Royaume-Uni

A une semaine des élections législatives, Theresa May vacille

Si elle demeure clairement favorite, la première ministre britannique a perdu beaucoup de son avance sur ses adversaires

Theresa May va-t-elle regretter l’organisation d’élections législatives anticipées pour le 8 juin? Quand la première ministre britannique avait annoncé sa décision surprise le 18 avril, sa victoire paraissait assurée. Les sondages donnaient vingt points d’avance au parti conservateur sur le parti travailliste, dont le leader Jeremy Corbyn était très controversé. La seule question devait être l’ampleur de sa victoire: les Tories pouvaient-ils obtenir à la Chambre des communes une majorité de cent députés, voire de cent cinquante, contre cinq actuellement (sur un total de 650)?

Maladresses en série

Depuis, rien ne se passe comme prévu pour Theresa May. Multipliant les maladresses, distante lors de ses rencontres avec le public, mal à l’aise avec les médias, la première ministre semble vaciller. Les sondages britanniques donnent une fourchette très large de résultats, mais ils sont unanimes sur un point: les conservateurs ont perdu beaucoup de leur avance. Selon les instituts, ils n’ont plus qu’entre trois et quinze points de plus que les travaillistes. L’un d’entre eux prédit même que les Tories pourraient perdre leur majorité absolue aux communes.

Au cœur du problème se trouve la personnalité de Theresa May. Sur la base d’une très bonne cote de popularité, les stratèges du parti ont décidé de faire de sa réputation d’interlocutrice inflexible leur principal atout. Selon eux, c’est exactement la personne nécessaire pour diriger un «gouvernement stable et solide» et mener à bien les négociations du Brexit, qui s’annoncent très difficiles.

Campagne difficile

Mais Theresa May est à la peine lors de cette campagne. Lors de ses visites, elle a refusé initialement de rencontrer des personnes qui n’avaient pas été sélectionnées au préalable. Face aux protestations, elle s’est résignée à descendre dans l’arène… pour finalement se montrer incapable de répliquer aux attaques d’une Britannique qui avait perdu ses aides sociales à cause des coupes budgétaires. Peu après la présentation de son programme, elle a dû supprimer dans l’urgence l’une de ses mesures phares sur l’aide aux personnes âgées, qui avait provoqué un tollé. Bref, au lieu d’être «forte et stable», comme elle le répète à longueur de journées, elle semble être une «vantarde qui s’écroule au premier coup de semonce», a accusé l’intervieweur star Jeremy Paxman. Une attaque qui l’a laissée sans réponse…

L’espoir d’un triomphe historique douché

De plus, la première ministre a sans doute sous-estimé Jeremy Corbyn. Refusant de faire de cette élection une nouvelle bataille autour du Brexit, le leader des travaillistes a préféré attaquer sur les conséquences de sept années d’austérité et sur les injustices sociales. Ses bonnes prestations à la télévision ont surpris, lui qui est souvent mal à l’aise face au jeu des médias.

Rien de tout ceci ne semble susceptible d’inverser la tendance. «Les conservateurs restent les favoris», souligne Josh Owens, de l’agence de relations publiques Redwood Consulting. Avant de préciser: «Leur espoir d’un triomphe historique semble cependant avoir été douché.»

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