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FILE PHOTO: Nicolas Hulot, French Minister for the Ecological and Inclusive Transition looks over towards French President Emmanuel Macron as they visit the Cap Frehel peninsula in northern Brittany, France, June 20, 2018. REUTERS/Stephane Mahe…
© REUTERS / STEPHANE MAHE

France

Une pierre dans le jardin d’Emmanuel Macron

En pointant du doigt l’absence de «vision» de la politique de transition écologique en France, Nicolas Hulot porte un rude coup au «nouveau monde»

Nicolas Hulot peut être «fier» de son bilan. C’est un communiqué de l’Elysée qui l’a affirmé mardi matin. «En 15 mois, ce gouvernement a fait plus qu’aucun autre sur ce sujet», a commenté dans l’après-midi Emmanuel Macron, en visite au Danemark.

«Fier», le ministre démissionnaire de la Transition écologique et solidaire l’était beaucoup moins au micro de France Inter où il a annoncé son départ. Il s’est en effet livré à un quasi-réquisitoire, assurant que c’est «toute la société» qui est responsable des échecs de la transition écologique, mais visant bien le premier ministre, Edouard Philippe, et le président de la République, Emmanuel Macron.

Certes, depuis sa nomination en mai 2017, Nicolas Hulot a enregistré quelques succès: l’abandon du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes; la fin de la recherche d’hydrocarbures; le raccourcissement à cinq ans (au lieu de 15) du délai pour interdire le glyphosate.

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Uniquement des «petits pas»

Mais ce ne sont, dit-il lui-même, que des «petits pas» auxquels il a souhaité cesser de «se résigner», en dressant l’anaphore des échecs: «Avons-nous commencé à réduire les émissions de gaz à effet de serre? La réponse est non. A réduire l’utilisation de pesticides? La réponse est non. A enrayer l’érosion de la biodiversité? La réponse est non.»

Il n’a pas non plus réussi à avancer vers la fin du nucléaire, annoncée depuis le quinquennat de François Hollande. Il souhaitait la fermeture de 17 réacteurs, dont la liste (Fessenheim excepté) n’a jamais été établie. Il était hostile au traité de libre-échange avec le Canada (CETA), qui a tout de même été signé. Le gouvernement a annoncé l’isolation thermique de 500 000 logements mais, constate-t-il, les crédits pour le faire ont été réduits de moitié. Il a aussi attendu en vain la taxe sur les transactions financières et vu le retour en force des chasseurs quand il réclamait la réintroduction de l’ours et du loup.

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Une autre grille de lecture que celle du président

Implicitement, il accuse le président de double langage, allant jusqu’à utiliser le mot «mystification». Des grands discours, oui. De bonnes intentions, certes. Mais ni les moyens ni même la volonté, selon lui, n’ont été au rendez-vous: «Nous n’avions pas la même grille de lecture», analyse-t-il. Et surtout pas une volonté collective: «Je suis tout seul à la manœuvre», répète-t-il, alors qu’il aurait souhaité que la transition écologique soit prioritaire pour tous les ministères et devienne même le fil conducteur de l’action gouvernementale.

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Au-delà, Nicolas Hulot met en cause «l’équation impossible des critères budgétaires de Maastricht» et «le modèle économique marchand, cause de tous ces désordres». Des jugements que pourraient applaudir Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Sur ce point, la différence de «grille de lecture» entre le ministre écologiste et le président libéral était écrite dès le premier jour. Mais Nicolas Hulot le dit crûment: pour Emmanuel Macron, la transition écologique, au-delà des éléments de langage, n’était (n’est?) pas à l’ordre du jour, et il n’y a sur le sujet ni «vision», ni «but», ni «chemin». Une rude accusation pour le nouveau monde vanté par le président de la République.

Notre commentaire: Nicolas Hulot, l’accident climatique de la présidence Macron

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