus à compter les cas où les féminicides auraient pu être évités», affirment encore les organisatrices des cortèges de samedi dans un appel diffusé sur Facebook. «Avec cette marche, nous ferons en sorte que les pouvoirs publics prennent enfin des mesures à la hauteur».

Violences en hausse

Depuis le début de 2019, au moins 116 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint, selon un décompte et une étude au cas par cas menés par l'AFP. Sur toute l'année 2018, le chiffre avait atteint 121 femmes victimes, selon le ministère de l'Intérieur.

Quelque 213 000 femmes majeures sont victimes chaque année de violences physiques et/ou sexuelles de la part leur conjoint ou ex-conjoint, soit près de 1% des femmes âgées de 18 à 75 ans, selon des données officielles.

L'an passé, près de 50 000 personnes s'étaient rassemblées dans toute la France, dont 30 000 à Paris selon les organisatrices (12 000 selon la police).

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Près de 70 organisations, partis politiques, syndicats et associations mais également plusieurs personnalités ont appelé à se joindre au défilé. Parmi elles, Vincent Trintignant - le frère de Marie, la comédienne tuée par le chanteur Bertrand Cantat en 2003.

Annonces attendues

Lundi, le gouvernement doit annoncer ou confirmer une quarantaine de mesures. La secrétaire d'Etat Marlène Schiappa et le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner ont ainsi présenté vendredi la «grille d'évaluation» qui doit servir aux forces de l'ordre pour mieux repérer les risques pesant sur les femmes victimes quand elles viennent se plaindre.