La campagne de vaccination se poursuit en Suisse. Cette avancée dans la lutte contre la pandémie laisse entrevoir un espoir, celui de profiter de vacances estivales l’esprit libre. Pour permettre le redémarrage de l’activité touristique, la Confédération propose un certificat sanitaire destiné à faciliter les voyages pour les personnes vaccinées notamment. Attendu, ce document sera-t-il le précieux sésame pour franchir les frontières? A l’approche des vacances, les questions restent nombreuses.

Le Temps fait le point sur les informations à connaître avant de préparer sa valise, exercice qui relève plus que jamais du casse-tête en ces temps de contraintes sanitaires. L’article sera enrichi en fonction de l'actualité et de vos interrogations sur le sujet, que vous pouvez partager dans les commentaires sous l'article.

■ Le certificat covid arrivera-t-il avant l'été?

Oui, le calendrier est respecté. La Confédération délivrera les premiers certificat covid dès le lundi 7 juin. Toutes les personnes vaccinées, guéries ou ayant obtenu un résultat de test négatif peuvent obtenir ce document, qui est gratuit. Son déploiement se fera en plusieurs étapes à partir, a précisé le Conseil fédéral, qui a opté pour la solution de l’Office fédéral de l’informatique et de la télécommunication. Les personnes vaccinées auront un accès prioritaire au service, certains dénonçant une inégalité de traitement voire une incitation insidieuse à la vaccination.

Le certificat pourra être présenté sur son smartphone ou imprimé sur une feuille de papier sous la forme d'un QR code. Il doit être «convivial et disponible facilement» pour assurer un contrôle rapide, souligne l'Office fédéral de la santé publique (OFSP). Pour permettre la vérification, il sera nécessaire de présenter une carte d’identité ou un passeport.

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■ Pourra-t-on voyager partout en Europe?

L'OFSP assure que la solution choisie sera compatible avec le «certificat vert numérique» de l’Union européenne, dont le but est de faciliter la libre circulation entre les Etats membres et qui doit être mis en oeuvre à la même période. L'objectif est clair: relancer le tourisme. «Avec le certificat vert numérique, nous adoptons une approche européenne pour que les citoyens de l'UE et les membres de leur famille puissent voyager cet été en toute sécurité et avec le moins de restrictions possible», a déclaré Didier Reynders, commissaire européen chargé de la justice. 

Le Conseil fédéral ne déconseille plus de voyager mais invite à la prudence face à l'incertitude sur l'évolution de la pandémie. Un pays qui ferait face à une augmentation des contaminations pourrait durcir les conditions d'accès à son territoire. A titre d'exemple, la Norvège a fermé ses frontières aux touristes. C'est le cas également de la Lettonie, de la Hongrie et de la République Tchèque. D'autres Etats, comme l'Allemagne ou le Royaume-Uni, ont mis en place des restrictions strictes (notamment une quarantaine de dix jours à l'arrivée dans le pays) pour tarir le flux de visiteurs. Il convient donc de rester attentif aux mesures annoncées par les autorités locales au moment des préparatifs du voyage et pendant toute la durée du séjour. Signe de détente: l'Union européenne a annoncé mercredi l'entrée possible sur son territoire des voyageurs vaccinés arrivant d'un pays tiers.

■ Qu'en est-il pour le reste du monde?

Que l'on rêve de verticalité urbaine ou d'étendues vertes, une chose est certaine: il faut s'armer de patience et de prudence. Les mesures varient d'un territoire à un autre et leur dureté peut rapidement évoluer en fonction de la situation épidémique et de la politique sanitaire locale. Plusieurs pays, notamment dans la région asiatique, appliquent une stratégie «zéro covid», ce qui revient à prendre des mesures fortes dès la détection du virus pour freiner le nombre de contaminations. C'est le cas de Singapour qui a récemment imposé des règles strictes à sa population, suite à une hausse des cas, et limité drastiquement la venue de touristes, puisque ces derniers doivent respecter une quarantaine de 21 jours.

En infographies: La course à la vaccination

Pour se repérer dans le désordre pandémique, l'OFSP livre des informations sur la situation sanitaire dans le reste du monde. Il est également conseillé de s'adresser au consulat ou à l'ambassade du pays dans lequel on souhaite se rendre pour obtenir des précisions sur les mesures en vigueur. Cette année encore, il faudra faire preuve de souplesse ou s'offrir les conseils avisés d'une agence de voyage pour limiter les déconvenues. «La majorité des tours opérateurs peuvent changer la destination au dernier moment si des restrictions de voyage évoluent peu avant le départ», précise Walter Kunz, directeur et porte-parole de la Fédération suisse du voyage, faîtière des agences de voyage du pays, à Heidi.news

■ Le certificat suisse sera-t-il reconnu à l'international?

«Pour les voyages internationaux, le certificat sera probablement utilisé pendant longtemps», a admis mercredi Alain Berset lors d'une conférence de presse. Cette dimension fait d'ailleurs partie du cahier des charges fixé par l'OFSP, qui souhaite un document «uniforme, infalsifiable et reconnu internationalement» pour entrer et sortir du pays. La Suisse participe également à l’élaboration d’un certificat valable au niveau international baptisé «Smart Vaccination Certificate».

Cependant, la tâche s'annonce ardue pour le groupe de travail de l'Organisation mondiale de la santé aux manettes du projet. Il s'avère difficile de dégager un consensus sur la manière de mettre en œuvre un tel certificat, qui change d'ailleurs de nom comme de caractéristiques selon le pays créateur. Rien qu'à l'échelle européenne, le document a fait l'objet d'âpres négociations entre les Vingt-sept.

■ Le traditionnel carnet de vaccination suffit-il pour voyager?

Ce document, sur lequel on trouve l'ensemble des vaccins réalisés, ne sera pas une preuve suffisante pour voyager. Pour une raison simple: il est potentiellement falsifiable. Aucune autorité étrangère ne se contentera du carnet de vaccination, sous forme de carte rabattable, remis par le médecin de famille. 

■ Le test PCR reste-t-il en vigueur? 

Oui, en l'absence d'harmonisation internationale, le test PCR reste un outil privilégié pour limiter l'entrée sur le territoire de voyageurs porteurs du virus. Mais les règles commencent à s'assouplir, à l'image de la France qui n'exige plus un tel document pour les Européens vaccinés, allègement qui concerne également la Suisse. La plupart des destinations maintiennent toutefois, à ce stade, l'obligation de présenter le résultat négatif d'un test effectué peu avant l'arrivée dans le pays, y compris pour les personnes vaccinées. 

Cette mesure représente un frein pour les touristes. En plus d'être contraignant, le test a un coût: 160 francs en moyenne pour la Suisse. La facture peut ainsi grimper en fonction du nombre de pays visités et du nombre de participants au voyage, dans le cas d'un séjour en famille par exemple. Le test obligatoire pourrait-il devenir un jour gratuit? Le projet n'est pas dans les tiroirs, comme l'ont rappelé récemment les experts de la Confédération lors d'une conférence de presse. En revanche, au retour, la Suisse pourrait ne plus exiger la présentation d'un test PCR négatif. 

■ Les enfants sont-ils soumis aux mêmes obligations?

Tout dépend de leur âge. Les enfants de moins de 12 ans ne doivent pas présenter de résultat négatif à un test à leur retour en Suisse. Ils sont exemptés de cette obligation aussi bien à l'embarquement qu’à la frontière, indique l'OFSP. En revanche, l'obligation de remplir un formulaire d'entrée s'applique également aux enfants, quel que soit leur âge. Ils peuvent toutefois être déclarés sur celui d'un adulte qui participe au voyage.

Les exigences varient en fonction du pays de destination et des mesures prises par les entreprises de transport de passagers. A titre d'exemple, Swiss exige le port du masque dans tous les avions pour les enfants âgés de 12 ans et plus. «Les enfants ne sont probablement pas des super-propagateurs, mais ils sont tout de même des vecteurs du virus avec des charges virales similaires à celles des adultes», indiquait récemment dans nos colonnes Blaise Genton, médecin-chef du Service des maladies infectieuses à Unisanté (Lausanne).

■ Doit-on respecter une quarantaine au retour?

La réponse dépend du lieu de villégiature. Une quarantaine de dix jours doit être respectée au retour d'un pays présent dans la liste établie par l'OFSP. Près de 40 destinations figurent actuellement sur la liste des zones à risque. Au retour, une quarantaine doit être obligatoirement respectée. La présentation d’un test PCR négatif ou d’un document prouvant la vaccination ne permet pas à ce stade de lever l'obligation d’isolement. Ce dispositif déplaît aux représentants du secteur du voyage. Ils ont rencontré à plusieurs reprises des membres du Conseil fédéral avec l'espoir d'obtenir un allègement des règles de quarantaine, voire leur abolition. La RTS a récemment pointé les limites de la liste de l'OFSP, jugée «défaillante» car mise à jour dans un délai trop lent: «Des pays en crise sanitaire échappent à la liste durant des semaines, alors que d'autres Etats y sont injustement maintenus, bien que l'épidémie y soit mieux maîtrisée qu'en Suisse.»


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