Hong Kong

Une nuit de chaos condamnée par Carrie Lam

Les autorités hongkongaises ont interdit vendredi le port du masque lors des manifestations. Cette mesure, destinée à mettre fin à quatre mois d'une contestation sans précédent, a au contraire mis le feu aux poudres

Hong Kong était partiellement à l'arrêt samedi avec la fermeture du métro et de dizaines de commerces suite à une nuit de violences entre manifestants pro-démocratie et policiers. Ces nouvelles manifestations ont éclaté à la suite de l'interdiction par les autorités du port du masque lors des rassemblements.

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Le cheffe de l'exécutif Carrie Lam a fermement condamné ces événements: «Les actes extrêmes commis par les émeutiers sont à l'origine d'une nuit très sombre pour Hong Kong et la société hongkongaise est à moitié paralysée aujourd'hui. Tout le monde est très inquiet voire même effrayé», a-t-elle déclaré dans un message vidéo.

«Une violence extrêmement terrifiante s'est abattue dans tous les quartiers de Hong Kong», a ajouté la cheffe de l'exécutif, qualifiant de «choquantes», les actions commises par «des émeutiers masqués».

Dispositions d'urgence

Les autorités hongkongaises ont invoqué des dispositions d'urgence datant de 1922, auxquelles il n'avait plus été recouru ces 52 dernières années, pour interdire vendredi le port du masque lors des manifestations.

Cette mesure, destinée à mettre fin à quatre mois d'une contestation sans précédent, a au contraire mis le feu aux poudres. A peine quelques heures après son annonce, des actions de protestation ont éclaté un peu partout dans l'ex-colonie britannique.

Dans la soirée, de violents heurts se sont produits entre police et manifestants qui ont envahi des rues, allumé des feux et vandalisé des stations de métro (toutes les lignes ont été arrêtées) et des établissements commerciaux prochinois.

Un policier ouvre le feu

Dans l'arrondissement de Yuen Long, un policier a ouvert le feu lorsque sa voiture a été encerclée par la foule et qu'un cocktail Molotov a explosé à ses pieds, d'après des témoins de la scène. La police a expliqué que le policier a tiré une balle dans le cadre de la légitime défense.

Dans le même quartier, un garçon de 14 ans a été blessé par balle, a rapporté le quotidien South China Morning Post citant une source médicale, sans pouvoir faire de lien entre les deux événements.

Après la vandalisation de stations de métro, l'opérateur public MTR a annoncé samedi que le trafic était suspendu sur tout le réseau, précisant que la situation serait réexaminée dans la journée.

Certains centres commerciaux et supermarchés sont fermés tout comme de nombreuses banques chinoises, dont les façades ont été couvertes de tags. La police a envoyé des messages, demandant à la population d'éviter les manifestations au cours des trois prochains jours, lundi étant férié à Hong Kong.

Grave crise

Hong Kong traverse depuis juin sa pire crise politique depuis sa rétrocession à Pékin en 1997, avec des actions quasi quotidiennes et des affrontements de plus en plus violents entre forces de l'ordre et protestataires masqués.

Carrie Lam a précisé que l'interdiction du masque dans les rassemblements, punie de jusqu'à un an de prison pour les contrevenants, ne signifiait pas que l'état d'urgence avait été décrété dans ce territoire semi-autonome.

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Les autorités centrales chinoises ont jugé «extrêmement nécessaire» cette mesure car «le chaos actuel à Hong Kong ne peut pas continuer indéfiniment», a déclaré le porte-parole du Bureau chargé, au sein du gouvernement chinois, des affaires de Hong Kong et de Macao, Yang Guang.

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