C’est une première mondiale. Pour la première fois, un membre des services de renseignement syriens a été condamné pour complicité de crimes contre l’humanité. Le Tribunal de grande instance de Coblence, en Allemagne, a condamné ce mercredi Eyad al-Gharib à 4 années et demie de prison pour avoir arrêté et battu une trentaine de manifestants au régime de Bachar el-Assad et pour les avoir transférés à la prison Al-Khatib, près de Damas, à l’automne 2011. Tristement connue comme centre de torture du régime syrien, cette prison a donné son nom au procès actuel.

Membre des services de renseignement syriens depuis 1996, Eyad al-Gharib a été arrêté en 2018, près de Coblence, où il avait demandé l’asile politique après avoir déserté et fui son pays en 2012. Durant les dix mois qu’a duré son procès, il est resté silencieux mais a adressé une lettre aux victimes dans laquelle il a présenté des excuses. Dans une déposition antérieure à la police, cet homme de seconde main avait fourni des informations sur son coaccusé et ancien patron, Anwar Raslan. Ce dernier est de loin la personnalité la plus importante de ce procès. Ancien colonel, il a dirigé cette fameuse prison Al-Khatib et est accusé de crimes contre l’humanité pour avoir torturé plus de 4000 prisonniers, tué 58 personnes et commis des actes de violences sexuelles. Pas de verdict pour lui ce mercredi. Son procès se poursuit jusqu’à l’automne.