Une motion de censure contre Juncker

Union européenne Initiative europhobe

La démocratie n’est pas un système parfait. Ainsi personne ne doit être surpris de la motion de censure déposée mardi contre Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, qui sera débattue la semaine prochaine au Parlement à Strasbourg. L’initiative, qui a recueilli les 76 signatures nécessaires, en revient à l’UKIP du Britannique Nigel Farage, au Front national de Marine Le Pen et au Mouvement 5 étoiles de l’Italien Beppe Grillo, tous europhobes.

Illusoire

La motion ne passera pas. Elle sera tout au plus soutenue par une centaine de voix sur 751 élus au total. Lors de son élection par le Parlement le 15 juillet dernier, Jean-Claude Juncker avait fait le plein des voix (422) de la coalition conservateurs-socialistes-libéraux.

La motion de censure respecte totalement les règles du jeu de la démocratie européenne. Mais elle montre surtout la capacité de nuisance de l’opposition europhobe. Contrairement à la précédente législature, elle dispose cette fois-ci d’assez d’élus pour jouer activement son rôle d’opposition et acquérir une certaine visibilité.

La motion de censure oblige le président de la Commission à se prêter à l’exercice. Il est concevable que cette opposition use et abuse de sa prérogative. Mais la majorité sera mal inspirée de tenter de l’abroger.

Il faut dire que l’affaire LuxLeaks, c’est-à-dire la révélation de 360 arrangements fiscaux signés entre des multinationales et le Luxembourg pendant que Jean-Claude Juncker y était premier ministre, est du pain bénit pour toute opposition. Insatisfaite des réponses données par le président de la Commission, la gauche radicale avait aussi décidé de déposer une motion de blâme. L’initiative n’a pas abouti, ses promoteurs ayant refusé d’emblée l’appui des europhobes.