Un mauvais procès pour les uns, un agenda potentiel pour d’autres. En 2014, il avait fallu six jours à Jean-Claude Juncker après sa prise de fonction pour se retrouver empêtré dans le scandale financier des LuxLeaks. Pour Ursula von der Leyen, nouvelle présidente de la Commission européenne, il n’aura fallu qu’une journée pour trébucher sur une affaire, alors qu’elle ne sera installée dans ses bureaux qu’au 1er  novembre. En cause? La présentation plus tôt cette semaine de son équipe de commissaires et vice-présidents dont un vice-président (grec) chargé pour la première fois de «protéger notre mode de vie européen», comme l’a baptisé Ursula von der Leyen.

Le portefeuille va du bien-être au travail à l’accès à la formation, en passant par l’égalité hommes-femmes. Il inclut aussi – et c’est là le problème – la laborieuse politique migratoire de l’Union européenne (UE), ainsi que le «mode de vie européen». La réaction, surtout côté gauche et écologiste, n’a pas traîné: un scandale, pour l’eurodéputé belge Philippe Lamberts; des relents identitaires chers à l’extrême droite, selon le socialiste Raphaël Glucksmann. Même le président actuel de la Commission, issu de la famille du Parti populaire européen (relativement en accord avec cet intitulé), a déclaré jeudi qu’il n’aimait pas l’idée d’opposer migration et mode de vie européen.