L’essentiel

Ces dernières 24 heures en Suisse ont été recensés 791 nouveaux cas de coronavirus, 2 décès supplémentaires et 13 hospitalisations de malades.

Plus de la moitié des adultes au sein de l’Union européenne, soit 200 millions de personnes, sont vaccinés contre le Covid-19.

Le directeur général de Roche plaide pour que les employés présentent un certificat covid pour faciliter l’organisation des entreprises.

Retrouvez notre suivi de la journée de jeudi.


■ La plupart des effets indésirables des vaccins ne sont pas graves

Jusqu’au 21 juillet en Suisse, 4319 déclarations d’effets indésirables présumés liés aux vaccins ont été analysées par Swissmedic. Dans 64,4% des cas les effets ne sont pas graves. La moyenne d’âge des personnes affectées par des effets indésirables est de 60,2 ans (dans une fourchette allant de 16 à 101 ans).

Dans les cas considérés comme graves l’âge moyen était de 63,7 ans. Il est de 80,5 ans lorsqu’un décès a eu lieu suite au vaccin. Malgré la concordance temporelle, rien n’indique concrètement que le vaccin soit à l’origine du décès, précise Swissmedic.

Ces effets concernent pour deux tiers des femmes. Ils sont moins fréquents avec le vaccin de Pfizer (37,8%) qu’avec le vaccin Moderna (60,4%). Le bénéfice du vaccin reste plus important que le risque qui y est lié, rappelle encore l’institut.


■ Le vaccin Moderna autorisé pour les 12-17 ans en Europe

L’Agence européenne des médicaments (EMA) a approuvé l’utilisation du vaccin de Moderna pour les 12-17 ans, qui devient le deuxième vaccin à être autorisé pour les adolescents au sein des 27 pays de l’Union européenne.

L’administration du vaccin pour les 12-17 ans sera la même que chez les personnes de 18 ans et plus, soit deux injections dans les muscles de la partie supérieure du bras, à quatre semaines d’intervalle.

«Le Comité des médicaments à usage humain (CHMP) de l’EMA a recommandé d’accorder une extension d’indication au vaccin COVID-19 Spikevax (anciennement Covid-19 Vaccine Moderna) pour inclure son utilisation chez les enfants âgés de 12 à 17 ans», a déclaré le régulateur européen dans un communiqué.


■ L’épidémie cette semaine dans le monde en chiffres

Cette semaine, seules l’Afrique et la zone Amérique latine/Caraïbes ont vu leur situation s’améliorer, avec respectivement 11% et 9% de nouveaux cas en moins par rapport à la semaine précédente.

La pandémie a accéléré dans toutes les autres régions: +62% dans la zone Etats-Unis/Canada (du seul fait des Etats-Unis, les cas baissant au Canada), +42% en Océanie (le coronavirus y circule encore relativement peu, 1200 cas par jour), +26% en Europe, +7% au Moyen-Orient, +5% en Asie. Le variant Delta du coronavirus est devenu majoritaire dans une grande partie de l’Europe et aux Etats-Unis.

La France est le pays où l’épidémie a accéléré le plus (+193%, 14 300 nouveaux cas par jour), parmi ceux ayant enregistré au moins 1000 contaminations quotidiennes au cours de la semaine écoulée. Cette hausse est toutefois un peu surestimée en raison d’un jour férié la semaine précédente (fête nationale le 14 juillet). Suivent Israël (+150%, 1300), l’Italie (+115%, 3400), le Vietnam (+104%, 4800) et le Rwanda (+72%, 1400).

A l’inverse, ce sont la Tunisie (-40%, 4500 nouveaux cas par jour) et la Namibie (-40%, 700) qui ont enregistré les plus fortes décrues cette semaine, devant le Koweït (-39%, 1000), la Zambie (-35%, 1100) et le Chili (-31%, 1500).


■ 791 nouveaux cas de coronavirus en 24 heures en Suisse

La Suisse compte vendredi 791 cas supplémentaires de coronavirus en 24 heures, selon les chiffres de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP). On déplore 2 décès supplémentaires et 13 malades ont été hospitalisés.

Avec une part de 94,1% de toutes les nouvelles infections, le variant Delta représente la mutation dominante en moyenne sur sept jours. Ce taux était encore de 73% sur sept jours mercredi. Aucune personne n’est infectée par les deux autres variants (Beta et Gamma).

Durant les dernières 24 heures, les résultats de 28 687 tests ont été transmis, indique l’OFSP. Le taux de positivité s’élève à 2,76%.

Notre suivi de l’épidémie en chiffres et en graphiques.

Sur les quatorze derniers jours, le nombre total d’infections est de 7554, soit 87,38 nouvelles infections pour 100 000 habitants. Le taux de reproduction, qui a un délai d’une dizaine de jours, est lui de 1,31. Les patients Covid-19 occupent 3,60% des places disponibles en soins intensifs, dont le taux d’occupation est de 70,40%.

Au total 8 747 637 doses de vaccin ont été administrées et 46,10% des personnes ont déjà reçu deux doses. La Suisse a reçu jusqu’à présent 9 535 650 doses de vaccins. Des certificats ont déjà été émis pour 4 719 649 personnes vaccinées.


■ Berne intégrera ses centres de vaccination dans les hôpitaux

Le canton de Berne va redimensionner son infrastructure de vaccination contre le Covid-19 à la fin du mois d’août. Il intégrera alors la plupart de ses centres dans les hôpitaux régionaux. Le centre de l’Hôpital de l’Ile restera disponible jusqu’à fin décembre.

Ailleurs, les centres de vaccination de Bienne et de Thoune seront ouverts jusqu’à fin septembre. Dans le Jura bernois, le centre de Tavannes exercera son activité jusqu’à début septembre avant d’être intégré dans l’infrastructure hospitalière régionale, précise le communiqué.

Le centre cantonal de Wankdorf M-Parc sera fermé dès le 13 août. Dès aujourd’hui, il n’administre plus que les deuxièmes injections et ne propose pas de vaccination sans rendez-vous. Le centre de vaccination de BernExpo fermera pour sa part le 27 août. Il est possible d’y recevoir une première dose jusqu’au 30 juillet, il sera ensuite réservé aux deuxièmes injections.

Pour l’heure, 52% de la population vaccinable, à partir de 12 ans, est entièrement vaccinée dans le canton de Berne – un peu plus d’un million d’habitants. Plus 70 000 personnes vont recevoir prochainement leur deuxième dose de vaccin.


■ La Tanzanie va démarrer sa campagne de vaccination

Le gouvernement tanzanien a annoncé jeudi soir qu’il s’équipait en vue de démarrer prochainement sa campagne de vaccination contre le coronavirus. Ce pays était covido-sceptique il y a encore quelques mois. Sa ministre de la Santé, Dorothy Gwajima, a déclaré par voie de communiqué que le gouvernement interdisait également tous les «rassemblements non-nécessaires» afin de prévenir la propagation du Covid.

L’ancien président, John Magufuli, officiellement décédé de problèmes cardiaques en mars dernier, n’avait cessé de minimiser l’ampleur de la pandémie et affirmait que la prière, plutôt que le port du masque, sauverait le pays. Dorothy Gwajima, qui sous John Magufuli avait fait la promotion d’un smoothie à base de légumes pour combattre le virus, a ajouté que les vaccins seraient prochainement disponibles gratuitement pour les volontaires – sans toutefois donner de date.

La nouvelle présidente, Samia Suluhu Hassan a pris le contre-pied de son prédécesseur, estimant qu'«il n’est pas bon de l’ignorer – le Covid-19.» Elle a notamment créé un comité d’experts chargé de conseiller le gouvernement à ce sujet. «Cette troisième vague est déjà dans le pays et il n’y a rien à cacher.» Elle appelle les Tanzaniens et Tanzaniennes à respecter les mesures sanitaires comme le port du masque et le lavage des mains.

Hier, le Centre africain de prévention et de contrôle des maladies (Africa CDC) a déclaré que la Tanzanie, l’Erythrée et le Burundi étaient les seuls pays sur le continent à ne pas avoir commencé de campagne de vaccination. La Tanzanie, qui compte 58 millions d’habitants, a récemment entamé des démarches pour rejoindre l’initiative Covax, ainsi qu’un programme d’acquisition de vaccins de l’Union africaine.


■ Face au Delta, il est «impératif de maintenir les gestes barrières»

Face à la résurgence épidémique causée par le variant Delta du coronavirus, le président du conseil scientifique Covid-19 français, Jean-François Delfraissy, insiste ce vendredi matin sur la nécessité de maintenir les geste barrières, comme le port du masque dans les lieux fréquentés et le fait de se laver régulièrement les mains.

Le médecin et professeur spécialisé dans l’immunologie estime, sur la chaîne BFM TV et la station RMC, que «le retour à la normale c’est pas maintenant. Ce sera peut-être en 2022, ou 2023 […] Nous gagnerons – contre le virus – mais je pense que nous aurons probablement affaire à un nouveau variant.»

Même «si vous être vacciné et que vous êtes dans une situation de foule, portez le masque, insiste-t-il. Ce n’est pas un problème de loi, c’est un problème de bon sens.» Il qualifie au passage de «dangereux», en termes épidémiques, de fréquenter les boîtes de nuit rouvertes sur présentation d’un pass sanitaire, car elles ont dans plusieurs pays, notamment aux Pays-Bas, été à l’origine de pic de contaminations.

Selon lui, rien qu’en adoptant ces «précautions simples», environ «20% des d’hospitalisations» pourraient être évitées.


■ Plus de 7 Fribourgeois sur 10 ont des anticorps

Près de 73% des Fribourgeois, âgés de 20 ans et plus, avaient en juin des anticorps contre le Covid-19. Le taux atteignait même près de 90% chez les personnes de 65 ans ou plus. C’est ce que révèlent les résultats préliminaires de l’étude Corona Immunitas Fribourg menée par le Laboratoire de santé des populations et l’Institut de médecine de famille, sous l’égide de l’Ecole suisse de santé publique.

Pour les 20-64 ans, la proportion avoisine les 69%, indique ce vendredi l’Université de Fribourg, en précisant qu’il n’y avait pas de différence entre les femmes et les hommes. Les taux relativement élevés reflètent le nombre important de personnes vaccinées – notamment chez les 65 ans et plus – mais aussi la hausse du nombre de personnes infectées.

Après la première vague épidémique, à l’été 2020, la proportion des adultes ayant des anticorps ne dépassait pas les 8%. Au cours de la deuxième vague, au début de cette année, le taux avait grimpé à 19%.

L’augmentation de l’immunité dans la population fribourgeoise est réjouissante, relève le communiqué. Ce constat vaut en particulier pour la population âgée qui est la plus à risque de complications graves, d’hospitalisations et de décès. Néanmoins, la hausse «ne suffit probablement pas à bloquer la circulation du virus, comme le suggèrent des observations dans certains pays touchés par de nouvelles vagues», souligne les auteurs.


■ Informer son employeur de son statut vaccinal?

«Aux États-Unis, nous pouvons demander aux employés s’ils sont vaccinés, mais pas en Suisse, constate dans le Tages-Anzeiger Severin Schwan, directeur général de Roche. Si nous savions qui est vacciné, cela permettrait aux vaccinés de retourner au bureau sans condition.» Pour celui-ci, porter un masque représenterait un obstacle pour de nombreux employés. La solution serait donc de transmettre un certificat covid à son employeur.

Le quotidien rappelle que la présentation d’un justificatif de vaccination à ses supérieurs pour être exempté des mesures de protection est déjà mise en place au sein de différentes entreprises suisses, dont le fabricant de respirateurs à Bonaduz, Hamilton, un cabinet comptable où travaille une dizaine d’employés, ou encore un bureau d’études. D’après leur expérience, cela s’est révélé être positif pour l’organisation interne, même si les employés étaient réticents au départ. D’après eux, cela aurait même encouragé des salariés à se faire vacciner.

Interrogé par le Tages-Anzeiger, un porte-parole d’Unia pointe qu’il n’y a «aucune base légale» pour qu’un employeur demande les certificats covid de son personnel. Les associations patronales sont divisées sur cette question. Valentin Vogt, président de l’Union patronale suisse, se positionne en faveur de cette nouvelle exigence de la part des employeurs, particulièrement lorsque le nombre de cas augmente dans le pays.

Swissmem, l’association de l’industrie des machines, des équipements électriques et des métaux suisse, partage la même position. Le directeur de l’Union suisse des arts et métiers, Hans-Ulrich Bigler, considère de son côté que cela serait «improductif». «La question se pose: qu’arrive-t-il aux personnes qui ne sont pas vaccinées?», demande-t-il.


■ En France, le feu vert de l’Assemblée pour le projet de loi sur le passe sanitaire

Au bout d’une nuit blanche d’intenses débats, l’Assemblée a voté le nouveau projet de loi anti-Covid qui comprend l’extension controversée du passe sanitaire et l’obligation pour le personnel soignant d’être vacciné. Le sprint législatif promis par l’exécutif a pris des allures de course d’obstacles avant même que le Sénat à majorité de droite ne se saisisse de ce texte brûlant dès ce vendredi. Le gouvernement vise une adoption du projet de loi avant la fin de ce week-end au bout du bout de la session parlementaire exceptionnelle.

Sur ce sujet: Après la France, la Suisse rendra-t-elle le certificat covid obligatoire? C’est possible

Car avec 22 000 contaminations ces dernières 24 heures, l’épidémie flambe à nouveau. «La situation sanitaire est inquiétante, souligne le ministre de la Santé, Olivier Véran. Il y a une urgence à légiférer […] Le passe sanitaire – parcours vaccinal complet ou test récent, on en a besoin tout de suite.»

«Pour la première fois depuis 15 semaines», la hausse des cas s’accompagne «d’une augmentation nette du taux d’hospitalisations (+55%) et du nombre de patients admis en services de soins critiques (+35%)», a mis en garde l’agence sanitaire Santé publique France (SPF) dans son rapport hebdomadaire.

Vivement contesté par une frange de l’opinion, ce projet de loi adopté par 117 voix pour et 86 contre traduit les annonces d’Emmanuel Macron du 12 juillet dernier. Les débats qui se sont achevés vers 5h40 ce vendredi furent âpres et rugueux, avec des oppositions chauffées à blanc par un calendrier contraint. Près de 1 200 amendements ont été passés en revue depuis mercredi après-midi.

Déjà partiellement en vigueur depuis ce mercredi, l’extension du passe sanitaire prévue début août dans les cafés-restaurants, que le gouvernement présente comme la meilleure arme face au rebond de l’épidémie du Covid-19, a notamment enchaîné les critiques. Tout comme la disposition du nouveau texte sur le licenciement des travailleurs d’établissement recevant du public qui refuseraient d’obtenir un passe sanitaire. La peine sanctionnant l’utilisation frauduleuse du passe sanitaire de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende a elle été supprimée.


■ L’exigence d’un passe sanitaire en Italie

Dès le 6 août, un passe sanitaire sera obligatoire en Italie pour accéder aux lieux fermés comme les bars, restaurants, piscines, salles de sport, musées, cinémas, théâtres ou salles de jeux. «Le passe sanitaire est un instrument pour permettre aux Italiens de continuer leurs activités avec la garantie de ne pas se retrouver parmi des personnes contagieuses», résume le Premier ministre ce jeudi soir, à l’issue du conseil des ministres ayant approuvé cette mesure.

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Le passe sanitaire sera également exigé pour assister aux événements sportifs, aux concerts, aux spectacles, ou encore pour se rendre dans les foires et congrès, des lieux particulièrement propices aux rassemblements et donc sources de contaminations. Les discothèques resteront quant à elles fermées jusqu’à nouvel ordre, mais ce secteur bénéficiera d’aides publiques. Le passe sanitaire, baptisé «green pass» dans la péninsule, pourra être délivré dès la première dose de vaccin, mais aussi aux personnes guéries du Covid et à celles qui ont obtenu un test négatif dans les 48 heures précédentes.

L’adoption du passe sanitaire a été l’objet de tensions au sein de la majorité gouvernementale, le leader de la Ligue (extrême droite) Matteo Salvini a notamment mis en garde contre «des choix draconiens, improvisés et non mesurés excluant la majorité des Italiens de leur droit au travail et à circuler librement.»

L’Italie enregistre actuellement chaque jour quelques milliers de nouveaux cas et peu de morts, mais la tendance de fond est à la hausse. Jeudi 22 juillet, 5 057 cas ont ainsi été enregistrés, alors que le pays n’avait pas dépassé la barre des 5 000 nouveaux cas en 24 heures depuis le 21 mai dernier. «Le variant Delta est menaçant, car il se diffuse plus vite que les autres variants, a rappelé Mario Draghi. J’invite tous les Italiens à se faire vacciner, et à le faire tout de suite.» A ce jour, «plus de la moitié des Italiens ont accompli le cycle vaccinal», précise-t-il.