L’Essentiel

  • Le plafonnement des prix du pétrole russe à 60 dollars le baril, adopté par l’UE, les pays du G7 et l’Australie, doit entrer en vigueur à partir de lundi. Le but: restreindre les revenus de la Russie tout en s’assurant qu’elle continue à alimenter le marché mondial.
  • Malgré des attentes à un ralentissement des combats de la part des renseignements américains, l’armée ukrainienne affirme sa volonté de poursuivre sa contre-offensive au même rythme durant l’hiver.
  • Vladimir Poutine se rendra dans le Donbass «en temps voulu» a répondu la présidence russe interrogée sur le sujet.

Coupures de courant dans toutes les régions après des frappes russes

L’opérateur électrique ukrainien Ukrenergo averti que des coupures d’électricité en urgence devront être appliquées dans toute l’Ukraine, alors que le pays fait face aux conséquences de nouvelles frappes russes. «A cause des conséquences des bombardements (…), pour maintenir l’équilibre entre la production et la consommation d’électricité, un système de coupures d’urgence va être mis en place dans toutes les régions d’Ukraine. L’électricité sera fournie prioritairement aux infrastructures essentielles», a annoncé Ukrenergo sur Telegram.

«La situation est difficile, mais sous contrôle», a ajouté Ukrenergo, alors que les forces de Kiev ont annoncé avoir détruit plus de 60 des quelque 70 missiles lancés par les Russes. Néanmoins, «certaines centrales électriques ne pourront pas fonctionner à pleine capacité pendant un certain temps», selon l’opérateur. «Combiné avec des gelées qui vont s’intensifier dans les prochaines 24 heures, cela va mener à un déficit en électricité dans le système».

Les réparations d’urgence étaient en cours, d’après Ukrenergo.

L’armée russe a reconnu «une frappe massive effectuée avec des armes de haute précision» lundi vers 12h00 GMT qui a visé des sites militaires ukrainiens et des infrastructures énergétiques liées aux forces ukrainiennes.

Après avoir subi d’humiliantes défaites dans le conflit qui est devenu le plus grave en Europe depuis la Seconde guerre mondiale, la Russie a commencé à frapper les infrastructures énergétiques ukrainiennes en octobre, provoquant de vastes coupures de courant. Vendredi, le président russe Vladimir Poutine a affirmé que les attaques russes contre les infrastructures ukrainiennes étaient «inévitables».

Des drones ukrainiens provoquent la mort de trois personnes sur des bases aériennes russes, selon Moscou

Deux bases aériennes russes, situées dans le centre du pays, ont été la cible de drones ukrainiens qui ont fait trois morts, a affirmé le ministère russe de la Défense dans un communiqué. Ce matin, «le régime de Kiev (…) a tenté d’effectuer des frappes avec des drones de conception soviétique sur la base aérienne de Diaguilevo dans la région de Riazan et celle d’Enguels dans la région de Saratov», indique le texte.

Le ministère accuse les forces ukrainiennes de chercher ainsi «à mettre hors service les avions russes de longue portée», utilisés pour les frappes qui ont visé ces dernières semaines de nombreuses infrastructures énergétiques sur le territoire ukrainien.

Si ces «drones à réaction» ont été interceptés par les systèmes russes de défense antiaérienne, leurs débris sont tombés sur le territoire des bases aériennes attaquées en y provoquant des explosions et endommageant «légèrement» deux avions, selon le communiqué. Trois militaires russes «ont été mortellement blessés» dans ces attaques et quatre autres ont été hospitalisés, selon la même source.

Malgré ces attaques, «une frappe massive effectuée avec des armes de haute précision» à environ 12h00 GMT lundi a visé des sites militaires ukrainiens et des infrastructures énergétiques liées aux forces ukrainiennes, précise le communiqué, en ajoutant que 17 cibles au total ont été touchées.

Le procureur de la Cour pénale internationale met en garde contre un tribunal spécial

Le projet d'un tribunal spécial pour juger les crimes de la Russie en Ukraine pourrait «vouer à l'échec» l'enquête en cours de la Cour pénale internationale (CPI), averti le procureur de la juridiction. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, avait proposé mercredi la mise en place d'un tribunal spécial soutenu par les Nations unies pour poursuivre en justice les crimes d'agression de la Russie contre l'Ukraine.

Karim Khan, le procureur de la CPI, a en réponse exhorté la communauté internationale à se concentrer sur le soutien – et le financement – de la CPI, qui mène actuellement sa propre enquête sur les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité en Ukraine. «Nous ne pouvons pas être voués à l'échec. Nous avons besoin des outils nécessaires pour faire le travail. Nous n'avons pas ces outils», a déclaré Karim Khan devant les journalistes dans le cadre d'une réunion annuelle des 123 pays membres de la CPI à La Haye.

Le procureur a affirmé qu'il y avait eu «beaucoup de promesses que toute initiative (pour un tribunal spécial) ne saperait pas la Cour», mais que la CPI était déjà confrontée à un déficit budgétaire. «Nous devrions éviter la fragmentation et préférer plutôt la consolidation», a-t-il lâché.

La CPI n'est compétente que pour les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité perpétrés en Ukraine et non pour les «crimes d'agression» de la Russie, car Moscou n'est pas signataire du traité de Rome instituant la Cour.

La défense antiaérienne ukrainienne a abattu «la plupart des missiles» russes

La défense antiaérienne ukrainienne a «abattu la plupart des missiles» tirés par l'armée russe, a assuré le président Volodymyr Zelensky, même si plusieurs impacts ont été enregistrés, provoquant des coupures d'eau et d'électricité. «La défense antiaérienne a abattu la plupart des missiles. Les ingénieurs en énergie ont déjà commencé à rétablir l'électricité. Notre peuple n'abandonne jamais», a déclaré Volodymyr Zelensky sur Instagram.

Les frappes obligent un haut responsable de l’ONU à se réfugier dans un abri à Kiev

Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, en visite en Ukraine, s’est réfugié dans un abri souterrain à Kiev en raison de frappes de missiles, a indiqué l’ONU. C’est la première fois qu’un Haut-Commissaire se rend en Ukraine depuis l’invasion russe, lancée le 24 février.

«J’étais sur le point de rencontrer des défenseurs des droits de l’Homme lors de mon deuxième jour à Kiev, et j’ai dû déplacer cette réunion ici, dans cet abri (…) parce que les sirènes ont retenti», a déclaré Volker Türk, dans une courte vidéo transmise à l’AFP. «Et pendant que nous avions cette discussion ici dans cet abri, il y a eu une vague d’attaques de missiles contre l’Ukraine, dont certains ont atterri à proximité de Kiev. Vous pouvez imaginer ce que cela signifie pour la population. C’est devenu presque une nouvelle normalité, mais cela a un impact énorme sur les civils, et cela doit cesser», a-t-il ajouté. Sur Twitter, l’Autrichien a publié une photo de la rencontre.

On y voit également sa porte-parole Ravina Shamdasani ainsi que Matilda Bogner, qui dirige la Mission de surveillance des droits humains en Ukraine. L’entrevue était «prévue dans une salle de réunion normale, les sirènes antiaériennes aériennes se sont déclenchées, nous nous sommes tous déplacés vers un abri souterrain», a indiqué à l’AFP Ravina Shamdasani.

Vladimir Poutine sur le pont de Crimée, partiellement détruit en octobre

Le président russe Vladimir Poutine s'est rendu sur le pont de Crimée qui avait été partiellement détruit en octobre, sa première visite dans la péninsule annexée depuis le début de l'offensive contre l'Ukraine, ont rapporté lundi les médias russes.

Les chaînes de télévision russes ont diffusé des images montrant Vladimir Poutine au volant d'une voiture, affirmant qu'il se trouvait sur ce pont reliant la péninsule ukrainienne au territoire russe. Le viaduc avait été endommagé en octobre par une puissante explosion attribuée par les autorités russes aux forces ukrainiennes.

«Vladimir Poutine a roulé sur la route du pont de Crimée, qui a été réparée après l'explosion du mois d'octobre, et s'est entretenu avec des ouvriers», a déclaré le Kremlin dans un communiqué.

Pendant le trajet, le vice-Premier ministre Marat Khousnoulline, visible dans le siège passager avant, «a fait un rapport au chef de l'Etat sur la progression des travaux de réparation», a ajouté le Kremlin.

Vladimir Poutine informé sur des incidents sur deux bases aériennes

Vladimir Poutine a été informé d'incidents sur deux bases aériennes des forces russes dans les régions de Saratov et de Riazan, dans le centre de Russie, indique le porte-parole du Kremlin. «Le président reçoit régulièrement des informations, venant des services appropriés, sur tout ce qui se passe», a déclaré Dmitri Peskov à la presse, sans plus de précisions, précisant qu'il fallait adresser toute question ultérieure au ministère de la Défense.

Selon plusieurs médias russes, deux bases aériennes, dont l'une destinée à l'aviation stratégique utilisée selon Kiev pour mener des frappes contre l'Ukraine, ont été secouées par des explosions. Des spéculations sur les réseaux sociaux russes suggèrent que l'Ukraine pourrait être derrière ces explosions, même si les deux sites sont situés à des centaines de kilomètres de la frontière ukrainienne. Kiev n'a cependant revendiqué aucune des explosions.

Selon les agences de presse publiques russes TASS et RIA Novosti, citant des responsables des services de secours, trois personnes ont été tuées à la suite de l'explosion d'un camion-citerne sur une base aérienne située près de Riazan. Cinq autres personnes ont été blessées, selon TASS. Aucune des agences n'a cependant précisé la cause de l'explosion.

Séparément, le gouverneur de la région de Saratov, Roman Boussarguine, a annoncé que les autorités vérifiaient des informations sur une explosion matinale dans la ville d'Enguels, où est située une base aérienne des bombardiers stratégiques. Aucune infrastructure civile n'a été affectée, a-t-il assuré sur Telegram.

Dépenses militaires: Berlin espère atteindre l’objectif de l’Otan d’ici à 2025

L’Allemagne espère atteindre d’ici à 2025 son objectif de consacrer annuellement aux dépenses militaires 2% du PIB national, déclare aujourd’hui le gouvernement qui affirme être notamment freiné par les capacités de l’industrie de l’armement. Berlin va manquer en 2022 l’objectif fixé par le chancelier Olaf Scholz, qui souhaite se conformer aux engagements pris vis-à-vis de l’Otan, a confirmé le porte-parole du gouvernement, Steffen Hebestreit, au cours d’une conférence de presse régulière. La question de savoir si ce sera le cas l’an prochain «reste ouverte», a-t-il ajouté.

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Mais l’Allemagne est «déterminée (…) à atteindre l’objectif des 2% au cours de cette législature», qui se termine en 2025, a assuré Steffen Hebestreit. L’invasion de l’Ukraine a conduit l’Allemagne à revoir en profondeur sa politique militaire pétrie de pacifisme depuis la fin de la Deuxième guerre mondiale. Les pays de l’Alliance atlantique s’étaient engagés en 2014, après l’annexion de la Crimée par la Russie, à porter leurs dépenses de défense à 2% de leur PIB d’ici à 2024 mais la première économie européenne a longtemps traîné les pieds pour s’y conformer. Le revirement de l’Allemagne s’est traduit par la création cette année d’un fonds spécial de 100 milliards d’euros pour moderniser ses équipements militaires vétustes. Elle est toutefois restée floue sur le calendrier de ses promesses.

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En Russie, le Parquet requiert neuf ans de prison contre l’opposant Iachine

Le Parquet russe requiert neuf ans de prison contre l’opposant emprisonné Ilia Iachine, ont indiqué les soutiens de ce critique de longue date du Kremlin jugé actuellement pour avoir dénoncé l’offensive en Ukraine.

«Le procureur a demandé neuf ans de privation de liberté», a indiqué l’équipe d’Ilia Iachine dans un message publié sur les réseaux sociaux. Le militant, arrêté en juin, est accusé d’avoir «diffusé de fausses informations» sur les actions de l’armée russe en Ukraine avec «incitation à la haine», un crime passible de 10 ans de prison.

Dans le sud de l’Ukraine, deux morts dans une frappe de missiles russes

Le gouverneur de la région de Zaporijjia (sud), Oleksandre Staroukh a indiqué sur Telegram qu’au moins «deux personnes ont été tuées et deux blessées» après que des missiles ont frappé des maisons individuelles dans le village de Novossofiïvka. Une vague de frappes russes lancées aujourd’hui par la Russie sur l’Ukraine a une nouvelle fois provoqué des coupures d’électricité et d’eau dans plusieurs villes du pays, ont annoncé les autorités locales et régionales.

Selon le chef de l’administration militaire de Kryvyï Rig, dans le centre de l’Ukraine, «une partie de la ville est privée d’électricité, plusieurs chaudières et stations de pompage sont déconnectées». Les opérateurs à Odessa, grand port du Sud, et à Soumy, dans le nord-est, ont rapporté respectivement des coupures d’eau et de courant. Le courant a été également stoppé à Mykolaïv, dans le Sud, selon le maire Oleksandre Sienkevitch.

Selon Netblocks, une organisation de surveillance de la cybersécurité et de la gouvernance d’Internet, «les autorités ont également procédé à des coupures d’urgence pour soulager le réseau» du pays.

Des alertes anti-aériennes retentissent à Kiev et ailleurs

Les sirènes résonnent dans plusieurs villes ukrainiennes. A Kiev, la capitale du pays, la population se rend dans les stations de métro souterraines pour se protéger d’éventuels missiles.

L'ambassade de France avertit d'une «attaque aérienne d'ampleur», selon le correspondant du Temps en Ukraine.

Le Haut-commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme se rend en Ukraine

Volker Türk, représentant du Bureau des droits de l’Homme de l’ONU, visite les localités de Boutcha et Irpin, théâtres de crimes de l’armée russe. «Les gens continuent d’être victimes de cette terrible guerre, avec des températures glaciales qui aggravent les difficultés, en particulier pour les plus vulnérables», a-t-il déclaré sur Twitter.

Le plafonnement du prix du pétrole russe n'aura pas d'impact sur l'offensive en Ukraine, dit le Kremlin

Le plafonnement du prix du pétrole russe décidé par les pays occidentaux n'aura pas d'impact sur l'offensive de Moscou en Ukraine, a assuré lundi le Kremlin, mettant en garde contre une «déstabilisation» du marché mondial de l'énergie.

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L'économie russe «a toutes les capacités nécessaires» pour financer l'offensive militaire, a déclaré à la presse le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. «De telles mesures n'auront pas d'impact», a-t-il ajouté, en référence au plafonnement du prix du pétrole russe adopté par l'Union européenne, les pays du G7 et l'Australie pour frapper Moscou au portefeuille.

«En revanche, ces mesures auront sans aucun doute un impact sur la stabilité du marché mondial de l'énergie (...) C'est un pas vers leur déstabilisation», a poursuivi Dmitri Peskov, ajoutant que Moscou était en train de «préparer» des mesures de rétorsion.

L'Union européenne, les pays du G7 et l'Australie se sont accordés pour plafonner le prix du pétrole russe, une mesure qui doit entrer en vigueur à partir de lundi. L'objectif affiché de cette nouvelle sanction est d'assécher une partie des revenus colossaux que Moscou tire de la vente de ses hydrocarbures et ainsi diminuer sa capacité à financer l'effort de guerre en Ukraine.

Un reportage au coeur des enquêtes sur les crimes de guerre en Ukraine primé

Décernés depuis 1954 par Radio Barcelona, les prix Ondas récompensent chaque année l’excellence de productions audiovisuelles. Un reportage diffusé en juin dernier à l’enseigne de l’émission Temps Présent de la RTS vient d’être distingué dans la catégorie internationale.

Cosigné par la réalisatrice Marie-Laure Widmer Baggiolini et le journaliste Jean-Daniel Bohnenblust, Crimes de guerre, avec les enquêteurs en Ukraine suit le travail périlleux de centaines de personnes tentant d’établir la vérité sur les faits afin que la justice puisse dans un second temps faire son travail.

«Grâce à un effort exceptionnel de ses méthodes d’investigation, associé à l’accès à des sources clés, le documentaire dépeint de manière vivante la guerre en Ukraine et l’importance de documenter les crimes commis par les troupes russes au quotidien, relève le jury des prix Ondas, qui seront remis le 14 décembre. Il montre également comment une nouvelle méthodologie est utilisée pour analyser les conflits armés, en combinant l’anthropologie sociale avec celle du contenu des réseaux sociaux et la cartographie numérique.» Crimes de guerre, avec les enquêteurs en Ukraine est visible sur le site de la RTS.

Un proche de Vladimir Poutine rejoint le géant russe de la tech Yandex

Un proche de Vladimir Poutine, Alexeï Koudrine, a annoncé lundi avoir rejoint le groupe Yandex, joyau russe des nouvelles technologies, au moment où le Kremlin renforce sa mainmise sur le secteur numérique en plein conflit en Ukraine.

«J'ai accepté une offre de Yandex pour devenir conseiller au développement d'entreprise», a déclaré cet ancien ministre des Finances sur Telegram, ajoutant qu'il aurait notamment pour mission d'«assurer le développement de la compagnie sur le long terme, sur tous les marchés, y compris à l'international».

Le secteur des nouvelles technologies russes a été fortement affecté par les sanctions occidentales adoptées contre la Russie après son offensive contre l'Ukraine et le Kremlin cherche à développer une stratégie pour remplacer les géants occidentaux et leurs produits. Alexeï Koudrine, 62 ans, a été ministre des Finances de 2000 à 2011. Il est resté proche de Vladimir Poutine après avoir quitté le gouvernement. Sa nomination à Yandex illustre l'importance que le Kremlin accorde à ce fleuron des nouvelles technologies en Russie, et son désir de mieux le contrôler.

Un tribunal sur l'intervention russe a de sérieux obstacles à surmonter, selon des experts

Kiev et l'Occident aimeraient un tribunal capable de mettre Vladimir Poutine sur le banc des accusés pour l'invasion de l'Ukraine. Des experts avertissent toutefois qu'une telle juridiction serait confrontée à de sérieux défis.

L'UE a proposé la semaine dernière de travailler à la création d'un «tribunal spécial» soutenu par l'ONU pour poursuivre en justice les crimes d'agression russes, une des étapes les plus concrètes à ce jour vers la mise en place d'une telle juridiction.

La mise en place même du tribunal nécessiterait la mobilisation d'un soutien mondial pour poursuivre en justice une guerre menée en Europe, une première source de défis. «Ils ne sont pas insurmontables, mais demanderont des efforts«, a déclaré Oona Hathaway, professeure de droit international à l'université de Yale. Cela dépendra «de la volonté politique des personnes impliquées», a-t-elle ajouté.

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L'Assemblée de l'ONU semble être la seule voie à un soutien onusien à la juridiction, puisque Moscou utiliserait son siège permanent pour opposer son veto à tout appui du Conseil de sécurité de l'ONU. Un important défi serait l'arrestation des suspects, le crime d'agression se limitant aux plus hauts responsables de la Russie. Moscou a affirmé en réponse à l'appel de l'UE qu'il ne reconnaitrait pas le tribunal, et qu'il n'aurait «aucune légitimité».

«A moins qu'il n'y ait un changement de régime en Russie, Poutine et d'autres responsables de très haut niveau devraient quitter la Russie pour être arrêtés dans un autre État et transférés (au tribunal)», a souligné à Cecily Rose, professeure adjointe de droit international public à l'université néerlandaise de Leyde.

L’armée ukrainienne veut poursuivre ses opérations offensives au cours de l’hiver

Les forces armées ukrainiennes n’ont pas l’intention de freiner leurs efforts offensifs durant l’hiver, indique un porte-parole de l’armée, cité par le think tank américain Institute for the Study of War (ISW) dans son rapport quotidien. Selon lui, le sol gelé permettant aux véhicules lourds d’avancer et l’armée ukrainienne préparent ces véhicules pour des opérations hivernales. Il ajoute que les mercenaires de Wagner et les soldats russes mobilisés sont moins bien préparés pour affronter les conditions difficiles qui s’annoncent. Ces déclarations contredisent les affirmations des services de renseignement américains, qui s’attendent plutôt à un ralentissement des opérations (lire ci-dessous). L’ISW juge la position de l’armée ukrainienne plus convaincante, notant qu’il est important pour l’Ukraine «de tirer parti des récents succès remportés sur le champ de bataille et d’empêcher les forces russes de reprendre l’initiative sur le champ de bataille». Les analystes militaires ajoutent également que par le passé les forces ukrainiennes ont démontré qu’elles étaient capables de lancer de nouvelles contre-offensives «relativement rapidement après l’aboutissement de l’effort précédent». De plus si la prochaine offensive devait se dérouler au printemps, celle-ci serait davantage entravée par la formation de boue qu’en plein hiver, comme cela a pu être le cas aux mois d’octobre et novembre, selon l’ISW.

Les combats vont continuer à un «rythme réduit» durant l’hiver, selon les renseignements américains

Les États-Unis s’attendent à ce que les combats en Ukraine se poursuivent au cours des prochains mois à «rythme réduit» , a déclaré Avril Haines, directrice du renseignement national, rapportent plusieurs médias anglo-saxons. «Nous constatons déjà une sorte de ralentissement du conflit… et nous nous attendons à ce que ce soit le cas dans les mois à venir», a-t-elle déclaré, ajoutant que rien n’indique pour autant que la résistance des forces ukrainiennes s’affaiblisse. Selon elle, les deux parties essaieraient de «se rééquiper, se réapprovisionner et se reconstituer» en vue d’une éventuelle contre-offensive au printemps.

Avril Haines a également expliqué que les services de renseignement américains pensent que le président russe Vladimir Poutine n’a pas une image complète de l’ampleur des difficultés rencontrées par son armée.

Volodymyr Zelensky: «nous devons tout faire pour supporter cet hiver, même s’il est très dur»

Avec l’arrivée des températures hivernales, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a lancé un appel à la «résilience» et à «l’unité» de la population. «L’ennemi espère vraiment se servir de l’hiver contre nous: faire du froid et des épreuves de l’hiver une partie de sa terreur», a-t-il déclaré dans son allocution vidéo quotidienne. Il a ajouté que les Ukrainiennes et Ukrainiens devraient «tout faire pour supporter cet hiver, même s’il est très dur», appelant à l’entraide au sein de la population. Il a par ailleurs concédé que l’armée russe avait «toujours des missiles» et conservait «l’avantage» au niveau de l’artillerie, «mais nous avons quelque chose que l’occupant n’a pas et n’aura pas. Nous défendons notre maison», a-t-il souligné.