Trois personnes ont été tuées et quinze autres blessées mardi dans un attentat dans le centre d’Ankara, a déclaré le ministre turc de l’Intérieur Idris Naim Sahin. Les autorités ont évoqué une attaque «terroriste», terme généralement employé pour désigner les actes des rebelles kurdes.

L’explosion est survenue dans le quartier commerçant de Kizilay, fréquenté chaque jour par des dizaines de milliers de personnes, et à moins d’un kilomètre des bureaux du premier ministre Recep Tayyip Erdogan, de plusieurs autres ministères et du quartier général du chef d’état-major de l’armée. Elle a été entendue à des kilomètres à la ronde, provoquant un mouvement de panique.

«L’explosion s’est produite dans une voiture qui était garée et a été suivie par l’explosion des autres voitures fonctionnant au gaz de pétrole liquéfié (GPL)», a précisé M. Sahin. De nombreux véhicules en Turquie fonctionnent au GPL, hautement inflammable, a-t- il souligné.

Attaque «terroriste»

«Il s’agit très probablement d’une attaque terroriste», a-t-il dit. «L’explosion avait pour objectif de toucher de nombreuses personnes», a-t-il ajouté, précisant que cinq des blessés étaient dans un état grave. Des procureurs de la branche antiterroriste du parquet d’Ankara ont également estimé qu’il s’agissait d’une attaque de nature «terroriste», selon les chaînes de télévision.

Le chef de l’Etat Abdullah Gül, en visite en Allemagne, a lui aussi parlé d’une attaque «terroriste perpétrée par des gens inhumains», a rapporté l’agence de presse Anatolie. Les chaînes de télévision ont fait état de blessés ayant eu des membres arrachés.

De nombreuses ambulances et des camions de pompiers ont été dépêchés sur les lieux de l’explosion, qui ont été bouclés par la police. Des équipes de chiens renifleurs ont été déployés pour rechercher une éventuelle seconde bombe.

L’explosion a eu lieu devant un bâtiment officiel, la sous- préfecture de Cankaya, plus grand district d’Ankara. D’autres bâtiments publics, comme celui de la Cour de cassation, ainsi que des arrêts de bus sont également situés à proximité.

Kurdes mis en cause

Les rebelles Kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui mènent depuis 27 ans des actions armées, ont, par le passé, engagé de telles attaques dans les grandes villes turques. C’est généralement un groupe kurde armé, les Faucons de la liberté du Kurdistan (TAK), organisation liée au PKK, selon les autorités turques, qui revendique les attaques dans les zones urbaines.

Les autorités turques affirment que cette organisation sert de prête-nom au PKK quand celui-ci commet des attentats pouvant encourir la désapprobation populaire, notamment quand des civils sont tués. Le PKK rétorque que les TAK sont constitués d’éléments incontrôlés ayant quitté ses rangs.

L’explosion de mardi intervient alors que la Turquie menace de lancer une incursion terrestre dans le nord de l’Irak contre les bases du PKK qui a multiplié depuis le début de l’été ses attaques dans le sud-est anatolien, théâtre habituel de ses opérations.