Une messe oeucuménique a lancé en milieu de journée le coup d’envoi des manifestations prévues en Grande-Bretagne. «Il semble qu’au cours des dernières décennies, peut-être le dernier millénaire, la race humaine n’a pas été très bonne envers le reste de la création, tout comme notre civilisation n’a pas été très bonne envers la race humaine», a estimé Rowan Williams, archevêque de Canterbury. «Ca nous rattrape», a-t-il dit.

Puis le point d’orgue de la journée s’est élancé: «La vague», manifestation organisée par la coalition Stop climate chaos (SCC) a déferlé dans les rues de la capitale, projetant également des ondes vers Glasgow (Ecosse), Dublin et Belfast. Selon Scotland Yard, environ 20’000 personnes grimées de bleu - pour représenter l’eau de la vague - ont arpenté Londres.

Les organisateurs ont estimé de leur côté que 40’000 personnes avaient rejoint le cortège londonien foisonnant de pancartes et banderoles, et environ 7000 en Ecosse.

A Bruxelles, jusqu’à 15’000 manifestants de tous âges se sont mobilisés pour réclamer un accord «ambitieux» à Copenhague. Ils formaient une longue vague aux couleurs turquoise et verte, qui a défilé dans le quartier des institutions européennes, habituellement déserté le samedi.

Un train spécial baptisé «Climate express» a quitté Bruxelles dans la matinée et devait rejoindre Copenhague une douzaine d’heures plus tard. A son bord, plusieurs délégations (France, Belgique, Luxembourg) de négociateurs et d’experts.

Les Allemands ont choisi un moyen plus conceptuel pour souligner l’absence de progrès à l’approche du sommmet. Un happening, symbolisant la montée des eaux de la planète, a eu lieu devant la porte de Brandebourg.

Des défenseurs de l’environnement déguisés en chefs d’Etat ont assisté impuissants à la montée des eaux au fond d’un aquarium géant. Environ 4000 litres d’eau ont ainsi été déversés sur les militants, qui sont restés impassibles jusqu’à ce que l’eau atteigne leurs mentons.

A deux jours du début du sommet, des centaines de personnes ont battu le tambour et tapé sur des casseroles et boîtes de conserve dans une dizaine de villes françaises, pour «monter le son». Ces manifestations étaient organisées à 12h18 précises, en référence à la date de clôture de la conférence (12/18 en anglais).

Plus de 100 chefs d’Etat ou de gouvernement ont confirmé leur participation au sommet qui se déroulera du 7 au 18 décembre pour décrocher un accord remplaçant le protocole de Kyoto qui arrive à échéance en 2012. Le président Obama a annoncé sa présence lors de la clôture de la conférence, et non la semaine prochaine comme prévu initialement.

»C’est positif qu’Obama ait décidé de participer à la phase finale de la réunion», a déclaré le premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt, dont le pays préside l’Union européenne (UE). «Espérons que la présence (à Copenhague) des responsables des pays les plus pollueurs aidera à faire avancer le processus,» a-t-il ajouté.

Le Premier ministre indien Manmohan Singh a annoncé samedi qu’il se rendrait à Copenhague pour les deux dernières journées de la conférence. Selon l’agence indienne PTI, il a pris cette décision à l’insistance de dirigeants mondiaux, parmi lesquels Barack Obama et le président français Nicolas Sarkozy.

L’Inde, l’un des plus gros pollueurs de la planète, a rendu publics jeudi des objectifs chiffrés. Elle vise une réduction de sa quantité de gaz à effet de serre émise par point de Produit intérieur brut - l’intensité carbonique - de 20 à 25% d’ici 2020 par rapport à 2005.