droits de l’homme

Une session spéciale consacrée au Sri Lanka

Après de grandes difficultés, seize Etats sont finalement arrivés à s’accorder pour que l’institution onusienne s’intéresse aux violations des droits humains dans le conflit sri lankais

Une session spéciale du Conseil des droits de l’homme des Nations unies consacrée au Sri Lanka est convoquée pour lundi ou mardi prochain.Dix-sept Etats (Allemagne, Argentine, Bosnie-Herzégovine, Canada, Chili, France, Italie, Maroc, Maurice, Mexique, Pays-Bas, République de Corée, Royaume-Uni, Slovaquie, Suisse, Ukraine et Uruguay) se sont réunis pour soutenir une telle demande. Selon les informations du Temps, il a été laborieux d’obtenir les signatures nécessaires. Il y avait tout d’abord des problèmes de méthode. Souhaitant que le Conseil des droits de l’homme se penche sur les violations des droits fondamentaux dans le conflit sri lankais, l’Union européenne a offusqué certaines délégations en tentant en premier lieu d’obtenir les signatures en question dans les capitales plutôt que d’inviter les ambassadeurs des pays concernés. Certains Etats d’Amérique latine ont résisté à cette manière de faire. Face aux blocages, la méthode a changé. Un groupe «transrégional» composé notamment de la République tchèque (qui assure la présidence tournante de l’UE), du Mexique, de l’Ile Maurice et de la Suisse a réussi à rompre la logique des blocs et à convaincre des pays d’Afrique, d’Amérique latine, d’Europe et un d’Asie de convoquer une session spéciale.

Depuis le début du Conseil des droits de l’homme, en juin 2006, les tentatives de consacrer une session spécifiquement au Sri Lanka ont été nombreuses, mais vaines. Les pays asiatiques et islamiques ont toujours fait bloc pour contrer de telles propositions. Dans le cas présent, l’Egypte, Cuba, le Pakistan et l’Inde se sont opposés jusqu’au bout à la convocation d’une session spéciale.

Directrice du bureau genevois de Human Rights Watch, Julie de Rivero estime positif le fait que l’institution onusienne s’intéresse au Sri Lanka, notamment au fait qu’une majorité de la population est encore sous contrôle militaire et que des cas de disparitions forcées ont été signalés. Le président du Conseil des droits de l’homme, Martin Ihoeghian Uhomoibhi se félicite de la tenue d’une onzième session extraordinaire: «Le Conseil (...) ne peut pas rester silencieux alors que des civils innocents sont pris dans des conflits armés. La communauté internationale doit s’efforcer de rendre justice aux victimes de violations des droits de l’homme où qu’elles se produisent et garantir que les personnes reconnues coupables de tels crimes soient tenues pour responsables de leurs actes.»

Quels résultats attendre d’une telle session? C’est toute la difficulté. Les seize Etats qui ont poussé à sa tenue sont minoritaires au Conseil. Ils pourraient être dépassés par les pays qui souhaitent laisser le Sri Lanka à l’écart de telles discussions et qui pourraient imposer une résolution inacceptable trop favorable au gouvernement de Colombo.

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