Après trois nuits de manifestations, la policière qui a abattu un jeune homme noir près de Minneapolis a été inculpée, mercredi. Kim Potter, inculpée d'«homicide involontaire», a été incarcérée mercredi puis remise en liberté en fin d'après-midi, contre le versement d'une caution qui avait été fixée à 100 000 dollars.

Elle sera présentée à un juge jeudi pour une audience préliminaire, selon des médias locaux. La policière blanche de 48 ans risque jusqu'à 10 ans de prison, si elle est condamnée.

Lire aussi: A Minneapolis, une nouvelle bavure policière et «l’impression que l’histoire se répète»

La famille de Daunte Wright a pris acte des poursuites engagées à l'encontre de la policière, mais a critiqué ses justifications: «Une agente avec 26 ans d'expérience sait faire la différence entre un Taser et une arme à feu», a écrit leur avocat Ben Crump dans un communiqué.

«On va continuer à se battre afin d'obtenir justice pour Daunte, sa famille et toutes les personnes de couleur marginalisées. Nous ne nous arrêterons pas tant que nous n'aurons pas obtenu de réelles réformes de la police et de la justice.»

Une erreur entre son arme de service et le Taser

Kim Potter a ouvert le feu dimanche sur Daunte Wright, un Afro-Américain de 20 ans, lors d'un banal contrôle routier à Brooklyn Center, dans la banlieue de Minneapolis. Elle a assuré ensuite avoir confondu son arme de service avec son pistolet électrique Taser.

«Nous avons l'intention de prouver que l'agente Potter a négligé sa responsabilité de protection du public quand elle a utilisé son arme de service plutôt que son Taser», ont commenté les services du procureur Peter Orput.

Des manifestations chaque soir

Le drame a ravivé les tensions à Minneapolis où se déroule actuellement le procès du policier blanc Derek Chauvin, jugé pour le meurtre de l'Afro-Américain George Floyd.

Lire encore: L'affaire Floyd devient le «procès de l'Amérique»

Soucieux d'éviter un nouvel embrasement à Minneapolis, où plusieurs commerces et un commissariat avaient brûlé fin mai, les autorités avaient décrété dès dimanche soir un couvre-feu et appelé des renforts de la garde nationale. Malgré ce dispositif, des affrontements entre les forces de l'ordre et des manifestants ont eu lieu chaque nuit depuis dimanche.

Sans se prononcer sur ce dossier, la Maison Blanche a estimé que «les forces de l'ordre faisaient trop souvent usage d'une force pas nécessaire et que cela conduisait trop souvent à la mort d'Afro-Américains» et reconnu «le besoin de réformes».

Pour poursuivre la lecture: Joe Biden se heurte au casse-tête des armes à feu