L’essentiel

La Suisse compte mercredi 282 cas supplémentaires de coronavirus en 24 heures, selon les chiffres de l’Office fédéral de la santé publique. On déplore 6 décès supplémentaires et 19 malades ont été hospitalisés.

En raison de sa contagiosité accrue de 60% par rapport au variant Alpha, le variant Delta représente désormais un peu plus de 11% des cas déclarés positifs en Suisse.

Moscou décrète des vaccinations obligatoires pour tous les employés du secteur des services à cause d’une situation sanitaire qualifiée de «dramatique».

Retrouvez notre suivi de la journée de mardi.


■ Rattraper le retard suisse dans la gestion des données médicales

Le Conseil national s’est prononcé mercredi à une très large majorité en faveur de la création d’un groupe de travail pluridisciplinaire chargé d’analyser la collecte et l’utilisation des données relatives à la santé. Celui-ci devrait aussi créer les conditions nécessaires à la mise en œuvre d’un écosystème intégré de données médicales ouvert.

Ce groupe d’experts sera composé de représentants de la recherche universitaire, de l’industrie, du domaine de la santé, des industries technologiques, de la société, du domaine de la protection des données.

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Il devra clarifier les normes auxquelles doit répondre l’infrastructure d’un écosystème intégré de données médicales. Il s’agira notamment d’examiner l’accès aux données, la protection des données et l’interopérabilité.


■ Vaccination: la Suisse ne répondra pas à l’appel lancé par l’OMS

La Suisse n’adhérera pas à l’appel à la solidarité dans la lutte contre le Covid-19 lancé par l’OMS. Le National a rejeté mercredi, par 94 voix contre 90 et deux abstentions, une motion de commission souhaitant un plus grand engagement de Berne au niveau de la vaccination mondiale.

Le texte demandait notamment au Conseil fédéral de s’engager à favoriser un accès plus rapide aux vaccins à l’échelon mondial. Pour ce faire, il aurait dû contribuer à l’augmentation de la capacité de production mondiale grâce à une amélioration de la mise en commun des ressources existantes des secteurs public et privé.

«Nous soutenons les piliers de l’action de l’OMS contre le coronavirus, mais nous avons des réserves sur la valeur ajoutée de l’appel à la solidarité mondiale», a indiqué Alain Berset. Et le ministre de la Santé de rappeler notamment la redistribution de doses d’AstraZeneca au programme international de vaccination anti-covid, Covax.

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■ Les cantons devraient mieux préparer le système de santé

Le Conseil national a adopté mercredi par 128 contre 57 voix une motion demandant au Conseil fédéral de mettre la pression sur les cantons pour qu’ils interviennent afin d’être mieux préparés à une nouvelle flambée épidémique.

L’objectif de la motion est d’éviter de devoir à nouveau prendre des mesures draconiennes pour contrer une nouvelle vague, a expliqué Pierre-Yves Maillard (PS/VD). Il s’agit d’une démarche préventive. Plus le système de santé est prêt, solide et robuste, plus on peut espérer limiter les mesures économiques, a-t-il ajouté.

Le gouvernement devrait intervenir auprès des cantons pour qu’ils donnent aux EMS les moyens de tester et de faire respecter les quarantaines pour le personnel. Les cantons devraient en outre donner aux hôpitaux les moyens financiers nécessaires pour augmenter rapidement leurs effectifs en soins intensifs en cas de nouvelle flambée.


■ L’aide à la culture ne sera pas prolongée jusqu’à fin avril 2022

Le Conseil national s’est finalement rallié mercredi à la Chambre des cantons pour ne pas prolonger les aides au secteur de la culture. En revanche, il reste une divergence sur les exemptions particulières pour les titulaires de certificats sanitaires. La question sera tranchée en conférence de conciliation jeudi.

La nouvelle modification de la loi Covid-19 prévoyait au départ de ne prolonger jusqu’à la fin de l’année que les allocations pour perte de gain (APG) et les soutiens aux clubs sportifs. Le National avait proposé d’y ajouter une prolongation des soutiens à la culture au-delà de la fin de l’année pour quatre mois supplémentaires.

Mercredi, les députés sont finalement revenus sur leur décision, suivant l’avis des sénateurs et du Conseil fédéral. Le Centre a fait basculer la majorité, estimant qu’il ne fallait pas traiter la culture à part.


■ 282 nouveaux cas en Suisse

La Suisse compte mercredi 282 cas supplémentaires de coronavirus en 24 heures, selon les chiffres de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP). On déplore 6 décès supplémentaires et 19 malades ont été hospitalisés. Le taux de positivité s’élève actuellement à 1,42%.

Au total 6 120 202 doses de vaccin ont été administrées et 2 351 712 personnes ont déjà reçu deux doses. La Suisse a reçu jusqu’à présent 6 666 225 doses de vaccins. Des certificats ont déjà été émis pour 934 978 personnes vaccinées.


■ Port du masque: Lausanne assouplit les mesures

La municipalité lausannoise a redéfini ce mercredi les zones à forte affluence où le masque est obligatoire: hormis les zones de marché, les files d’attente dans les zones piétonnes et la place de la Gare, le port du masque en extérieur n’est plus obligatoire. Toutefois, il convient de respecter la distance de 1,5 mètre entre les personnes, rappelle-t-elle.


■ France: levée partielle du port du masque à l’extérieur et fin du couvre-feu

En France, le port du masque à l’extérieur ne sera plus obligatoire à partir de jeudi, sauf dans certaines circonstances comme les regroupements, les lieux bondés ou les stades, a annoncé mercredi le premier ministre français Jean Castex.

Cette décision a été prise car la situation sanitaire «s’améliore plus vite que nous l’avions espéré», a-t-il expliqué à l’issue du Conseil de défense et du Conseil des ministres.

Le couvre-feu à 23h sera levé à partir du dimanche 20 juin, a également annoncé Jean Castex mercredi. La levée de cette restriction, en vigueur depuis le 9 juin à 23h mais démarrée depuis le mois d’octobre à un horaire plus précoce, s’appliquera donc à la Fête de la musique du 21 juin, même si les autres «protocoles seront maintenus» pour cet événement, a-t-il précisé.


■ Vaccinations obligatoires à Moscou

Le maire de Moscou Sergueï Sobianine a annoncé mercredi une obligation de vaccination contre le Covid-19 pour tous les employés du secteur des services afin de contrer une évolution épidémiologique «dramatique» de la situation.

«Nous devons tout simplement tout faire pour mener au plus vite une vaccination de masse et arrêter cette terrible maladie et mettre fin aux décès de milliers de personnes», a-t-il estimé. Confronté à une envolée du nombre de cas, il avait déjà décrété toute la semaine du 15 juin chômée afin de lutter contre la dégradation de la situation.

A l’heure actuelle, 12 000 personnes sont hospitalisées à Moscou du fait du nouveau coronavirus. «La morbidité est au niveau des pics de fin d’année 2020», a noté le maire, en référence à la seconde vague meurtrière de l’épidémie en Russie.

Cette annonce d’une obligation de vacciner contre le Covid-19 est une première en Russie, et va à l’encontre des déclarations du président Vladimir Poutine qui, tout en appelant les Russes à se faire vacciner, s’était dit opposé à toute mesure obligatoire.


■ Le variant Delta circule de plus en plus en Suisse

Le variant Delta, identifié initialement en Inde, circule de plus en plus dans plusieurs pays d’Europe, y compris en Suisse, où il représente désormais un peu plus de 11% des cas déclarés positifs, selon la Task force scientifique. Le variant Alpha (B.1.1.7) est, pour l’heure, toujours majoritaire avec plus de 44% tests positifs recensés.

La montée des cas de variant Delta s’explique principalement par sa supériorité en termes de diffusion, plusieurs experts évoquant une contagiosité accrue de 60% par rapport au variant Alpha. En Angleterre, le variant Delta est ainsi devenu majoritaire, représentant près de 74% des cas signalés.

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■ Feu vert de l’UE au retour des touristes américains, même non vaccinés

Les ambassadeurs des Vingt-Sept ont donné leur feu vert mercredi à l’ajout des Etats-Unis à la liste des pays et territoires dont les voyageurs, même non vaccinés contre le Covid-19, peuvent être admis dans l’Union européenne. Outre les Etats-Unis, l’Albanie, le Liban, la Macédoine du Nord, la Serbie, Taïwan, Hong Kong et Macao ont été ajoutés à cette liste qui comprenait jusqu’alors huit pays (Japon, Australie, Israël, Nouvelle-Zélande, Rwanda, Singapour, Corée du Sud et Thaïlande).

Cela n’empêche pas que les voyageurs en provenance de ces pays ou territoires puissent être soumis par les Etats de destination à des mesures comme des tests, voire une quarantaine. L’UE avait par ailleurs décidé en mai d’autoriser les voyageurs vaccinés de pays tiers. En raison de la pandémie, l’UE a fermé ses frontières extérieures en mars 2020 pour les voyages non essentiels, et établit depuis un an une liste restreinte, régulièrement actualisée, de pays tiers dont les résidents sont autorisés à se rendre en Europe.

Pour arrêter leur liste, les Européens se fondent notamment sur la situation épidémiologique du pays et l’avancement de sa campagne de vaccination, le nombre de tests menés ainsi que sur la fiabilité des données.


■ L’accord avec la France sur l’imposition des frontaliers est prolongé

L’accord conclu entre Berne et Paris le 13 mai 2020, qui suspendait les obstacles au télétravail des frontaliers, reste en vigueur jusqu’au 30 septembre 2021. Il arrivait initialement à échéance le 31 décembre et a été prolongé à plusieurs reprises. Le Secrétariat d’Etat aux questions financières internationales (SFI) a annoncé ce mercredi une nouvelle prolongation de cet accord amiable.

Quelque 180 000 personnes habitant en France viennent exercer chaque jour une activité lucrative en Suisse en temps normal. Avec la crise du coronavirus, une grande partie d’entre elles n’a pas pu se rendre physiquement sur son lieu de travail. Dans ce contexte, Berne et Paris ont conclu au printemps dernier un accord amiable afin que les frontaliers contraints de travailler à la maison continuent de bénéficier des mêmes régimes d’imposition qu’avant la crise.


■ Le Japon envisage une limite de 10 000 spectateurs pour les JO

Le gouvernement japonais pourrait limiter le nombre de spectateurs à 10 000 après la fin de l’état d’urgence sanitaire le 20 juin, ont rapporté mercredi des médias, alors que les organisateurs des JO de Tokyo envisagent également une jauge. Un groupe de travail gouvernemental japonais sur le Covid-19 doit discuter de la proposition mercredi, selon le quotidien économique Nikkei et l’agence de presse Kyodo.

Le projet, qui ne concerne pas uniquement les événements sportifs, limiterait le nombre de spectateurs à 50% de la capacité d’un site ou à 10 000 personnes maximum, le chiffre le plus bas étant retenu. Ce schéma pourrait fixer les limites d’une décision des organisateurs des Jeux olympiques (23 juillet-8 août) sur le nombre de spectateurs locaux, s’il y en a. En mars, les organisateurs des Jeux de Tokyo ont pris la décision sans précédent d’interdire des spectateurs venant de l’étranger et ils doivent décider après la fin de l’état d’urgence si des spectateurs résidant au Japon seront admis sur les lieux de compétition et dans quelle limite.


■ Bombay reste sur le pied de guerre face au covid

Peu de villes en Inde semblaient aussi vulnérables à la pandémie de Covid-19 que Bombay, pourtant la plus peuplée d’Asie du Sud. Mais elle a su, mieux que Delhi, résister à l’effroyable deuxième vague et reste sur le pied de guerre en attendant la suivante. Les familles de malades ont abondamment décrit le cauchemar vécu dans des établissements saturés au personnel dépassé, leurs proches à l’agonie soignés aux côtés de cadavres gisant sous des bâches noires.

Bombay n’était dotée que de 80 ambulances et 425 unités de soins intensifs pour répondre aux besoins de ses 20 millions d’habitants. C’est à cette période dramatique que Iqbal Chahal a pris les rênes de la municipalité, déterminé à changer les choses au plus vite. Des hôpitaux de campagne ont été érigés pour accueillir des milliers de malades supplémentaires et 800 véhicules ont été transformés en ambulance. Mais les efforts restaient insuffisants au vu de la multiplication des contaminations. «Nous devions repousser le virus», explique Iqbal Chahal, en tablant sur une approche proactive.

Un confinement strict imposé dans les 55 bidonvilles que compte la mégapole, dont Dharavi, le plus grand de l’Inde, la désinfection systématique des toilettes publiques, une campagne de dépistage massive du coronavirus ont été parmi ses actions mises en œuvre. Les cas positifs étaient désormais dirigés vers des «salles de crise» où des médecins étudiaient leur situation avant de décider du lieu et des conditions de leur prise en charge, qu’il s’agisse d’un ministre, d’un homme d’affaires ou d’un résident de bidonville, selon Iqbal Chahal. L’année 2020 s’est écoulée et, quand l’Inde a cru avoir triomphé de la pandémie, Bombay est restée sur ses gardes. Les autorités n’ont pas démantelé un seul des hôpitaux de campagne désormais déserts, selon lui. Lorsque la deuxième vague de Covid-19 a commencé à prendre une ampleur inquiétante à la fin mars avant de devenir l’effroyable tsunami qui s’est abattu sur le pays début mai, avec un pic de 400 000 contaminations quotidiennes, Bombay a, contre toute attente, beaucoup mieux résisté. «Nous nous attendions à cette deuxième vague», explique Iqbal Chahal.