L’essentiel

Avec l'explosion des cas, le risque de dommages à long terme liés au covid long augmente également, mettent en garde deux experts dans la presse dominicale.

Pékin a enregistré son premier cas du variant Omicron, à moins d’un mois des Jeux Olympiques d’hiver.

Retrouvez notre suivi de la journée de samedi.


■ Des «signes encourageants» au Royaume-Uni pour la levée des restrictions

Il existe des «signes encourageants» laissant envisager la levée des restrictions liées au Covid en Angleterre à la fin du mois, déclare ce dimanche Oliver Dowden, membre du gouvernement du Premier ministre britannique Boris Johnson. Evoquant ces restrictions sur SkyNews, dont le télétravail et l'introduction du passeport sanitaire en certains lieux, Oliver Dowden, ministre sans portefeuille au sein du gouvernement, a souligné le «fardeau que cela impose à l'hôtellerie-restauration, à l'économie, aux écoles, etc. Et je veux que nous nous en débarrassions, si c'est possible.»

Les signes sont encourageants mais, clairement, nous attendrons de voir les données avant de prendre cette décision», ajoute-t-il.

Ces restrictions, décidées le mois dernier, doivent être réexaminées le 26 janvier prochain. Selon les médias, leur assouplissement s'intégrerait dans une stratégie de Boris Johnson pour se relancer. Englué dans un scandale provoqué par des fêtes à Downing Street en plein confinement, le dirigeant conservateur lutte pour son maintien en pouvoir.

Le Royaume-Uni a enregistré ce samedi 81 713 nouveaux cas en 24 heures, le plus faible bilan quotidien en un mois. Le nombre de décès de personnes ayant été testées positives dans les 28 jours précédant leur mort reste cependant élevé avec 1843 décès les sept derniers jours, soit une hausse de 45% par rapport à la semaine précédente.


■ La vaccination sera bien «obligatoire» dès février en Autriche

L’Autriche va rendre obligatoire début février pour les adultes la vaccination contre le coronavirus, a indiqué le chancelier autrichien conservateur, Karl Nehammer, une première en Europe. «Après, des contrôles seront effectués» et ne pas être vacciné constituera un «délit» passible de «sanctions» financières variant entre 600 et 3600 euros, en cas de récidive.

Toute la semaine, des débats houleux ont eu lieu au Parlement concernant ce projet, alors qu’environ 78,5% de la population éligible dispose à ce stade d’un schéma vaccinal complet.

«C’est un projet sensible» mais «conforme à la Constitution», qui nécessite «une phase d’adaptation» permettant aux récalcitrants de se faire vacciner «jusqu’à la mi-mars», a-t-il détaillé. 27 000 personnes ont manifesté samedi dans la capitale contre cette mesure controversée, accusée de bafouer les libertés individuelles.


■ Accusé d’avoir «enfreint la loi», Boris Johnson va réagir

Boris Johnson va s’attaquer à la «culture sous-jacente» à Downing Street ayant permis plusieurs fêtes en plein confinement, a déclaré le président de son Parti conservateur à propos de ce scandale qui ébranle le Premier ministre britannique, accusé par l’opposition d’avoir «enfreint la loi».

Selon le Sunday Times, Johnson s’apprête à annoncer des mesures parmi lesquelles l’interdiction de l’alcool dans les bureaux de Downing Street. Il compte également congédier plusieurs de ses collaborateurs. Une haute fonctionnaire, Sue Gray, enquête actuellement sur une série d’événements festifs révélés par les médias. Ils ont été organisés dans la résidence du Premier ministre, qui est aussi son lieu de travail.

Mercredi, le chef du gouvernement a présenté ses excuses, mais de nouvelles révélations ont continué depuis de surgir, comme le maintien d'«apéros du vendredi» à Downing Street pendant la pandémie, malgré les restrictions. Dimanche, le Telegraph a publié en Une photo de l’épouse du Premier ministre, Carrie Johnson, serrant dans ses bras une amie lors d’une fête en septembre 2020, en violation apparente des règles de distanciation à l’époque.

«Je peux vous assurer que le Premier ministre est contrit et profondément désolé de ce qui s’est passé», a déclaré à la BBC Oliver Dowden, le président du Parti conservateur, interrogé sur ces fêtes.


■ Des experts appellent à la création d’un registre des Covid longs

Plus le nombre de cas augmente en Suisse, plus le risque de dommages à long terme croît également, mettent en garde deux experts dans la presse dominicale.

«Il n’existe pas de registre central qui rassemble tous les cas de covid long», remarque le neuroscientifique Dominique de Quervain dans un entretien diffusé dimanche par le SonntagsBlick. «De telles données seraient pourtant importantes pour en savoir plus sur l’importance de la maladie en matière de santé publique». Seuls les cas les plus graves de Covid long sont enregistrés dans le registre de l’assurance invalidité (AI), poursuit-il, c’est-à-dire les cas de personnes ne pouvant plus travailler. La majorité des covid longs passent inaperçus, ajoute-t-il.

Le covid long pourrait être un problème majeur de santé publique

Dominique de Quervain

L’infectiologue bâlois Manuel Battegay souhaite, lui aussi, un recensement systématique des cas de covid long. «Un registre serait une bonne chose, mais une étude à l’échelle de la Suisse serait encore mieux», précise-t-il dans la SonntagsZeitung. Une telle étude devrait aller en profondeur et recenser les cas de manière détaillée, indique-t-il. L’expert note que l’on ne sait toujours pas comment les symptômes du covid long sont corrélés à la gravité de l’infection. «Et pour Omicron, nous en savons encore moins». Ceux qui ont été traités en soins intensifs présentent davantage de symptômes de covid long, mais celui-ci peut apparaître même après une infection bénigne.


■ Le système Covax livre «un premier milliard» de doses

Le mécanisme international Covax, destiné à favoriser l’accès aux vaccins contre le Covid-19 aux pays pauvres, a franchi un cap samedi avec «un premier milliard» de doses distribué. «Notre travail est loin d’être terminé», a cependant mis en garde Seth Berkley,
le directeur exécutif de Gavi, l’Alliance du vaccin.

C’est une étape clé dans la plus grande et la plus rapide distribution d’un vaccin dans l’histoire

Seth Berkley, directeur exécutif de Gavi

L’Alliance du vaccin Gavi a créé Covax en 2020 avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et la coalition Cepi. Seth Berkley a fait cette annonce au moment où un avion atterrissait à Kigali au Rwanda avec la milliardième dose distribuée. La première dose l’avait été en février au Ghana. Tous les pays peuvent commander des doses avec ce mécanisme, mais les pays à faible revenu les reçoivent gratuitement.

Près de 90% des doses distribuées ont été financées par des dons adressés à Gavi dont le montant total s’élève à plus de 10 milliards de dollars, a-t-il également salué. Covax espérait distribuer 2 milliards de doses à la fin 2021. La concurrence des pays riches prêts à payer cher et gardant des doses a empêché d’atteindre cet objectif.