elections législatives françaises

Une micro-baisse de la participation

44% d’abstention, tel est le taux record avancé par plusieurs instituts de sondage vers 18 heures. Une heure plus tôt, le taux de participation était estimé à 46,42%. Les deux enjeux principaux du scrutin sont les suivants: le PS obtiendra-t-il la majorité absolue à l’Assemblée nationale et le Front national y fera-t-il son entrée?

Ségolène Royal et Olivier Falorni à La Rochelle. Nathalie Kosciusko-Morizet à Longjumeau, Nadine Morano à Toul, Jean-François Copé à Meaux. Marine Le Pen à Hénin-Beaumont. Et comme d’habitude, François Bayrou, à Pau, s’est rendu le premier dans son bureau de vote pour glisser son bulletin dans l’urne, peu après 8 heures. Ce dimanche à midi, la plupart des dirigeants politiques français ont déjà voté, sous le regard avide des caméras.

A midi, la participation au second tour des élections législatives s’élevait à 21,41%, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur, soit un souffle de plus que les 21,06% du premier tour, dimanche dernier. A 17 heures en revanche, elle se montait à 46,16%, en baisse par rapport aux 48,31% du premier tour. A 18 heures, plusieurs estimations convergeaient autour de 56% de participation, soit une abstention record de 44%.

Les derniers sondages sont favorables au Parti socialiste: plusieurs enquêtes prédisent ses chances de remporter la majorité absolue à l’Assemblée nationale (plus de 289 sur 577). Le gouvernement et François Hollande auraient alors les coudées franches pour mettre en œuvre leur politique sans devoir négocier ni avec les alliés écologistes ni avec le Front de gauche.

La zone de turbulence se concentre sur La Rochelle. Ségolène Royal risque d’être mise en échec par son rival et dissident Olivier Falorni, soutenu par la compagne du président comme l’a révélé la vaudevillesque affaire du tweet de Valérie Trierweiler. Après son échec douloureux aux primaires socialistes, une défaite serait un nouveau coup très dur porté à la candidate de 2007. Par ailleurs, elle a annoncé au quotidien El Païs qu’elle ne renoncerait à se présenter à la présidence de l’Assemblée nationale, quand bien même elle serait élue députée ce dimanche. «C’est grillé. les grands machos ne pouvaient pas le supporter», a-t-elle déclaré.

Le FN attend son heure

Pour le Front national, l’enjeu du jour est l’entrée à l’Assemblée nationale, un événement qui serait des plus symboliques sur la voie de la normalisation du parti populiste. Une position qui offrirait une tribune importante au Rassemblement bleu Marine. Les sondages prédisent de 1 à 3 sièges au FN. La patronne du parti a ses chances à Hénin-Beaumont où elle a fait un excellent score de 42,3% au premier tour. Mais la gauche dans son ensemble se mobilise pour lui faire barrage.

Sa nièce Marion Maréchal-Le Pen pourrait aussi l’emporter à Carpentras, à la faveur d’une triangulaire. La candidate socialiste, Catherine Arkilovitch, arrivée troisième au premier tour, a refusé de suivre la consigne de Solférino et de se retirer pour faire barrage au FN. Si la benjamine de la famille entre au parlement, Catherine Arkilovitch en portera le poids sur ses épaules. Son suppléant n’a pas voulu prendre ce risque, il s’est retiré dans une stratégie de front républicain, pour laisser davantage de chance au candidat UMP. Quelques autres candidats ont aussi leur chance dans des circonscriptions du sud de la France.

A l’UMP, la journée est capitale pour plusieurs ténors. A Longjumeau dans l’Essonne, l’ex-ministre et ancienne porte-parole de Nicolas Sarkozy, Nathalie Kosciusko-Morizet, affronte un socialiste. Marine Le Pen a appelé ses partisans à voter pour lui afin de la mettre en échec. A Meaux, le patron de l’UMP, Jean-François Copé est bien placé pour conserver son siège, contrairement à l’ancienne ministre Nadine Morano. Arrivée deuxième derrière le candidat socialiste, elle a fait les yeux doux aux électeurs du FN pour s’en sortir.

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