Commentaire

Une responsabilité présidentielle immense

Emmanuel Macron a désormais tous les leviers de pouvoir en France. C’est à lui que les Français ont donné les clefs du pays

On prédisait un tsunami. C’est une vague. Quelle différence? Dans l’exercice quotidien du pouvoir, il y en aura peu. Avec 341 députés hors circonscriptions de l’étranger, La République en marche! a tous les leviers du pouvoir en main. Ce parti présidentiel qui n’en est pas un, est fermement aux commandes de l’Hexagone. Ce qui, concrètement, est synonyme d’une énorme responsabilité pour le locataire de l’Elysée, au moment où ce dernier s’achemine vers son premier bras de fer: la réforme du code du travail, qu’il a promis de faire adopter par ordonnances quand il en aura reçu le mandat par la nouvelle Assemblée nationale.


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Cette responsabilité sera déterminante à tous les niveaux. Côté politique, Emmanuel Macron va devoir maintenant apprendre à construire. Son parti, qui a laminé ses adversaires, doit devenir une formation politique à part entière. Côté personnel aussi, l’enjeu est énorme: le pire pour le président français serait de se raidir, et se laisser tenter par la face autoritaire sombre que certains lui prêtent déjà. C’est au contraire l’inverse qui est nécessaire. Le Macron pédagogue, face à des Français déboussolés, est plus que jamais nécessaire pour expliquer les changements profonds à l’œuvre dans l’Hexagone. Le pire serait de préférer la politique verticale au dialogue. Les radicalités à l’œuvre, du côté de la France insoumise et du Front national, témoignent d’une colère qui a tout, sauf disparu.

Le troisième enjeu, pour Emmanuel Macron, est la gestion du temps. Le voici désormais avec deux années libres devant lui. Les prochaines élections européennes auront lieu en 2019. Les municipales en 2020. C’est à ce calendrier que les législatives de ce dimanche renvoient: en deux ans, Emmanuel Macron doit prouver qu’il peut à la fois garder un soutien populaire et changer ce pays qu’il vient de conquérir sans coup férir.


La relation franco-suisse mise de suite en pratique

Doris Leuthard va rencontrer Emmanuel Macron le 3 juillet à Paris, a appris L’Agefi vendredi. Une visite officielle qui permettra d’aborder plusieurs thématiques d’actualité entre la Suisse et la France. En premier lieu, les questions fiscales: Jörg Gasser, secrétaire d’Etat aux questions financières internationales, participera à la réunion de travail. Deux dossiers sont au centre des préoccupations, actuellement: la taxation des successions et l’échange d’informations.

Rappelons que le Conseil national a refusé de justesse mercredi une motion demandant de négocier avec la France une nouvelle convention contre les doubles impositions en matière de successions. Paris avait dénoncé cette convention en 1953. Le conseiller national Jean-Luc Addor demandait de reprendre les négociations: sa proposition a été refusée de justesse, pour une petite voix. Concernant l’assistance administrative, L’Agefi avait révélé au début du mois de juin que la Suisse suspectait la France de violer la confidentialité des données transmises dans le cadre du dossier UBS, et attendait des garanties de la part de Bercy pour poursuivre l’échange d’informations.

Cette rencontre entre Doris Leuthard et le président français précède une visite d’Emmanuel Macron à Lausanne le 11 juillet, en vue de défendre la candidature parisienne aux Jeux olympiques 2024.

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