Les quelque 3,5 millions de musulmans du sud de la Thaïlande, sunnites pour la plupart, constituent la minorité ethnique la moins intégrée du pays. Leur culture malaise diffère radicalement de celle de la majorité bouddhiste. S'y ajoute un rattachement tardif et controversé au royaume du Siam. Ce n'est que par l'effet du traité anglo-siamois de 1909 que l'ancien sultanat de Patani devient partie intégrante de la Thaïlande, sous la forme de quatre nouvelles provinces: Pattani, Yala, Narathiwat et Satun. Le fossé culturel

s'est considérablement creusé pendant la période des dictateurs nationalistes à Bangkok entre les années 30 et les années 70. Cette tentative de «siamisation» provoque à la fin des années 60 l'éclosion de plusieurs mouvements séparatistes, appuyés sur les Etats musulmans conservateurs du nord de la Malaisie. Ces mouvements sont devenus marginaux quand le gouvernement a offert en 1986 une amnistie aux rebelles. Depuis, le principal souci des séparatistes est devenu l'extorsion de fonds et non plus l'établissement d'un Etat islamique séparé.