Nouveau drame à Washington. Aux abords du Capitole, siège du Congrès américain, un homme a tenté de forcer, vendredi après-midi, un barrage de sécurité avec sa voiture, en fonçant sur deux policiers. L'homme est ensuite sorti de son véhicule avec un couteau et des agents ont dû tirer pour le neutraliser. Les toutes premières informations faisaient état de l'arrestation rapide du suspect et précisaient que trois hommes avaient été emmenés à l'hôpital. Mais quelques minutes plus tard, lors d'une conférence de presse, la cheffe de la police du Capitole, Yogananda Pittman, a confirmé que le suspect et un des deux policiers blessés avaient succombé à leurs blessures. 

L'attaque du 6 janvier 

Le président Joe Biden a réagi par voie de communiqué. «Jill et moi avons eu le cœur brisé en apprenant la violente attaque à un point de contrôle de sécurité dans l'enceinte du Capitole des États-Unis, qui a tué l'agent William Evans de la police du Capitole et laissé un autre agent lutter pour sa vie», écrit-il. «Je tiens à exprimer la gratitude de la nation à la police du Capitole, à la force d'intervention immédiate de la Garde nationale et aux autres personnes qui ont réagi rapidement à cette attaque. Alors que nous pleurons la perte d'un autre agent courageux de la police du Capitole, j'ai ordonné que les drapeaux de la Maison-Blanche soient mis en berne».

Les services de police ont rapidement semblé écarter une «menace terroriste». Le suspect a été identifié par les médias comme étant un Afro-américain de 25 ans originaire de l'Indiana, diplômé en finance de l'Université Christophe New Port (Virginie), depuis 2019. Ses motifs ne sont pas encore connus. Mais sur sa page Facebook, supprimée depuis, il exprimait notamment sa sympathie pour le dirigeant du mouvement nationaliste noir «Nation of Islam», Louis Farrakhan. Selon le Southern Poverty Law Center, le mouvement s'illustre par la «rhétorique profondément raciste, antisémite et anti-gay de ses dirigeants». Sur les réseaux sociaux, l'assaillant affirmait aussi avoir été «confronté à la peur, à la faim, et à la perte de richesse» en raison de la pandémie. Il aurait récemment quitté son emploi. 

Trois mois après l'assaut du Capitole par des militants pro-Trump qui s'était soldé par la mort de cinq personnes, ce drame ressuscite inévitablement le traumatisme sécuritaire qui avait transformé la capitale en camp retranché pendant plusieurs semaines. Vendredi, les images de militaires de la Garde nationale avec des boucliers anti-émeutes déployés autour des bureaux parlementaires ou pour renforcer des barrages de police, ont replongé les Américains dans l'atmosphère post-6 janvier. 

Les élus du Congrès étaient en vacances parlementaires cette semaine mais certains membres de leurs équipes, des employés du Congrès et des journalistes étaient présents au moment du drame. Un hélicoptère s'est posé un temps sur l'esplanade au pied du Capitole puis est reparti, selon les images d'un journaliste filmées depuis l'intérieur.

Drapeaux en berne

La présidente démocrate de la Chambre des représentants Nancy Pelosi a ordonné de mettre les drapeaux du Capitole en berne en hommage au policier décédé. «J'ai le cœur brisé pour l'officier tué aujourd'hui en défendant notre Capitole et pour sa famille. Je prie pour l'officier blessé et sa famille. Nous avons une dette envers eux. Nous remercions la police du Capitole, la garde nationale et les premiers intervenants pour tout ce qu'ils font pour protéger le Capitole et ceux qui s'y trouvent», a pour sa part tweeté Chuck Schumer, le leader de la majorité démocrate au Sénat. «Encore une fois, des agents courageux de la police du Capitole ont été violemment attaqués pendant qu'ils faisaient tout simplement leur travail», a renchéri son homologue républicain, Mitch McConnell.

Ce nouveau drame va relancer la question de la sécurité du Capitole, alors que certaines barrières de sécurité venaient d'être supprimées.