Dès le 1er novembre prochain, l’Allemagne deviendra le premier pays européen à autoriser l’inscription du sexe «indéterminé» sur les certificats de naissance, affirme la Süddeutsche Zeitung.

Cette troisième catégorie concerne en premier lieu les enfants intersexes, qui présentent une ambiguïté de genre à la naissance, soit un individu sur 1000 à 5000, selon des estimations très variables. Un bébé intersexe, qui n’entre pas dans les catégories de genre binaires «homme» ou «femme» prévu par l’état civil, peut naître avec des testicules et un clitoris hypertrophié, par exemple; ou un utérus et un micropénis. Les médecins ont longtemps préconisé la chirurgie et des traitements hormonaux pour «corriger» les organes génitaux ambigus, bien que l’hermaphrodisme ne présente aucun risque pour la santé. Les associations de défense des intersexes dénoncent ces actes médicaux, pratiqués notamment en Suisse. Depuis la fin de 2012, la Commission nationale suisse d’éthique pour la médecine humaine préconise l’abandon des «opérations d’assignation sexuelle». Un pas vers la reconnaissance du statut intersexe.

Le genre «senti et vécu»

La décision de Berlin fait suite à une recommandation de la Cour constitutionnelle de Karlsruhe, qui considère le genre «senti et vécu» comme un droit de la personnalité. A tout moment, les Allemands de sexe «indéterminé» pourront décider de changer leur identification pour l’une ou l’autre des catégories. Pour la Süddeutsche Zeitung, il s’agit d’une «révolution juridique»: «Pour la première fois, le droit reconnaît qu’un humain peut naître ni homme, ni femme.»

En 2006, l’Australie devenait le premier pays à reconnaître une ­catégorie X. L’Argentine permet quant à elle à ses citoyens adultes de modifier le genre inscrit sur leur passeport.