Avérées ou non, les révélations du Yedioth Aharonoth s'inscrivent dans une série de pratiques de l'armée israélienne non conformes au droit international ni même à la législation israélienne. Selon l'organisation israélienne B'Tselem, qui fait autorité en la matière, la torture est encore fréquemment utilisée, notamment sur des adolescents palestiniens âgés de 14 à 17 ans, même si son usage a été officiellement interdit par la Cour suprême israélienne en 1999. L'objectif des forces de sécurité est d'obtenir des confessions des adolescents ou d'autres noms de jeunes ayant participé à l'Intifada.

Autre sujet de préoccupation pour les organisations de défense des droits de l'homme: la détention administrative, qui permet à l'armée de détenir, pendant des mois ou des années, des Palestiniens contre lesquels ne pèse aucune charge précise. Aucune information n'est donnée en outre sur ces détenus qui ne bénéficient pas de l'assistance d'un avocat. Alors qu'ils n'étaient qu'une poignée avant le début de l'Intifada, ces prisonniers se comptent aujourd'hui par centaines, voire par milliers.

Enfin, selon le décompte des organisations israéliennes, au moins 1625 civils palestiniens, qui ne participaient en aucune manière à des actions hostiles contre les Israéliens, avaient été tués en quatre ans, jusqu'à la fin du mois dernier. Sur ces morts, la police militaire a ouvert 90 enquêtes, dont une seule a abouti.

La semaine dernière, alors que tous les regards étaient concentrés sur la mort d'Arafat, au moins sept Palestiniens ont été tués, dont 5 civils. A l'exception d'un seul, tous sont morts d'une seule balle, tirée en l'absence de combats. Près de trente Palestiniens ont aussi été arrêtés, dont six âgés de moins de 18 ans.