Le porte-parole du Ministère de la santé, Ziad Tariq, a annoncé que 57 personnes avaient été tuées et 176 autres blessées dans dix attentats à Bagdad, une attaque apparemment coordonnée selon les autorités.

Ces attaques, perpétrées à l’heure de pointe, ont eu lieu dans les quartiers Bab al-Mouatham, Karrada et Allaoui du centre de Bagdad, à Adhamiyah, Chouala et Chaab (nord) ainsi qu’à Jadriyah dans l’est, Ghazaliyah dans l’ouest et al-Amil dans le sud, ont précisé les responsables.

Il s’agit des premières violences depuis le début de la crise politique qui menace la fragile trêve entre les différentes forces du pays et font craindre un retour des violences confessionnelles, quelques jours après le départ des troupes américaines et un an après la formation du gouvernement d’union.

Ces cinq derniers jours, un mandat d’arrêt a été lancé à l’encontre du vice-président sunnite Tarek al-Hachémi, le chef du gouvernement chiite, Nouri al-Maliki, a réclamé le limogeage du vice-premier ministre sunnite, et le bloc parlementaire Iraqiya, soutenu par les sunnites, a décidé de boycotter l’Assemblée et le gouvernement.

Un an après le vote de confiance du parlement au gouvernement d’unité nationale, Nouri al-Maliki a menacé de remplacer les neuf ministres appartenant à Iraqiya s’ils maintenaient cette décision.

Le premier ministre a aussi appelé le Kurdistan irakien à remettre à la justice Nouri al-Hachémi, qui se trouve actuellement dans la capitale de cette région autonome et rejette les accusations de complot retenues contre lui.

Les violences en Irak ont diminué ces dernières années après avoir atteint un pic en 2006 et 2007. Mais elles n’ont jamais cessé: en novembre, elles ont fait 187 morts, selon des chiffres officiels.

Les attentats de jeudi sont les plus meurtriers dans le pays depuis le 15 août, quand 74 personnes avaient été tuées et plus de 200 autres blessées dans une série d’attaques qui avait touché 17 villes.