L’essentiel

L’Allemagne est officiellement en récession, avec une deuxième baisse du PIB: il a fléchi de 2,2% au premier trimestre.

En Suisse, les autorités ont fait état d'une hausse très modérée de la mobilité (transports publics ou route) depuis le début du déconfinement, lundi.

La rentrée scolaire au primaire semble s'être bien déroulée, indiquent des enseignants.

En France, un enfant est décédé d’une forme proche de la maladie de Kawasaki. L'OMS a indiqué étudier un possible lien entre le Covid-19 et cette maladie.

Retrouvez les nouvelles de jeudi.


■ Un dernier instantané: à Vienne

Dans la capitale autrichienne, les restaurants ont rouvert ce jour, sous strictes conditions. Une seconde dans la vie du Café Prueckel.


■ Il est temps de se dire...

Ce suivi en continu de ce vendredi 15 mai était le dernier. Après des balbutiements début février, «Le Temps» vous a proposé un journal de crise pendant 79 jours, 7 jours sur 7. Pour l'anecdote, en estimation basse, cela représente plus de 1400 notules d'actualité – comme ce petit texte –, y compris en images grâce aux agences, et plus de 2 millions de signes.

Nous avons tenté de vous proposer un suivi pertinent, sélectif et vivant. Votre attention à ces propositions quotidiennes nous laisse penser que nous n'avons pas été loin de vos attentes.

Pour les plus accros, les futur(e)s confinostalgiques, ou ceux qu'une date intéresserait, vous pouvez retrouver tous nos «fils» d'actualité.

Et bien sûr, nos principaux articles sur le virus et ses conséquences se trouvent sur cette page.

(Re)plongez dans «Message viral», notre podcast des temps de retranchement.


■ Ce qui va changer, lundi 18, pour les Italiens

La nouvelle phase de déconfinement a été précisée en Italie, elle commencera lundi prochain, 18 mai. Le Corriere della Sera donne une liste des nouveautés, en voici quelques unes.

Presque plus d'auto-certification. Les Italiens n'auront plus besoin de remplir et signer le document pour se déplacer, sauf s'il s'agit de passer d'une région à l'autre. Dans ce cas, il faudra pouvoir déclarer l'un des quatre motifs, «travail, santé, nécessité ou urgence».

Rassemblements à l'intérieur. La limite du nombre de personnes est levée, mais il est précisé que les distances doivent être maintenues.

Restaurants. Les dispositions ressemblent à celles d'autres pays, dont la Suisse: limite de l'accueil selon le nombre de personnes et la surface de 4m² par personne. Distance de chaque table d'au moins deux mètres. Pas de buffet, pas de carte.

Commerces. Le liquide désinfectant doit être présent partout, y compris vers les terminaux de paiement. Règles strictes pour les commerces de mode. Extension des horaires.

Supermarchés. Division par deux des places dans les parkings. Ascenseurs limités aux personnes handicapées.


■ A Kreuzlingen, la fin d'un mur de fer

Après des semaines de séparation, couples et proches transfrontaliers de Kreuzlingen (TG) et de Constance (D) pourront à nouveau se rencontrer. La Suisse et l'Allemagne ont décidé de démonter le «grillage de la honte» installé le long de la frontière, raconte l'ATS. Depuis la mi-mars, proches, amis et couples transfrontaliers s'y rencontraient pour passer du temps ensemble, séparés par les deux haies distantes de deux mètres. Les images déchirantes avaient fait le tour du monde.

L'Allemagne avait fermé sa frontière le 16 mars en raison de la pandémie de coronavirus. Elle avait alors installé un premier grillage traversant le parc situé à cheval sur la frontière, au bord du lac de Constance.

Les autorités suisses avaient suivi le 3 avril avec un second grillage installé, afin de garantir une distance de deux mètres entre les personnes qui s'y rencontraient d'un côté et de l'autre de la frontière.

Le démontage de la double haie grillagée a commencé vendredi soir, suite à la décision prise dans l'après-midi par vidéoconférence, indique la Chancellerie d'Etat thurgovienne.


■ Une ville portugaise veut tester toute sa population

La commune portugaise de Cascais, station balnéaire et banlieue cossue de l'ouest de Lisbonne, a annoncé vendredi qu'elle allait proposer des tests gratuits de dépistage au nouveau coronavirus à ses quelque 214 000 habitants.

La municipalité, très dépendante du tourisme, espère notamment «redonner confiance» aux visiteurs étrangers afin de relancer l'économie de cette région, a explique le maire, Carlos Carreiras, lors de la présentation de cette initiative. La commune de Cascais deviendra ainsi «une des premières au plan mondiale à tester toute sa population».

Cette vaste opération, qui débutera mercredi prochain, se fera sur la base du volontariat auprès de 18 laboratoires appartenant à deux sociétés privées.

Au rythme de quelque 20 000 tests par mois et au prix de 5 euros par analyse, elle sera conclue dans une dizaine de mois environ et elle coûtera un peu plus d'un million d'euros, un budget financé par la municipalité et par une contribution de 150 000 euros apportée par une fondation privée.


■ Cinq vaccins testés sur l'homme en Chine

La Chine compte cinq vaccins expérimentaux anti-Covid-19 actuellement testés sur l'homme, et peut-être bientôt davantage. Le gouvernement encourage instituts publics et compagnies privées à accélérer leurs recherches.

«Dans l'ensemble, les progrès vont bon train», grâce à une bonne coopération entre services de santé, hôpitaux et instituts de recherche, s'est félicité ce vendredi Zeng Yixin, un vice-ministre de la Santé. Ajoutant que «2575 volontaires au total ont été vaccinés dans le cadre des différents projets» et «aucun effet indésirable majeur n'a été rapporté».

Il n'a pas évoqué de date de commercialisation d'un éventuel vaccin, estimant toutefois que la «phase 2» de tous les essais cliniques actuellement en cours sera terminée d'ici juillet. C'est la deuxième des trois étapes des tests sur l'homme à valider avant toute commercialisation.


■ L'Espagne commence à prendre la température des voyageurs

L'Espagne a commencé vendredi à contrôler les étrangers arrivant dans ses aéroports, prenant leur température et leur enjoignant d'observer une quarantaine de 14 jours pour éviter une résurgence du coronavirus.

C'est le résultat d'une décision du gouvernement – la quarantaine – qui a provoqué un fort débat dans le pays, l'industrie touristique criant à sa mise en péril.

Il s'agit essentiellement de voyageurs professionnels, les vols restent de facto interdit aux touristes. Les entrants ne pourront sortir de leur logement que pour des achats de première nécessité et en portant un masque.

Une vidéo diffusée par le gouvernement montre comment à l'aéroport de Madrid-Barajas on prend la température des arrivants et on leur fait remplir un formulaire.

Le ministre de l'Intérieur Fernando Grande-Marlaska a expliqué à la radio qu'on leur demande «où ils vont se loger, chez eux ou à l'hôtel, et un numéro de téléphone pour pouvoir les localiser».

L'Irlande aussi. Ce vendredi soir, l'Irlande annonce qu'elle va imposer 14 jours de quarantaine aux voyageurs arrivant de l'étranger, dans le cadre du déconfinement progressif prévu pour commencer lundi.

«Quiconque arrive dans nos ports et aéroports devra se mettre en quarantaine pour 14 jours», a déclaré le premier ministre Leo Varadkar lors d'une conférence de presse. Il a ajouté:

Cela s'appliquera aux personnes en provenance de Grande-Bretagne


■ Peu d'absentéisme dans les écoles

Après avoir consulté quelques professionnels, l'agence ATS relève que peu d'enfants ont manqué la reprise des écoles cette semaine en Suisse.

«Nous n'avons pas encore les chiffres pour chaque canton. Mais très peu d'enfants sont restés à la maison sans avoir de certificat médical», indique le président du Syndicat des enseignants romands (SER), Samuel Rohrbach. Le président de l'association des directeurs d'écoles de Suisse, Thomas Minder, parle lui de «cas individuels, plutôt que d'un phénomène étendu».

Selon le chef du Service de l'enseignement du canton du Valais Jean-Philippe Lonfat, cité ce vendredi par Le Nouvelliste, seuls 25 enfants sur 28 362, soit moins de 0,1%, sont restés à la maison sans certificat médical.

«C'est réjouissant», estime Gregory Durand, président de la Société pédagogique vaudoise (SPV). Cela «montre bien que les parents ont confiance dans l'école et dans les mesures mises en place par les directions, les communes et surtout par les enseignants», qui ont «beaucoup travaillé pour aménager leurs classes», ajoute-t-il.


■ A New York, le confinement jusqu'au 13 juin au moins

Le gouverneur de l'Etat de New York a prolongé jusqu'au 13 juin le décret de confinement qui expirait ce vendredi, mettant fin à une longue incertitude quant à la suite (lire plus bas).

Le décret signé jeudi soir (relayé ce vendredi après-midi heure suisse) par le gouverneur Andrew Cuomo prolonge le confinement pour la ville de New York et ses environs, très touchés par l'épidémie de nouveau coronavirus. La capitale économique américaine a recensé plus de 20 000 morts du Covid-19.

Cinq régions moins peuplées de l'Etat pourront elles en revanche relancer progressivement certaines activités économiques.

Le témoignage de notre correspondante (il y a un mois: les chiffres ont changé, les proportions demeurent comparables, les mesures sont toujours en vigueur):


■ Un instantané: à Skopje

Polémique religio-sanitaire en Macédoine du Nord: la communauté islamique a tenu à rouvrir les mosquées – ici l'une d'elles à Skopje, pour la prière du ramadan ce vendredi –, contre l'avis des autorités, qui voulaient prolonger les restrictions.


■ Les couples ou les familles peuvent se réunir par-dessus les frontières

A partir de samedi, le régime frontalier entre la Suisse, l'Allemagne et l'Autriche sera assoupli. Les couples transfrontaliers, les personnes qui souhaitent rendre visite à leur famille au sens large comme celles qui ont une résidence secondaire dans le pays voisin peuvent traverser la frontière, a précisé ce vendredi Mario Gattiker, secrétaire d'État aux migrations, lors du point de presse du jour (lire aussi plus bas).

Le Conseil fédéral permet aussi de changer de pays pour assister à un mariage ou à des funérailles. Dès samedi, les propriétaires d'un lotissement pourront également se rendre dans le pays voisin pour accomplir des travaux agricoles ou prendre soin d'animaux.

Ces règles ne s'appliquent pas encore à la France: la situation dans l'Hexagone reste malgré tout différente, en raison notamment des restrictions de déplacements à l'intérieur même du pays. Mais il est également prévu d'ouvrir progressivement les frontières avec ce pays d'ici à la mi-juin.


■ Une grève pour le climat par 4m²

Ce vendredi 15 mai devant avoir lieu une ambitieuse grève pour le climat dans le pays. La crise sanitaire a évidemment chamboulé les plans des militants, mais certains ont tenu à marquer le coup (lire la dépêche complète).

A Genève, le collectif genevois pour la grève du 15 mai a organisé une action au centre-ville. Une trentaine de personnes se sont rassemblées sur un ponton amarré au pont de la Machine, et ont transmis des messages au moyen de pancartes.

«Nos vies, leurs profits», «le climat n'attend pas», «changeons de système» étaient les slogans que l'on pouvait lire. La police est intervenue. Les manifestants ont quitté les lieux dans le calme. Initialement le collectif voulait organiser une action sur la plaine de Plainpalais, mais sa demande a été refusée par les autorités.

Par ailleurs, Unia a manifesté à Cointrin, dénonçant des licenciements injustifiés dans les sociétés qui opèrent à l'aéroport.

A Lausanne à 11h59, une action «alarme climatique» a eu lieu sur la place de la Riponne puis sur la passerelle au-dessus de la place de l'Europe. Une trentaine de jeunes activistes ont participé à ces deux mini-rassemblements.

Le premier s'est déroulé sur les escaliers du palais de Rumine avec 21 personnes à deux mètres de distance des unes et des autres, portant chacune une lettre sur un grand carton, avec pour slogans: «Le climat n'attend pas» d'un côté et «Changeons de système» de l'autre.

Le groupe s'est ensuite dirigé vers le Grand-Pont, avec ces mêmes deux slogans. Là, légèrement plus regroupé, il a fait l'objet de l'intervention de la police qui a procédé à des contrôles d'identité.

Vers 18h00, une manifestation à vélo est prévue au centre-ville.

A Neuchâtel, les participants ont répondu à l'invitation d'utiliser des casseroles ou des instruments, de monter le son de la musique ou de chanter et crier des slogans. Ils se sont aussi tenus sur leur balcon parfois ou ont ouvert grand les fenêtres pour faire du bruit.

A Fribourg, le mouvement de la Grève du Climat a mené dès vendredi matin une action symbolique. Les militants ont déposé et accroché une centaine de pancartes et une dizaine de banderoles évoquant leurs revendications sur l'emblématique place Georges-Python et sur celle de l’Hôtel de Ville.

Des actions ont eu lieu en Suisse alémanique, comme Bâle où une banque a été prise à partie.

A Zurich, l'appel à faire du bruit depuis sa fenêtre juste avant midi a été suivi dans plusieurs quartiers de la ville. Des personnes sont aussi sorties de chez elles pour alimenter le vacarme. D'autres ont chanté des slogans depuis leur balcon


■ Les assurances doivent tenir compte du critère de pandémie

GastroSuisse, la faîtière du secteur, exulte. Dans un rapport d’expertise publié ce vendredi, l'ombudsman de l'assurance privée Walter Fellmann estime que les assurances épidémie doivent prendre en charge les dommages imputables au coronavirus.

Après la fermeture des établissements de restauration, les sociétés comme la Bâloise Assurances, Esurance et la Mobilière se sont déclarées prêtes à prendre à leur charge les dommages provoqués par le coronavirus, évalue la faîtière dans son communiqué. Helvetia a également soumis une proposition «substantielle» à ses assurés.

Cependant, AXA, Generali et TSM en particulier voulaient, il y a peu encore, se soustraire à leur obligation de prise en charge, accuse l'organisation.


■ Le point de situation des autorités fédérales: la reprise de la mobilité est lente

La conférence de presse de l'Office fédéral de la santé publique, l'OFSP, et autres instances, a eu lieu de 14h à 15h15.

Restaurants. Daniel Koch, responsable de l'OFSP pour le Covid-19, veut apporter une précision à propos de la demande, «non obligatoire», du dépôt de données quand on va au restaurant. Cette exigence, à l'origine, a provoqué une vive polémique et a poussé le Conseil fédéral à faire marche arrière.

Il y a juste une semaine: Restauration: le traçage sanitaire des clients sera facultatif

Selon Daniel Koch, la démarche porte sur la sécurité des employés en même temps que pour le traçage. «Si un serveur tombe malade, il est alors possible de savoir avec qui il a été en contact», explique le responsable.

CFF. Vincent Ducrot, patron des CFF, indique que la compagnie enregistre «une nette hausse de la fréquentation dans les lignes d'agglomérations». Les déplacements entre villes ou plus demeurent limités. «Dans l'ensemble, la mobilité a peu repris, en voiture aussi. Pour une raison simple, les grandes entreprises poursuivent le télétravail.»

S'agissant des jours fériés à venir, ascension et Pentecôte, les CFF s'attendent à une affluence «plus basse», et assurent que «l'offre sera à niveau». De manière générale, «nous retrouverons une situation normale dans quelques semaines».

Crédits aux entreprises. Environ 123 000 entreprises en grande difficulté à cause du coronavirus ont déjà pu obtenir rapidement des liquidités grâce aux crédits prévus par la Confédération. Selon le chef de la Direction de la Promotion économique du Secrétariat d'Etat à l'économie, Erik Jakob, il y aurait jusqu'ici 36 abus potentiels. Et ce sans compter les cas liquidés directement par les banques, a-t-il précisé devant la presse, propos que résume l'ATS.

Le total des montants crédits s'élève à 14,6 milliards de francs. Le montant moyen des crédits accordés est de 110 000 francs. Par ailleurs, environ 440 entreprises ont déposé une demande pour un montant de plus d'un demi-million de francs.

Jass. Le 16 mars, lors de la proclamation de la «situation extraordinaire», la présidente de la Confédération Simonetta Sommaruga avait illustré l’ampleur des mesures restrictives ainsi: «Cela veut dire par exemple que les groupes de jass dans les bistrot, c’est fini dès à présent.»

Interrogé à ce sujet, après un malentendu sur «Jadg» (la chasse) et «jass», Daniel Koch rassure: «Pour peu que le groupe soit de quatre, et je ne connais pas de jass à huit, c’est désormais possible.»


■ Des millions d’opérations chirurgicales n’ont pas pu avoir lieu

Quelque 28,4 millions d’opérations chirurgicales programmées seraient annulées ou repoussées dans le monde en raison de l’épidémie, avance une étude du groupe de chirurgiens «CovidSurg Collaborative».

Ce chiffre se base «sur un pic de douze semaines d’interruption de l’activité hospitalière», indique dans un communiqué le CHU de Rennes, chargé de coordonner en France deux études de cohorte internationales. Ces reports ont pour conséquence de conduire «les patients à attendre plus longtemps que prévu la solution à leur problématique de santé».

Cette étude internationale de modélisation a été menée par des scientifiques de l’université de Birmingham et publiée dans le British Journal of Surgery. Les chercheurs ont collecté des informations auprès de chirurgiens de 359 hôpitaux et 71 pays. Selon ces données, qui ont ensuite été modélisées pour estimer les totaux d’annulation de 190 pays, «chaque nouvelle semaine d’interruption des services hospitaliers entraînerait 2,4 millions de nouvelles annulations».


■ 51 nouveaux cas en 24 heures

L’Office fédéral de la santé publique (OFSP) annonce 51 nouveaux cas de coronavirus en un jour. Les chiffres du jour se basent sur les déclarations que l’OFSP a reçues jusqu’à vendredi matin (lire plus bas, à propos de statistiques).

Au total, le pays compte 30 514 cas confirmés et 1595 décès en lien avec la maladie.

Rappelons les précédentes annonces de nouveaux cas (par 24 heures):

  • Jeudi: 50.
  • Mercredi: 33.
  • Mardi: 36.
  • Lundi: 39.
  • Dimanche: 54.
  • Samedi: 44.

■ Un instantané: à Madrid

Cette dame en costume traditionnel veut marquer, malgré les mesures de rigueur, la 15 mai, fête des saints patrons de Madrid.


■ La querelle des chiffres s’affine, mais ne se règle pas

Le débat sur les bilans nationaux des victimes du Covid-19 ne s’apaise pas. Dans ce contexte, l’agence AFP compile quelques chiffres de surmortalité qui mettent en cause, en partie tout au moins, les décomptes par pays.

Italie. Entre le 20 février et le 31 mars, 12 428 personnes sont officiellement mortes du Covid-19. Mais sur la même période, les autorités ont constaté 25 354 décès de plus que la moyenne des cinq années précédentes.

Etats-Unis. Là, la différence est encore plus marquée: sur les données du mois de mars, une période où le pays était encore relativement épargné, l’écart entre les morts officiels du Covid (1890) et la surmortalité (6000) va du simple au triple.

Allemagne. Le pays a déclaré 2218 victimes du virus, et enregistre 3706 décès supplémentaires pour cette même période.

France. C’est à ce stade l’exception: entre le 1er mars et le 27 avril, le bilan «Covid» (23 291) est très proche de la surmortalité enregistrée par rapport à 2019 (24 116).

Suisse. Le pays accuse aussi une différence de nombres, qu’a relevée la RTS, même si les chiffres globaux manquent encore. Mais ce vendredi, justement, l’Office fédéral de la statistique publie des premiers chiffres de surmortalité pour les grands cantons. Il écrit: «Les chiffres révèlent que la surmortalité, constatée au niveau suisse à partir du 16 mars, suit une évolution différente dans chaque canton, aussi bien dans le temps que par son ampleur: dans les cantons où l’épidémie causée par le SARS-CoV-2 s’était déjà largement répandue avant le 16 mars, la surmortalité affiche une plus grande ampleur et s’étend sur une plus longue période que dans les autres cantons.» Les cantons en question sont les romands et le Tessin.

Des nuances. L’AFP cite plusieurs experts qui nuancent les interprétations de ces écarts.

Ainsi, les autorités sanitaires et statistiques italiennes estiment que la surmortalité peut concerner des patients Covid non décelés, mais aussi des malades décédés en raison de la saturation du système hospitalier.

En France, Michel Guillot, directeur de recherche à l’Institut national d’études démographiques, précise: «Cet excès de mortalité est dû à la crise dans sa globalité. Il peut y avoir des effets indirects comme une augmentation des autres causes de décès parce qu’on sait que les gens sont moins allés se soigner.»

Le directeur du Centre d’urgences sanitaires du ministère espagnol de la Santé, Fernando Simon, apporte une conclusion, temporaire: «Ce sont des augmentations statistiques qui doivent ensuite être associées à une cause et nous ne pouvons pas dire à quoi sont dues ces hausses.»


■ Un décès probablement dû à la maladie de Kawasaki en France

Un enfant de 9 ans, atteint des symptômes d’une forme proche de la maladie de Kawasaki décrite chez de jeunes patients ayant été en contact avec le coronavirus, est mort, premier décès de ce type en France, a-t-on appris vendredi auprès de son médecin.

L’enfant, décédé d’une «atteinte neurologique liée à un arrêt cardiaque», avait «une sérologie montrant qu’il avait été en contact» avec le coronavirus, mais n’avait pas développé les syndromes du Covid-19, a précisé le professeur Fabrice Michel, chef du service de réanimation pédiatrique de La Timone à Marseille, confirmant une information de La Provence (article payant).

La maladie de Kawasaki, ont rappelé récemment les agences, touche les enfants et entraîne une inflammation des vaisseaux sanguins (éruptions cutanées, ganglions, conjonctivite, problèmes cardiaques dans les formes graves…).


■ L’Allemagne est en récession

L’Allemagne a subi un recul de 2,2% de son produit intérieur brut (PIB) au premier trimestre, entrant officiellement en récession, a annoncé vendredi l’office fédéral des statistiques, Destatis.

L’économie allemande connaît son «pire résultat depuis la crise économique» de 2008/2009, et «son deuxième plus mauvais depuis la Réunification» en 1990, indique l’institut, alors même que les mesures de restrictions visant à endiguer la pandémie, au prix d’un fort impact sur l’activité, ont débuté mi-mars, en fin de trimestre.

«Ce n’est qu’un début», affirme l’économiste Carsten Brzeski de la banque ING, cité par l’AFP, puisque la pandémie devrait affecter bien plus violemment le deuxième trimestre.

L’économie allemande entre d’ores et déjà en récession technique, soit deux trimestres consécutifs de contraction du PIB. Destatis, qui avait initialement estimé que sa production avait stagné au dernier trimestre 2019, estime désormais qu’elle a reculé de 0,1% – ce qui n’est pas tout à fait évident sur ses propres graphiques, comme celui indiqué par le tweet, mais les nuances sont minimes.


■ En Slovénie, c’est presque fini

La Slovénie proclame la fin de l’épidémie de Covid-19 sur son territoire. «Aujourd’hui la Slovénie a la meilleure situation clinique en Europe, ce qui nous permet de mettre fin à l’état épidémique», déclaré le 12 mars dans le pays, a affirmé jeudi soir le premier ministre Janez Jansa.

Les frontières du pays vont être rouvertes à tous les citoyens de l’Union européenne, les autres devant observer une quarantaine. Certaines restrictions restent en vigueur, comme l’interdiction des rassemblements publics, le port du masque et le respect des règles de distanciation sociale.

Le pays de deux millions d’habitants, frontalier de l’Italie, de la Croatie et de l’Autriche, a enregistré au total 103 décès et 1500 cas de coronavirus, avec peu de nouvelles infections ces derniers jours.


■ Un instantané: au Vatican

Alors que certains évêques, dont celui de Bâle, demandent à pouvoir célébrer l’ascension, des équipes traitent les espaces de la Basilique Saint-Pierre. Elle rouvre aux touristes lundi.


■ Le yoyo des bourses repart vers le haut

Ce vendredi, indiquent les agences, la Bourse de Londres rebondit de 1,15%, dans le sillage de Wall Street et après des indicateurs chinois encourageants. Vers 9h30 (suisse), l’indice FTSE-100 prenait 66,28 points à 5 807,82 points.

Le marché britannique se reprend au lendemain d’une journée difficile marquée par une chute de 2,75%.

A Francfort, le Dax gagne 1,53%, après plusieurs séances de baisse. Paris a débuté en hausse (+1,11%).

Auparavant, Wall Street a donc clos en affichant +1,62%, tandis qu’à Tokyo, l’indice Nikkei des 225 valeurs vedettes japonaises a fini la semaine sur une hausse 0,62%.


■ New York reste dans l’inconnue quant à un desserrement des mesures

Le décret de confinement pour l’Etat de New York expire ce vendredi. Toutefois, seules les régions peu peuplées pourront relancer certaines activités commerciales, industrielles et récréatives, indique l’agence AFP.

Si de nombreuses métropoles européennes relancent progressivement leur économie, la première ville des Etats-Unis, épicentre de l’épidémie américaine avec plus de 20 000 morts, devra attendre jusqu’en juin au moins pour savoir quand ses commerces, restaurants ou spectacles, qui attiraient les touristes par millions, pourront rouvrir.
«Nous devons être vraiment, vraiment disciplinés», a répété jeudi le maire Bill de Blasio sur CNN. «Nous allons y aller doucement et progressivement».

Le fait est que, même si le nombre de décès baisse, la cité de 8,6 millions d’habitants est loin de remplir les critères-clé nécessaires pour relancer graduellement l’économie: baisse continue du nombre des hospitalisations, des personnes en soins intensifs et des tests positifs au coronavirus.


■ Deux études mettent à nouveau en cause la pertinence de la chloroquine

L’hydroxychloroquine ne semble pas efficace contre le Covid-19, que ce soit chez des patients gravement ou plus légèrement atteints, selon deux études publiées ce vendredi.

La première étude, menée par des chercheurs français, conclut que ce dérivé de l’antipaludéen chloroquine ne réduit pas significativement les risques d’admission en réanimation ni de décès chez les patients hospitalisés avec une pneumonie due au Covid-19.

Selon la seconde étude, menée par une équipe chinoise, l’hydoxychloroquine ne permet pas d’éliminer le virus plus rapidement que des traitements standards chez des patients hospitalisés avec une forme «légère» ou «modérée» de Covid-19. En outre, les effets secondaires sont plus importants.

«Considérés dans leur ensemble, ces résultats ne plaident pas pour une utilisation de l’hydroxychloroquine comme un traitement de routine pour les patients atteints du Covid-19», estime dans un communiqué de presse la revue médicale britannique BMJ, qui publie les deux études (lire la dépêche complète).


■ Le bilan du matin

La pandémie a fait plus de 300 000 morts dans le monde, dont plus de 80% en Europe et aux Etats-Unis, depuis son apparition en décembre, selon le décompte de l’AFP jeudi soir.

Au total, 300 140 décès ont été recensés dans le monde (pour 4 403 714 cas), dont 162 654 en Europe (1 825 812 cas), continent le plus touché. Les Etats-Unis sont le pays ayant enregistré le plus de morts (85 813). Ils devancent le Royaume-Uni (33 614), l’Italie (31 368), la France (27 425) et l’Espagne (27 321).