Quatre militaires ont été tués et d’autres ont été faits prisonniers par des rebelles de la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP) qui ont attaqué mercredi et occupent depuis la ville de Birao, selon un haut responsable de l’armée. «L’attaque de la ville de Birao par les rebelles de la CPJP a fait quatre morts dans nos rangs et quelques blessés», a déclaré ce jeudi ce responsable au Haut commandement de l’armée. «Certains de nos hommes ont été faits prisonniers et nous n’avons pas assez de précisions à ce sujet», a-t-il ajouté.

Aucun bilan n’était disponible pour le camp des rebelles qui, selon lui, demeuraient jeudi dans cette ville, chef-lieu de la Vakaga et la plus importante du nord-est du pays. «La situation est très préoccupante, Birao est occupée par les assaillants. Actuellement, le gros de la troupe s’est replié sur Sam Ouandja, Ndélé et Bria», autres grandes villes de la région. «Tout cela fait que nous avons des difficultés pour faire un bilan. Mais des renforts sont acheminés pour la riposte qui ne saurait tarder», a-t-il affirmé.

Le porte-parole du gouvernement centrafricain, Fidèle Ngouandjika, a déclaré: «Birao est occupée par des rebelles de la CPJP appuyés par des rebelles tchadiens chassés du Darfour», région de l’ouest du Soudan en proie à la guerre où de nombreux mouvements rebelles tchadiens disposaient jusqu’à récemment de bases arrière.

Il n’a pas identifié les rebelles tchadiens évoqués et a affirmé ne pas disposer de bilan. «Le gouvernement a jusque-là privilégié la politique de la main tendue à la rébellion de la CPJP, et il reste ouvert aux négociations. Mais les rebelles veulent la guerre, ils l’auront. Les éléments des forces de défense et de sécurité sont mobilisés pour organiser la riposte qui est imminente», a ajouté M. Ngouandjika.

Aucun responsable de la CPJP n’avait pu être joint jeudi. Mercredi, un membre de la coordination du mouvement, Joachim Kokaté, joint en France, avait indiqué qu’il y avait eu «des morts et des blessés». Il avait aussi fait état de militaires capturés.

La CPJP, basée à Ndélé, a récemment occupé d’autres villes du pays, après avoir tenté, en juillet, une attaque contre Birao qui avait été repoussée par l’armée avec l’appui d’ex-rébellions basées dans la ville et de groupes d’autodéfense. Elle n’a pas signé d’accord de paix avec Bangui, contrairement à d’autres mouvements rebelles de Centrafrique, pays engagé dans un processus de pacification depuis 2008.