la banque du jour

Le Vatican accusé de blanchiment

L’Institut pour les œuvres de religion (IOR) se trouve à nouveau au cœur de la polémique

L’Institut pour les œuvres de religion (IOR), plus connu sous le nom de «banque du Vatican», est la principale institution financière du Saint-Siège. Traditionnellement alimentée par le denier de Saint-Pierre – la contribution volontaire des fidèles à la papauté – c’est une banque privée, instituée en 1942 par le pape Pie XII, avec son siège dans la cité du Vatican, à Rome. L’IOR est considérée à tort comme la banque centrale du Vatican, rôle joué en réalité par l’Administration du patrimoine du siège apostolique, créée en août 1967 par le pape Paul VI et qui est le dicastère de la Curie romaine chargé de gérer les biens du Saint-Siège.

L’Istituto per le opere di religione ne ressemble pas à une banque «normale», car ses profits ne vont pas à des actionnaires qui, dans son cas, n’existent pas, mais sont utilisés à des fins religieuses et charitables. A l’origine, il a été mis en place par le pape Léon XIII en 1887 pour gérer les fonds très limités qui demeuraient après la perte complète des Etats pontificaux en 1870. Ces fonds ont considérablement augmenté après les Accords du Latran de 1929, qui réduisirent les prétentions de souveraineté du pape au seul Etat de la Cité du Vatican.

Selon ses statuts actuels, entrés en vigueur en 1990 après l’effondrement du Banco Ambrosiano – dont l’IOR était l’actionnaire principal mais qui avait démenti sa responsabilité légale tout en reconnaissant un «engagement moral» – l’Institut est dirigé par un conseil de surveillance et par une commission de contrôle des cardinaux. Il est considéré aujourd’hui comme une banque profitable et rentable. Dans les années 1990, il a par exemple investi plus de 10 milliards de dollars dans des sociétés étrangères aux buts proches de ses charitables préoccupations.

Publicité