L’essentiel

Les Etats-Unis ont décidé de suspendre l’usage du vaccin de Johnson & Johnson.

L’OFSP a annoncé que 8% de la population a reçu les deux doses nécessaires de vaccins disponibles dans le pays.

Ces jours, la pression s’accroît sur le Conseil fédéral pour qu’il décrète la reprise de certaines activités. Lundi, même les villes sont montées au créneau pour exiger l’ouverture des terrasses.

Retrouvez notre suivi de la journée de lundi.


■ Paris suspend tous les vols entre le Brésil et la France

Paris a décidé de suspendre «jusqu’à nouvel ordre» tous les vols entre le Brésil et la France. Cela en raison des inquiétudes autour du variant brésilien, a annoncé le premier ministre français Jean Castex.

«Nous constatons que la situation s’aggrave et nous avons donc décidé de suspendre jusqu’à nouvel ordre tous les vols entre le Brésil et la France», a t-il expliqué devant l’Assemblée nationale.

La situation sanitaire n’a cessé de s’aggraver au Brésil depuis février en raison de l’émergence d’un variant local du virus, appelé P1, considéré comme plus contagieux et plus mortel, mais encore très minoritaire en France. Le variant brésilien préoccupe médecins et scientifiques, surtout en raison de sa plus grande résistance aux vaccins existants contre le virus.


■ Johnson & Johnson «retarde le déploiement» de son vaccin en Europe

Le groupe pharmaceutique américain Johnson & Johnson a indiqué qu’il avait «pris la décision de retarder le déploiement» de son vaccin unidose en Europe après la décision des autorités sanitaires américaines de recommander «une pause» dans son utilisation aux Etats-Unis.

Les principales agences fédérales de santé publique du pays souhaitent enquêter sur six cas de personnes ayant développé des cas graves de caillots sanguins après avoir reçu le vaccin dans le pays. Johnson & Johnson «est en train d’étudier ces cas avec les autorités européennes de santé», a indiqué le groupe dans un message transmis à l’AFP.


■ Peu avant le bout du tunnel, Travail. Suisse exhorte à la patience

La patience est encore de mise pour la population, alors qu’on approche du bout du tunnel, a estimé Travail. Suisse dans un communiqué. L’organisation syndicale se dit surprise par les demandes de la partie patronale et demande au Conseil fédéral de poursuivre avec sa stratégie de sortie prudente de la crise.

Pour le syndicat, 20 000 à 30 000 infections par jour n’est pas un objectif pour sortir de la crise. Il fait référence à des propos du président de l’Union patronale suisse (UPS) Valentin Vogt, qui avait qualifié vendredi ce chiffre de «supportable».

«Le président des employeurs veut finalement sacrifier la santé des salarié-e-s aux intérêts économiques des entreprises. Je n’ai jamais entendu une déclaration aussi hostile aux salarié-e-s au cours de l’année écoulée», s’est indigné Adrian Wüthrich, président de Travail. Suisse, cité dans le communiqué. Il ne faut pas sacrifier délibérément la santé des personnes.


■ Le Valais ouvre la vaccination aux personnes dès 65 ans

Le Valais a annoncé mardi ouvrir la vaccination aux personnes âgées de 65 ans et plus. Les autorités sanitaires ont pris cette décision après avoir estimé que près de 90% des personnes âgées de 75 ans et plus ainsi que celles avec une maladie chronique à haut risque ont reçu au moins une dose de vaccin.

Les résidentes et résidents du canton qui ont vu le jour en 1956 et avant peuvent dès ce mardi prendre rendez-vous pour se faire vacciner, indique le département valaisan de la santé dans un communiqué. L’inscription par téléphone ou internet auprès d’un médecin traitant participant à la vaccination ou dans un centre prévu à cet effet reste obligatoire.

Dès le 19 avril, elle sera élargie au personnel des établissements médico-sociaux (EMS) et des services de secours puis progressivement à l’ensemble des professionnels de la santé et du personnel d’encadrement des personnes vulnérables dès la fin de ce mois, détaille le département. A ce jour, environ 8,5% de la population valaisanne a reçu deux doses de vaccin, ce qui place le Valais dans la moyenne suisse (7,5%).


■ Un instantané: vaccinodrome à Belgrade

Ce mardi matin, une employée s’apprête à diriger les candidats à la vaccination dans le vaccinodrome du centre de congrès de Belgrade.

La Serbie a négocié directement avec les fournisseurs, et elle dispose d’une large «gamme» de vaccins, avec du Pfizer/BioNTech, de l’AstraZeneca, du vaccin russe Spoutnik, mais surtout du chinois Sinopharm.

Lire: La Serbie vaccine à tour de bras… ses voisins


■ Passeport sanitaire: l’UE vise une entrée en vigueur «fin juin»

La Commission européenne vise une entrée en vigueur à la fin juin du certificat sanitaire, a indiqué le commissaire Didier Reynders devant les eurodéputés. Le document est destiné à faciliter la libre circulation dans l’UE dans la perspective des congés d’été.

«Nous voulons pouvoir commencer avec ce système à la fin juin», a déclaré le responsable devant la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures du Parlement européen.

Le Parlement compte sur une adoption du projet de règlement lors de sa plénière du 7-10 juin, à l’issue de négociations avec les Etats membres sur ce «certificat vert» proposé par la Commission, destiné à faciliter les déplacements des Européens pouvant ainsi attester qu’ils ont été vaccinés contre le Covid-19, ont passé un test PCR négatif ou sont immunisés après avoir été infectés. Et éviter en conséquence les mesures de restriction (quarantaine, test) dans le pays de destination.


■ Un point sur les vaccinations

Les cadres de l’OFSP signalent que pour la première fois en Suisse, plus de 200 000 doses de vaccin ont été administrées en une semaine. Du 5 avril au 11 avril, 210 279 doses de vaccin contre la Covid-19 ont été administrées.

  • En moyenne, 30 040 vaccinations ont été effectuées par jour;
  • Comparé à la semaine précédente, le rythme des injections s’est accéléré de 25%.
  • Au total, 1 815 117 vaccinations ont été réalisées jusqu’à dimanche;
  • Jusqu’ici, 689 178 personnes ont été vaccinées complètement;
  • 8% de la population a déjà obtenu deux doses de vaccin;
  • Quelque 70% des plus de 75 ans ont déjà reçu une première dose;
  • 436 761 personnes n’ont reçu que la première piqûre.

■ Retrouvez le compte-rendu de notre Live Chat

Le résumé de notre discussion en ligne à propos de la crise sanitaire, c’est par ici. Nos journalistes ont répondu à vos différentes questions.


■ 2241 nouveaux cas

A un jour des nouvelles annonces du Conseil fédéral, l’Office fédéral de la santé publique tient une conférence de presse. Il annonce 2241 nouveaux cas dans les dernières 24 heures.

Dans le détail:

  • 2241 cas supplémentaires de coronavirus en 24 heures;
  • On déplore dix décès supplémentaires;
  • 82 malades ont été hospitalisés;
  • Durant les dernières 24 heures, les résultats de 25 447 tests ont été transmis;
  • Le taux de positivité s’élève à 8,81%;
  • Sur les quatorze derniers jours, le nombre total d’infections est de 25 673, soit 296,98 nouvelles infections pour 100 000 habitants;
  • Le taux de reproduction, qui a un délai d’une dizaine de jours, est de 1,14.
  • Les patients Covid-19 occupent 22,70% des places disponibles en soins intensifs, dont le taux d’occupation est de 68,40%.

L’état de situation. Virginie Masserey, responsable de la section des maladies infectieuses, relève notamment que «les nouvelles hospitalisations tendent à augmenter lentement, cela reste néanmoins gérable». Elle estime que «la situation épidémiologique reste fragile, mais nous avons de bonnes perspectives».

Vaccinations. S’agissant des vaccinations, elle note qu’il «reste des personnes vulnérables à vacciner, parmi les plus de 64 ans». S’agissant du «Impftempo» (joli terme à découvrir, le rythme de vaccination), la responsable relève que «nous avons encore de grandes quantités à recevoir. Je ne remets pas en cause l’objectif de vacciner toutes les personnes qui le souhaitent à fin juin.»

Des ouvertures «en connaissance de cause des risques». C’est intéressant à entendre la veille des annonces du Conseil fédéral: Virginie Masserey insiste, comme le font souvent Alain Berset et Guy Parmelin, sur le fait qu'«il n’y a pas d’automatisme» dans les critères (positivité aux tests, lits occupés, etc): «Les critères économiques, sociaux, psychologiques entrent en ligne de compte. Il ne s’agit pas de valeurs absolues. Je ne chuchote rien à l’oreille du Conseil fédéral. Si des décisions d’ouverture sont prise, ce sera en connaissance de cause des risques.»

Quatre des cinq critères fixés par le Conseil fédéral pour assouplir les mesures restrictives ne sont pas remplis. Il ne s’agit toutefois que de valeurs indicatives, a pointé Virginie Masserey.

«L’occupation des soins intensifs doit être inférieure à 250. C’est le cas», a t-elle expliqué. En revanche, «l’incidence sur 14 jours devrait être inférieure à 220. Elle est à 296.» La moyenne sur sept jours des nouvelles hospitalisations est elle supérieure à 45. Celle des décès est de 7,8, alors qu’elle devrait être inférieure à 6,3. Et le taux de reproduction (1,14) est aussi supérieur à la limite fixée à 1.


■ Les Etats-Unis suspendent l’administration du vaccin de Johnson & Johnson

Les autorités sanitaires américaines ont recommandé «une pause» dans l’utilisation du vaccin contre de Johnson & Johnson. Elles vont enquêter sur l’apparition de cas graves de caillots sanguins chez plusieurs personnes aux Etats-Unis.

L’Agence américaine des médicaments (FDA) «est en train d’enquêter sur six cas rapportés aux Etats-Unis de personnes ayant développé des cas graves de caillots sanguins après avoir reçu le vaccin», a-t-elle indiqué dans un communiqué.

Les Centres américains de lutte et de prévention des maladies (CDC), principale agence fédérale de santé publique du pays, se réuniront demain afin d’évaluer ces cas. L’agence américaine des médicaments passera ensuite en revue leurs conclusions.

«Tant que cette procédure est en cours, nous recommandons une pause», a ajouté la FDA. Cette annonce survient alors que l’Agence européenne des médicaments (EMA) a indiqué la semaine dernière elle aussi enquêter sur des liens entre le vaccin de «J&J» et des cas de caillots sanguins.


■ Près de la moitié de l’aide publique est allée à la restauration

Environ 1,6 milliard de francs à fonds perdu ont été versés pour les cas de rigueur en Suisse jusqu’à début d’avril. Ces aides ont profité à près de 20’000 entreprises, a annoncé mardi le Secrétariat d’Etat à l’économie.

Près de la moitié (47,3%) des entreprises qui ont reçu des aides à fonds perdu de la Confédération et des cantons sont dans le secteur de la restauration. Elles ont reçu 667 millions de francs. Suivent ensuite, avec 13,7%, le commerce de détail (154 millions) et les établissements d’hébergement avec 6,4% (196 millions).

Près de 25% des 19 571 entreprises soutenues viennent du canton de Zurich. La Confédération et les cantons ont par ailleurs aidé 12,3% des entreprises du canton du Valais et 8,7% dans le canton de Genève, qui arrive en troisième position.


■ L’Allemagne passe à un système de mesures imposées aux Länder

Le gouvernement allemand a approuvé mardi un durcissement de sa loi sur la protection contre les infections. Elle lui permet dorénavant d’imposer des restrictions harmonisées sur tout le territoire pour mieux combattre la pandémie de Covid-19.

En vertu du projet de loi approuvé mardi en conseil des ministres, ces restrictions pourront être imposées par l’Etat fédéral aux Länder, avec lesquelles les tensions s’étaient multipliées ces derniers temps. Ces dernières avaient plus ou moins agi à leur guise, appliquant pour certaines, ignorant pour d’autres les décisions prises pourtant avec leur aval lors de réunions marathon avec Angela Merkel.

Le critère de l’incidence. Dans la pratique, les nouvelles règles se déclencheront si l’incidence, qui mesure les infections sur une semaine, est supérieure à 100 pendant trois jours. Au-dessus de cette valeur, les écoles n’accueilleront que les élèves testés deux fois par semaine et elles devront fermer lorsque le taux d’incidence dépassera 200.

Des couvre-feux. C’est aussi la première fois que des couvre-feux à l’échelle nationale, de 21h à 05h, seront imposés pour tenter de juguler la vague épidémique, brisant un tabou dans le pays. Les autres mesures confirment les restrictions déjà en place depuis fin 2020 sur le territoire où les restaurants, bars, clubs, structures sportives, culturelles et de loisirs sont fermés.

Ce renforcement des compétences fédérales, critiqué par certains dirigeants régionaux mais aussi par le monde économique, doit encore être ratifié, au mieux dès cette semaine, à la chambre basse du parlement, le Bundestag.


■ La démission d’un ministre «épuisé»

Le ministre autrichien de la Santé Rudolf Anschober vient d’annoncer sa démission. Il se dit «épuisé» par la gestion de la pandémie de Covid-19.

Après 15 mois qui ont paru 15 ans, je démissionne de mon poste

a déclaré l’élu écologiste de 60 ans, visiblement ému, lors d’une conférence de presse à Vienne. Il quittera ses fonctions lundi.

«Je ne suis pas en burn-out, sinon je ne serais pas là», mais «depuis quelques semaines, je manque d’énergie», a-t-il ajouté. Le ministre avait été hospitalisé début mars pour des «problèmes cardio-vasculaires». On peut voir son point de presse via ce tweet.

Rudolf Anschober avait pris ses fonctions en janvier 2020 au sein de la coalition avec les conservateurs du chancelier Sebastian Kurz.

«Le ministère est devenu du jour au lendemain le centre de gestion de crise de la pandémie», a-t-il souligné, évoquant une centaine d’ordonnances adoptées sur la période. «Malgré des erreurs, nous avons fait beaucoup de choses correctement», a-t-il estimé.

L’Autriche recense 9706 décès pour une population de 8,9 millions d’habitants, chiffres comparables à la Suisse.


■ L’OMS et d’autres instances prônent l’arrêt de la vente de mammifères vivants sur les marchés

Plusieurs organisations dont l’Organisation mondiale de la santé demandent la suspension dans le monde entier de la vente de mammifères sauvages vivants sur les marchés alimentaires. Cela en raison des importants risques de transmissions à l’homme de nouvelles maladies infectieuses.

«Les animaux, en particulier les animaux sauvages, sont la source de plus de 70% de toutes les maladies infectieuses émergentes chez les humains, et nombre d’entre elles sont causées par de nouveaux virus», souligne l’OMS, dans un communiqué commun avec l’Organisation mondiale de la santé animale et le Programme environnemental de l’ONU.

La transmission à l’homme du virus du Covid par ce biais est une des théories favorisées par les experts mandatés par l’OMS. Et dans leur récent rapport sur les origines de la maladie, ils ont souligné qu’un marché de Wuhan, la métropole chinoise où ont été signalés les premiers cas, semble avoir été l’un des plus importants points de diffusion de la pandémie à la fin de 2019.


■ L’Argovie étend la vaccination à toutes les personnes de plus de 16 ans

Les autorités argoviennes annoncent ce mardi qu’elles ouvrent les inscription à la vaccination à tous leurs concitoyens de plus de 16 ans. Il ne s’agit à ce stade que d’inscriptions: le canton continue à vacciner selon les catégories d’âges définies par l’Office fédéral de la santé publique.

Le gouvernement écrit que «plus de 200 000 personnes se sont déjà inscrites pour une vaccination Covid-19 dans le canton d’Argovie. Environ 90 000 d’entre eux ont déjà reçu au moins une dose de vaccin.»


■ L’Inde approuve le Spoutnik V

L’Inde approuve le vaccin russe Spoutnik V contre le Covid-19, annonce ce mardi un grand fabricant local de médicaments. «Nous sommes très heureux d’avoir obtenu l’autorisation d’utilisation d’urgence du Spoutnik V en Inde», a déclaré G.V. Prasad, coprésident et directeur général de Dr Reddy’s Laboratories. «La vaccination est l’outil le plus efficace dans notre lutte contre le Covid-19», a-t-il souligné.

Spoutnik V est le troisième vaccin à obtenir l’approbation des autorités indiennes, aux côtés de Covashield, version du vaccin Oxford-AstraZeneca produite localement et de Covaxin, un vaccin indien développé par la société nationale Bharat Biotech. 

En vertu d’accords déjà conclus, 852 millions de doses du vaccin russe, soutenu par le Fonds russe d’investissement direct, seront produites en Inde.

A ce sujet:  Semaine cruciale pour le vaccin russe


■ Un million de victimes

L’agence AFP a établi lundi soir que l’Europe a franchi la barre du million de morts du Covid-19.

Les 52 pays et territoires de la région – entendue jusqu’à l’Azerbaïdjan et la Russie – totalisent au moins 1 000 288 décès (pour 46 496 560 cas), devant l’Amérique latine et les Caraïbes (832 577 décès), les Etats-Unis/Canada (585 428 décès) et l’Asie (285 824 décès).