Le président chinois Xi Jinping a promis lundi de partager un éventuel vaccin avec le reste du monde et de consacrer sur deux ans 2 milliards de dollars à la lutte mondiale contre le nouveau coronavirus, apparu dans son pays à la fin de l'an dernier.

Dans un message vidéo transmis à Genève lors de la 73e Assemblée mondiale de la santé, l'homme fort de Pékin s'est par ailleurs dit favorable à une «évaluation complète» de la réponse mondiale au nouveau coronavirus, une fois que l'épidémie aura été enrayée.

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Une résolution de l'UE

L'assemblée de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), qui se tient en ligne pour la première fois de son histoire, doit discuter d'une résolution présentée par l'Union européenne demandant une «évaluation impartiale, indépendante et complète» de la réponse internationale à la crise du coronavirus.

La Chine est accusée notamment par l'administration du président américain Donald Trump d'avoir tardé à donner l'alerte et à prendre des mesures.

Réfutant ces accusations, Xi Jinping a assuré que son pays avait «toujours» fait preuve de «transparence» et de «responsabilité» face à l'épidémie, en partageant les informations avec l'OMS et d'autres pays en temps utile.

Deux milliards de dollars

La Chine a assuré vendredi que cinq vaccins expérimentaux étaient déjà testés sur l'Homme. Tout vaccin éventuel contre le nouveau coronavirus, mis au point par la Chine, deviendra un «bien public mondial», a promis Xi Jinping.

Celui-ci a annoncé vouloir des réserves mondiales de matériel face aux futures épidémies. Il a annoncé lundi deux milliards de dollars sur deux ans pour une aide aux pays en développement affectés par le Covid.

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Thomas Cueni au nom des pharmas: «Que la Suisse soit solidaire»

Le chef de la faîtière internationale des entreprises pharmaceutiques (IFPMA), le Bâlois Thomas Cueni, exclut le scénario d'un futur vaccin contre le coronavirus «gratuit pour tous». Il appelle les Etats riches comme la Suisse à payer davantage pour les plus pauvres.

En Suisse notamment, «il ne fait pas de sens», dans un système qui fonctionne bien, «d'avoir un accès gratuit à un vaccin gratuit», a-t-il affirmé lundi aux correspondants accrédités auprès de l'ONU à Genève, à quelques heures de l'Assemblée mondiale de la santé.

Il partage l'objectif de produits dont l'accès serait équitable, large et peu coûteux pour tous dans les différents pays. Mais il en appelle à un mécanisme mondial de distribution piloté notamment par l'OMS pour que les prix diminuent dans les Etats les plus pauvres. «J'attendrais de pays comme la Suisse de la solidarité et la volonté de payer un peu plus que certains pays où j'espère que les patients puissent l'obtenir gratuitement. C'est beaucoup plus réaliste que de dire que chacun devrait avoir un accès à tout gratuitement.»

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Simonetta Sommaruga pour renforcer l'OMS, pas l'abattre

La Suisse travaille à une coalition internationale avec des Etats de chaque région du monde pour une sécurité sanitaire pour tous.

«L'OMS a su tirer les leçons des épidémies qu'elle a dû affronter», a affirmé Simonetta Sommaruga. «Je suis convaincue que l'organisation saura également examiner de manière critique la crise actuelle pour améliorer encore sa gestion des urgences sanitaires.» Mais pour le moment, la réponse sanitaire est la seule qui importe, selon elle.

La Suisse veut aussi renforcer le multilatéralisme, la solidarité et la collaboration internationale. Sans mentionner ceux qui ont critiqué l'organisation, la présidente de la Confédération a appelé à ne pas «ébranler» ces valeurs.

Une réorganisation par régions

Et alors que les Etats-Unis ont suspendu leur contribution à l'organisation, elle demande de lui donner les moyens de préserver son fonctionnement. La «crise actuelle montre à quel point il est important de disposer d'une organisation aussi forte», dit la présidente.

Pour cette raison, la Suisse cherche à établir une coalition internationale pour une sécurité sanitaire pour tous. Chaque région devra être représentée et l'OMS sera au centre, a insisté la Suissesse.