Deux responsables républicains aux Etats-Unis, possibles candidats à la Maison Blanche en 2016, ont affirmé lundi que bien que les vaccins fussent vitaux, la vaccination systématique des enfants n’était pas toujours justifiée, dans un contexte de retour de la rougeole dans le pays.

■ Vacccins à «équilibrer» pour Chris Christie. Le gouverneur du New Jersey a déclaré lors d’une visite en Angleterre que bien qu’il vaccine ses propres enfants, les autorités devaient prendre en compte la voix des parents dans leurs politiques de vaccinations car toutes les maladies ne posaient pas la même menace de santé publique.

«Tout ce que je peux dire est que nous avons vacciné les nôtres, c’est la meilleure expression que je puisse vous donner de mon opinion», a-t-il déclaré, selon CBS. «Mais je comprends aussi que les parents doivent aussi avoir un certain degré de décision, et c’est l’équilibre que l’Etat doit trouver».

«Il faut un équilibre et cela dépend du vaccin, du type de maladie et de tout le reste. Et je n’ai pas dit que je laissais le choix aux gens», a-t-il précisé.

Son bureau a ensuite diffusé un communiqué tentant de clarifier ses propos. «Le gouverneur estime que les vaccins sont une protection de santé publique importante, et face à une maladie telle que la rougeole, il n’y a aucun doute que les enfants doivent être vaccinés. En même temps, des Etats différents requièrent des degrés de vaccination différents, et c’est pourquoi il appelait à un équilibre dans les vaccins que les Etats doivent rendre obligatoires», a déclaré le bureau du gouverneur.

Certains vaccins «facultatifs pour Rand Paul. Interrogé à son tour, le sénateur et ophtalmologiste, représentant de l’aile libertaire du parti républicain, a estimé que certains devaient rester facultatifs.

«Je ne suis pas anti-vaccin du tout, mais la plupart devraient être volontaires», a déclaré Rand Paul dans l’émission de radio de Laura Ingraham, diffusée sur de nombreuses radios dans le pays, en réclamant notamment la liberté de choix des parents pour les vaccins contre l’hépatite B et le papillomavirus humain (HPV), sexuellement transmissibles.

Tout en relevant le danger de la non-vaccination pour des maladies comme la variole, il a expliqué qu’il existait «des périodes où des règles peuvent exister, mais la plupart du temps cela doit rester volontaire». Il a même expliqué avoir une connaissance personnelle d’enfants qui ont subi de graves séquelles après une vacination.

■ La position des autorités Dimanche, Barack Obama avait appelé sans équivoque les parents à vacciner leurs enfants, sur la chaîne NBC.

«On peut éviter la rougeole. Je comprends que des familles, dans certains cas, s’inquiètent des effets des vaccins. La science est, vous savez, assez indiscutable», a dit Barack Obama. «Vous devez vacciner vos enfants».

■ Hillary Clinton de son côté possible candidate à la présidentielle pour les démocrates, a twitté son soutien sans faille aux vaccinations

Selon un bilan lundi des Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC), 102 personnes étaient atteintes de rougeole au 30 janvier aux Etats-Unis, la plupart des cas ayant démarré au parc Disneyland de Californie. La majorité des personnes contaminées n’étaient pas vaccinées.

Dans les années 1960, plusieurs millions d’Américains étaient contaminés chaque année, et la maladie faisait cinq cents morts par an.

La rougeole, maladie très contagieuse, avait été quasiment éliminée aux Etats-Unis grâce à la vaccination. Mais une tendance «anti-vaccin» dans certaines familles a favorisé sa réapparition. Le chiffre passé à 37 cas en 2004 est remonté à 644 infections recensées en 2014.