«Nous adopterons une réforme diminuant les coûts, encourageant la liberté de choix et octroyant une couverture santé sur laquelle tous les Américains pourront compter. Et nous le ferons cette année», a dit M. Obama lors d’une conférence de presse.

Le président des Etats-Unis a entrepris un vaste effort pour réformer un système de santé parmi les plus chers et les moins performants des pays industrialisés. Il s’agit d’offrir une couverture médicale aux quelque 46 millions d’Américains qui en sont dépourvus et de réduire des déficits publics record. Ce projet, grande promesse de sa campagne électorale, se heurte non seulement à l’opposition farouche de ses adversaires républicains, mais aussi aux fortes réticences des plus conservateurs de ses amis démocrates, inquiets de son coût alors que le déficit fédéral vient de dépasser les 1000 milliards de dollars.

Barack Obama joue gros. L’ancien président Bill Clinton s’est cassé les dents sur un tel projet et l’a payé cher politiquement.

Et en même temps que les résistances à la réforme se renforçaient, M. Obama a vu poindre dans les sondages les premiers signes de doutes des Américains devant son action.

Les deux chambres du Congrès s’échinent actuellement sur des textes et se divisent sur le financement de la réforme. Pour compliquer les affaires de M. Obama, il leur a imparti de voter sur les versions initiales de ces textes avant leurs vacances d’août. Une échéance qui semble de plus en plus incertaine.

Mercredi, M. Obama a une nouvelle fois stigmatisé un système dans lequel les traites d’assurance maladie ne cessent d’augmenter pour des prestations de plus en plus médiocres, où de plus en plus de familles doivent renoncer à toute couverture tandis que les compagnies d’assurance s’enrichissent. Il a cité le cas d’une femme du Colorado qui payait son assurance 700 dollars par mois avant de découvrir qu’elle ne prendrait pas en charge le traitement de son cancer.

Devant les résistances rencontrées, il a fait preuve de souplesse. Il a laissé entendre qu’il préférait signer une loi qui lui convienne, quitte à attendre un peu après l’échéance d’août qu’il a fixée. Il s’est montré ouvert à l’une des idées des démocrates consistant en une surtaxe sur les plus riches pour payer la réforme. Il a beaucoup insisté sur son refus que la réforme ne vide davantage les caisses de l’Etat: «La dette et le déficit sont des sujets de profonde préoccupation pour moi», a-t-il assuré. «La réforme de la santé n’augmentera pas le déficit. Elle est conçue pour le diminuer». Si le déficit est ce qu’il est aujourd’hui, c’est parce que son prédécesseur lui a laissé un trou de 1300 milliards de dollars dans la caisse, a-t-il dit.

Il a défendu son action économique, celle-là même dont les Américains semblent commencer à douter, même si M. Obama lui-même reste très populaire. Il a défendu son gigantesque plan de relance économique, ses mesures de stabilisation du système financier et les mesures de régulation des activités financière tout en déplorant à nouveau que Wall Street n’ait pas semblé retenir la leçon de la crise. Et, alors que le chômage menace de dépasser 10% à la fin de l’année, il a prévenu: «Les embauches sont toujours l’une des dernières choses à repartir après une récession».